Le premier projet à lancer pour sauver notre planète

C’est en discutant avec un ancien d’Airbus au sujet des avions à décollage vertical que j’ai repensé à ce film de Luc Besson, le 5ème Elément.

On y voit une ville futuriste aux voitures volant et se croisant en 3 dimensions, dans les airs, au milieu des buildings.

Retenons-en un instant le principe pour imaginer ce que que serait une ville comme Paris dans quelques années avec des voitures autonomes.

L’usage exclusif de taxis et voitures autonomes

Pour y parvenir, les constructeurs automobiles français produiraient des voitures hybrides essence/électrique à conduire classiquement mais aussi capables d’être guidées par GPS et sans conducteur. L’idée, c’est que ces voitures autonomes soient plus que de simples véhicules de test. L’idée, ce serait qu’il n’y ait plus que des véhicules de ce type au sein des grandes agglomérations. Dès qu’une voiture hybride franchirait l’entrée d’une ville comme Bordeaux ou Paris – ou de son centre ville dans un premier temps -, un système de régulation informatique prendrait le contrôle.

En fonction de sa destination et de l’heure d’arrivée souhaitée – urgente, professionnelle, rapide, croisière, touristique ou détente pour discuter -, d’autres personnes seraient potentiellement accueillies sur le chemin, en plus ou moins grand nombre.

Comme ces voitures seraient obligatoirement électriques, la pollution disparaîtrait dramatiquement. Et leur nombre important décroîtrait pareillement en raison d’un partage massif de leurs utilisations.

Dès qu’un conducteur arriverait à destination, sa voiture serait rechargée dans la station la plus favorable et pourrait être sous-louée pour servir à d’autres personnes. Le soir, ce conducteur la retrouverait au même endroit ou après un changement de voiture sur le chemin de sa destination.

La réduction du traffic et de la pollution

Avec un bien meilleur taux de remplissage des voitures, l’utilisation automatisée d’itinéraires de délestage, l’optimisation du trafic avec des feux à la fréquence adaptée, il n’y aurait plus de bouchons non plus. Il y aurait ce contraste de voitures roulant beaucoup moins vite tout en voyant leur vitesse moyenne augmenter considérablement puisque le trafic serait plus fluide. Plus jamais l’automobiliste attendrait à un feu s’il n’y a ni piétons sur le passage clouté ni véhicules empruntant la voie perpendiculaire.

Du coup, il y aurait moins de risques pour les piétons et les feux réagiraient avec plus d’efficacité à leurs demandes.

Les bénéfices indirects sur la vie quotidienne

C’est tout d’abord la santé qui y gagnerait à la fois par absence de pollution provoquée notamment par les particules fines mais aussi par un mode de vie considérablement amélioré et incitant sans prise de risque aux déplacements verts à pieds et en vélo.

Et il y aurait aussi une autre conséquence: il n’y aurait plus de vols dans les villes. Comment en effet dévaliser une banque avec une voiture dont un système informatique a le contrôle et peut décider à tout moment de vous déposer devant le commissariat le plus proche ? En terme de sécurité, il y aurait aussi un impact énorme tandis que les véhicules pourraient relayer des informations sur d’éventuels dangers de manière coordonnée en les transmettant au même système informatique de contrôle.

Cela rendrait obsolète le contrôle du suivi de certains règlements puisqu’ils seraient respectés de fait: non seulement les vitesses de circulation mais aussi l’usage des parcmètres ou les priorités de stationnement pour les handicapés. Il serait toujours possible de se garer puisque l’éventuel surplus de voitures issues de l’extérieur de Paris resteraient dans les parkings relais, où à peine descendu de voiture, le conducteur pourrait reprendre une voiture autonome l’emmenant dans la ville. Il n’y aurait donc plus à payer pour le stationnement. Ce principe d’utilisation de voitures partagées aurait les possibles exceptions nécessaires, notamment pour les artisans qui ne peuvent qu’utiliser leurs véhicules professionnels.

Quant aux véhicules prioritaires tels ceux de SAMU, ils pourraient aussi rejoindre très rapidement les hôpitaux tandis qu’un algorithme spécifique du système informatique gérerait à cet effet les flux concurrents de voitures.

La ville du 21ème siècle

Mais le plus gros impact serait sur la transformation de la ville. Sur l’exemple des lignes ferroviaires, la plupart des rues seraient en simple voie. A ceci près qu’elles pourraient être empruntées dans les deux sens. Selon sa longueur, au point médian entre deux carrefours, chaque rue pourrait avoir une zone de croisement et/ou de parking, un peu comme pour une gare de train située sur une ligne de chemin de fer à voie unique. C’est le système informatique qui permettrait à la voie à tout moment d’être dans un sens ou dans l’autre selon par exemple qu’il s’agit d’un début de journée ou d’une fin de journée. Avec le grand nombre de places de parking devenues inutiles et la disparition d’un grand nombre de double sens dans les rues, les villes deviendraient des paradis pour les cyclistes et les piétons.

Et les bords d’immeubles pourraient même accueillir les petits potagers dont se sont mis à rêver les citadins. Tandis que les effets du changement climatique commencent à se faire sentir, le remplacement d’un pourcentage conséquent de béton au sein des villes par un sol naturel participera à fixer l’eau dans le sol, diminuer l’impact des inondations lors de pluies torrentielles, capter la chaleur, rafraîchir l’atmosphère grâce aux arbres et végétaux, commencer à restaurer une flore et une faune locales avec notamment de nouvelles espèces d’oiseaux aux habitats rendus de nouveaux possibles, etc.

En réduisant le niveau d’eau atteint lors des intempéries, il deviendrait aussi possible de diminuer le seuil des trottoirs, voire même de les faire disparaître, et ainsi de transformer radicalement la vie des handicapés et personnes âgées ou malvoyantes.

Quant aux travaux de voirie, il ne serait plus nécessaire de casser à grand fracas de grandes surfaces en béton. Et ils seraient considérablement simplifiés, voire rendus inutiles tandis que la capacité des réseaux d’eaux pluviales pourrait être diminuée ainsi que celles des eaux usées au moyen d’espaces de phyto-traitement agrémentant les jardins sur le même principe que pour les piscines naturelles.

Un nouveau vivre-ensemble sur les déplacements

Avec les économies que ce système engendrerait par son optimisation drastique de l’usage des voitures, les métiers de taxi tels que nous les connaissons seraient sans doute voués à disparaître mais d’autres emplois et services seraient créés. Rompant avec l’individualisme des voitures, des minibus autonomes d’une dizaine de personnes, déjà commercialisés en 2014, pourvoiraient aux trajets les plus empruntés dans la ville. Et un accueil sur ces déplacements plus ou moins longs serait un élément important afin d’effectuer des animations ou offrir des services. Par exemple, il pourrait être imaginé que l’augmentation considérable de la proportion de bus publics et le confort de conduite liée à la régulation puissent permettre d’offrir des services publics au sein même des bus. Ainsi, non seulement, il serait possible de ne plus avoir de voiture mais aussi de solliciter la réponse à un besoin. Cela pourrait être par exemple, de retrouver la la commande pour ses courses ou une livraison.

La fluidité du transport serait telle que le confort dans les déplacements serait considérablement amélioré. Certains de ces bus pourraient ainsi avoir une fonction de restauration intégrée permettant à la fois de déjeuner tout en se rendant sur son prochain lieu de rendez-vous. Lors d’événements, des navettes seraient affectées dynamiquement aux maillons importants du réseau afin d’éviter les files de voitures. Du fait des économies considérables en paiement de parking, du temps gagné et du partage de ressources, le coût des transports serait considérablement abaissé.

L’enjeu de la sécurité des personnes

Du fait de la gestion de l’ensemble des véhicules, il n’y aurait plus de risques d’avoir un accident ou de retrouver sa voiture abimée par une personne qui l’aurait empruntée puisque c’est le même système informatique qui se charge de la conduire. Et en connaissant donc les positions de tous les véhicules à tout instant.

Contrairement aux projets de voitures autonomes où les véhicules sont gérés individuellement et sans logique commune, gérer des taxis autonomes est non seulement considérablement plus simple mais surtout réalisable, ce qui n’est clairement pas prouver dans le cas des voitures autonomes.

Reste les enjeux de sécurité vis à vis des piétons: les systèmes de détection développés pour les voitures autonomes seraient utilisés, les feux réagiraient beaucoup plus rapidement aux demandes des piétons et le système informatique éviterait par construction les incivilités particulièrement en s’arrêtant aux feux et respectant les vitesses. Evidemment, un ordinateur ne boit pas d’alcool. D’autre pat, dans un monde connecté, on peut imaginer qu’en cas de situation de détresse, les portables des personnes présentes à proximité puissent lancer des alertes. La personne à la place conducteur resterait vigilante et pourrait intervenir en cas d’urgence soit en déclenchant un arrêt d’urgence de son véhicule, soit en reprenant le contrôle du véhicule. Même lors d’un tel arrêt d’urgence, le système informatique aurait la possibilité d’intervenir auprès des autres véhicules pour gérer la situation, voire faciliter l’arrivée de secours en cas d’accident si malgré tout cela survenait. La sécurité serait sans aucun doute meilleure qu’aujourd’hui vis-à-vis des piétons, mais les accidents resteraient possibles.

Les conditions juridiques pour y parvenir

Pour que cela soit faisable, il faudrait simplement faire voter une loi qui amène les constructeurs automobiles à réserver une place pour un module optionnel au sein de chaque véhicule afin de lui permettre d’avoir une conduite autonome. Module qui deviendrait obligatoire jusqu’à renouveler un nombre suffisant de véhicules citadins y compris en proposant des incitations fiscales. Ce nombre critique serait bien moindre que celui de tous les véhicules roulant en même temps dans Paris, et bien sûr à l’exclusion de ceux garés qui ne servent à rien… Ces véhicules hybrides devraient être pourvus d’une boite de vitesse et d’un système de freinage régulés par électronique. Quant aux véhicules polluants, ils resteraient en périphérie et le covoiturage autonome et automatisé garantirait de réaliser les trajet souhaités.

Quant aux solutions de nos gouvernants, il serait temps de les oublier: la circulation les jours pairs ou impairs selon sa plaque d’immatriculation, éliminer le diesel après l’avoir incité pendant des décennies, ou encore interdire les véhicules anciens dont la plupart ne polluent probablement pas plus que les neufs. Tous ces beaux dossiers prioritaires pourraient être recyclés en papier brouillon. Nul besoin non plus d’attendre que Google lance un tel projet pour nous en France avec sa voiture autonome.

La faisabilité technique

Développée il a plus de 30 ans essentiellement par des ingénieurs et élèves-ingénieurs de la junior-entreprise d’une école bordelaise, un système de synchronisation des feux  fut et reste très démonstratif sur le sujet, et depuis bien longtemps. Pour convaincre les prospects lors de démonstrations à Bordeaux, ceux-ci étaient invités près des quais de la ville, et devant eux, le système de régulation était débranché et les bouchons se développaient, avant bien de rebrancher de nouveau la supervision et de voir les flux automobiles redevenir réguliers, et convaincre de futures villes utilisatrices.

A l’avenir

Avec l’exigence écologique qui s’impose à tous, il s’agirait bien là d’une évolution majeure dans la prise en compte du défi de la pollution, de l’emprise des routes en ville, la réintégration d’espaces verts sur des rues passant de deux voies à une mais aussi la possibilité de plus d’échanges et d’innovations sociales.

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