Le premier projet à lancer pour sauver notre planète

C’est en discutant avec un ancien d’Airbus au sujet des avions à décollage vertical que j’ai repensé à ce film de Luc Besson, le 5ème Elément.

On y voit une ville futuriste aux voitures volant et se croisant en 3 dimensions, dans les airs, au milieu des buildings.

Retenons-en un instant le principe pour imaginer ce que que serait une ville comme Paris dans quelques années avec des voitures autonomes.


Et il s’agit là de quitter le cercle vicieux obtenu au bout de 30 ans d’absence de vision et de choix d’avenir. Cercle vicieux qui fait que beaucoup de Français passent des heures dans les transports et les bouchons, soit facilement 25% de leur temps de travail avec deux heures de trajet aller-retour, tandis que notre société de plus en plus menée par des purs gestionnaires financiers cherche à grapiller quelques ‰ pour améliorer la productivité.

Ce projet est une vision en terme de conception avec une rupture comparable à celle d’une pelote de laine dont tous les défauts se dénoueraient en une surprenante simplification. C’est un cercle vertueux.

Pour autant, ce projet est sûrement difficile à croire possible car cela fait effectivement très longtemps que notre société ne change plus et n’est donc plus habituée à changer. Ce projet devrait ainsi s’imposer comme une évidence si l’on était entraîné à travailler sur la représentation et si l’on connaissait la réponse de la dialectique au « oui, l’idée est bonne mais dans le cas où … ». Et tandis même que le niveau de complexité de cette solution sur son plan technologique ne peut se comparer à la complication des projets actuels communément surnommés « usines à gaz ».

L’usage exclusif de voitures autonomes pour réduire le traffic et la pollution

Tout d’abord, les constructeurs automobiles français construiraient des voitures hybrides essence/électrique à conduire classiquement mais aussi capables d’être guidées par GPS et sans conducteur. L’idée, c’est que ces voitures autonomes soient plus que de simples véhicules de test. L’idée, ce serait qu’il n’y ait plus que des véhicules de ce type au sein des grandes agglomérations. Dès qu’une voiture hybride franchirait l’entrée d’une ville comme Bordeaux ou Paris – ou de son centre ville dans un premier temps -, un système de régulation informatique prendrait le contrôle.

En fonction de sa destination et de l’heure d’arrivée souhaitée – urgente, professionnelle, rapide, croisière, touristique ou détente pour discuter -, d’autres personnes seraient potentiellement accueillies sur le chemin, en plus ou moins grand nombre.

Comme ces voitures seraient obligatoirement électriques, la pollution disparaitraît dramatiquement. Et leur nombre important décroîtrait pareillement en raison d’un partage massif de leurs utilisations.

Dès qu’un conducteur arriverait à destination, sa voiture serait rechargée dans la station la plus favorable et pourrait servir à d’autres personnes. Le soir, ce conducteur la retrouverait au même endroit ou après un changement de voiture sur le chemin de sa destination. Bien sûr, plus de risques d’avoir un accident ou de retrouver sa voiture abimée par une personne qui l’aurait empruntée puisque c’est le système informatique qui se charge de la conduire. Et en connaissant les positions de tous les véhicules à tout instant.

Bien sûr, il y a les piétons, mais il y a déjà une solution technique au problème tandis que des voitures autonomes sont déjà autorisées à rouler dans certains Etats américains. Toutes les sécurités nécessaires seraient mises en place et particulièrement lorsqu’il s’agit d’un adolescent ou d’un enfant: par exemple, une sonnerie particulière sur son portable ou la vibration de sa montre connectée. Bien sûr, la personne à la place conducteur restera vigilante et pourra intervenir en cas d’urgence soit en signalant un risque, soit en reprenant le contrôle du véhicule.

Avec un bien meilleur taux de remplissage des voitures, l’utilisation automatisée d’itinéraires de délestage, l’optimisation du trafic avec des feux à la fréquence adaptée, il n’y aurait plus de bouchons non plus. Il y aurait ce contraste de voitures roulant beaucoup moins vite tout en voyant leur vitesse moyenne augmenter considérablement puisque le trafic serait plus fluide. Plus jamais l’automobiliste attendrait à un feu s’il n’y a ni piétons sur le passage clouté ni véhicules empruntant la voie perpendiculaire.

Du coup, il y aurait moins de risques pour les piétons et les feux réagiraient avec plus d’efficacité à leurs demandes.

Les bénéfices indirects sur la vie quotidienne

C’est tout d’abord la santé qui y gagnerait à la fois par absence de pollution provoquée notamment par les particules fines mais aussi par un mode de vie considérablement amélioré et incitant sans prise de risque aux déplacements verts à pieds et en vélo.

Et il y aurait aussi une autre conséquence: il n’y aurait plus de vols dans les villes. Comment voulez-vous faire pour dévaliser une banque avec une voiture dont un système informatique a le contrôle et peut décider à tout moment de vous déposer devant le commissariat le plus proche ? En terme de sécurité, il y aurait aussi un impact énorme tandis que les véhicules pourraient relayer des informations sur d’éventuels dangers de manière coordonnée en les transmettant au même système informatique de contrôle.

Bien sûr, cela rendrait obsolète le contrôle du suivi de certains règlements puisqu’ils seraient respectés de fait: par exemple, les vitesses de circulation, l’usage des parcmètres ou les priorités de stationnement pour les handicapés. Il serait toujours possible de se garer puisque l’éventuel surplus de voitures issues de l’extérieur de Paris resteraient dans les parkings relais, où à peine descendu de voiture, le conducteur pourrait reprendre une voiture autonome l’emmenant dans la ville. Il n’y aurait donc plus à payer pour le stationnement. Ce principe d’utilisation de voitures partagées aurait quelques possibles exceptions, notamment pour les artisans qui ne peuvent qu’utiliser leurs véhicules professionnels.

Quant aux véhicules prioritaires tels ceux de SAMU, ils pourraient aussi rejoindre très rapidement les hôpitaux tandis qu’un algorithme spécifique du système informatique gérerait à cet effet les flux concurrents de voitures.

La ville du 21ème siècle

Mais le plus gros impact serait sur la transformation de la ville. Sur l’exemple des lignes ferroviaires, la plupart des rues seraient en simple voie. A ceci près qu’elles pourraient être empruntées dans les deux sens. Selon sa longueur, au point médian entre deux carrefours, chaque rue pourrait avoir une zone de croisement et/ou de parking, un peu comme pour une gare de train située sur une ligne de chemin de fer à voie unique. C’est le système informatique qui permettrait à la voie à tout moment d’être dans un sens ou dans l’autre selon par exemple qu’il s’agit d’un début de journée ou d’une fin de journée (*). Avec le grand nombre de places de parking devenues inutiles et la disparition d’un grand nombre de double sens dans les rues, les villes deviendraient des paradis pour les cyclistes et les piétons.

Et les bords d’immeubles pourraient même accueillir les petits potagers dont se sont mis à rêver les citadins. Tandis que les effets du changement climatique commencent à se faire sentir, le remplacement d’un pourcentage conséquent de béton au sein des villes par un sol naturel participera à fixer l’eau dans le sol, diminuer l’impact des inondations lors de pluies torrentielles, capter la chaleur, rafraîchir l’atmosphère grâce aux arbres et végétaux, commencer à restaurer une flore et une faune locales avec notamment de nouvelles espèces d’oiseaux aux habitats rendus de nouveaux possibles, etc.

En réduisant le niveau d’eau atteint lors des intempéries, il deviendrait aussi possible de diminuer le seuil des trottoirs, voire même de les faire disparaître, et d’ainsi transformer radicalement la vie des handicapés et personnes âgées ou malvoyantes.

Quant aux travaux de voirie, il ne serait plus nécessaire de casser à grand fracas de grandes surfaces en béton. Et ils seraient considérablement simplifiés, voire rendus inutiles tandis que la capacité des réseaux d’eaux pluviales pourrait être diminuée ainsi que celles des eaux usées au moyen d’espaces de phytotraitement agrémentant les jardins sur le même principe que pour les piscines naturelles.

Un nouveau vivre-ensemble sur les déplacements

Avec les économies que ce système engendrerait par son optimisation drastique de l’usage des voitures, il y aurait de quoi payer une retraite dorée aux taxis (**). Encore que ces taxis auraient la possibilité d’être reclassés et davantage d’emplois créés car un vrai progrès ne va pas sans convivialité. En effet, en plus des voitures, des minibus d’une dizaine de personnes, déjà commercialisés en 2014, pourvoiraient aux trajets les plus empruntés dans la ville, et un accueil sur ces déplacements plus ou moins longs serait un élément important afin d’effectuer des animations.

Sans oublier que la fluidité du transport serait telle que le confort dans les déplacements serait considérablement amélioré. Certains de ces bus pourraient ainsi avoir une fonction de restauration intégrée permettant à la fois de déjeuner tout en se rendant sur son prochain lieu de rendez-vous. Lors d’événements, des navettes seraient affectées dynamiquement aux maillons importants du réseau afin d’éviter les files de voitures. Du fait des économies considérables en paiement de parking, du temps gagné et du partage de ressources, le coût des transports serait considérablement abaissé.

Les conditions juridiques pour y parvenir

Pour que cela soit faisable, il faudrait simplement faire voter une loi qui amène les constructeurs automobiles à réserver une place pour un module optionnel au sein de chaque véhicule afin de lui permettre d’avoir une conduite autonome. Module qui deviendrait obligatoire jusqu’à renouveler un nombre suffisant de véhicules citadins y compris en proposant des incitations fiscales. Ce nombre critique serait bien moindre que celui de tous les véhicules roulant en même temps dans Paris, et bien sûr à l’exclusion de ceux garés qui ne servent à rien… Ces véhicules hybrides devraient être pourvus d’une boite de vitesse et d’un système de freinage régulés par électronique. Quant aux véhicules polluants, ils resteraient en périphérie et le covoiturage autonome et automatisé garantirait de réaliser les trajet souhaités.

Quant aux solutions de nos gouvernants, il serait temps de les oublier: la circulation les jours pairs ou impairs selon sa plaque d’immatriculation, éliminer le diesel après l’avoir incité pendant des décennies, ou encore interdire les véhicules anciens dont la plupart ne polluent probablement pas plus que les neufs (article à paraître). Tous ces beaux dossiers prioritaires pourraient être recyclés en déchèterie. Nul besoin non plus d’attendre que Google lance un tel projet pour nous en France avec sa voiture autonome.

La faisabilité technique

Développée notamment par des ingénieurs et élèves-ingénieurs de la junior-entreprise d’une école bordelaise, un système de synchronisation des feux dénommé Gertrude est très démonstratif sur le sujet depuis bien longtemps. Pour convaincre les prospects lors de démonstrations à Bordeaux, ceux-ci étaient invités près des quais de la ville, et devant eux, le système de régulation était débranché et les bouchons se développaient alors rapidement. Avant bien sûr de rebrancher de nouveau la supervision et de voir les flux automobiles redevenir réguliers.

C’était il y a plus de 30 ans, du temps de Chaban-Delmas …

(*) Même si la solution optimale à un tel problème est sans aucun doute de classe NP-Complet, des solutions approchées peuvent être trouvées et auront un impact bien supérieur à celui d’une simple régulation des feux.

(**) Cela va beaucoup plus loin qu’un système comme Uber mais cela n’a pas du tout la même philosophie. Il suffit d’aller voir le site d’Uber pour comprendre que leur petit progrès obtenu par la technique est d’abord une régression sociale car, sans contrepartie, elle participe à détruire des emplois, et donc des personnes, et donc des familles, par une simple et réelle concurrence déloyale. Si Uber ne fait pas la même chose que les taxis, alors pourquoi est-ce que son site ne fait que comparer ses offres à celle des taxis ? Ce n’est pas l’esprit sympa de blablacar ou leboncoin, c’est UberLux, « Le LUXE ULTIME », « Le luxe au meilleur prix ». « Plus simple et plus fiable qu’un taxi pour un prix comparable ». « Votre chauffeur privé, quand vous le souhaitez ». UberTAXI: « Plus besoin de héler votre taxi au loin ni d’avoir du liquide. » Bref, c’est répugnant. Et bien entendu que c’est totalement contraire à notre démocratie d’imposer des règles aux uns et pas autres, et heureusement, les préfets sont en train de prendre leur responsabilité. A ce sujet, des informations sont données sur Rue89 et la discussion s’est engagée sur le forum.

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