La technologie: « boule de crystal » de l’économie de demain

Avec 5 ou 6 ans d’expérience dans l’Industrie, il y a déjà beaucoup à dire sur les raisons qui nuisent à la réalisation des projets, à l’innovation, à la création d’emploi et au développement des entreprises. Après 20 ans d’exercices professionnels, cela devient des quasi-certitudes.

En Informatique, l’Etat et la Presse font souvent la part belle aux startups tandis que l’essentiel du marché de l’emploi est aux mains des intermédiaires que sont SSII. Les conséquences en sont dramatiques alors que ce phénomène perdure depuis déjà trop longtemps, menant à une situation caricaturale.

Plus de transmission du savoir-faire et particulièrement en matière de conception logicielle, ingénieurs mal payés et désappointés, turnover de 18 mois pour éviter le délit de marchandage, recrutement effectués par des personnes ne connaissant rien à la technologie, etc.

Dans l’Industrie en général, ce ne sont plus des capitaines qui dirigent comme autant de fers de lance de grands projets et d’inventions, mais des financiers interchangeables. Pourquoi investir sur 5 ou 10 ans dans des technologies radicalement innovantes tandis que l’on peut l’investir à court terme dans des projets qui peuvent rapporter en moins de 2 ans ?

L’essentiel du problème de l’emploi reste humain alors que ce sont de moins en moins des personnes compétentes dans le métier qui ont à prendre des décisions. Souvent justifiées seulement par l’idée de plaire au marché, ces décisions sont rares et provoquent encore plus rarement autre chose que des sentiments d’hallucinations chez ceux qui s’occupent de réaliser les produits, au coeur de la véritable valeur ajoutée.

Rank Xerox qui cède les droits de la future interface du Mac, IBM qui jette son activité modem avant l’explosion d’Internet, APC dont les projets de pointe sur les piles à combustibles furent jugés insuffisamment rentables à court terme, tout cela, ce n’est que peccadille par rapport à l’immense gâchis actuel. Gâchis que l’on retrouve, aujourd’hui, lorsque Alstom se rend compte qu’elle est incapable d’augmenter la fréquence des TGV sans qu’ils finissent tous par s’arrêter sur son simulateur sous les yeux de ses clients. Simplement parce qu’elle a sous-traité en Inde pour gagner quelques % sur les salaires. Après le rachat par General Electric, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tandis qu’elle prétend pouvoir se payer des ingénieurs-pompiers avec ses grilles de rémunération.

Les salariés qui font humblement le travail sont de moins en moins reconnus et ne sont plus écoutés. Autant un ingénieur est formé et sélectionné scientifiquement pour affronter des problèmes, les résoudre par des solutions dont des preuves en établissent le bien-fondé, autant, dans le monde de l’entreprise, l’évolution n’a rien avoir avec des facteurs objectifs, et plus, avec les manipulations de bas-étage.

C’est donc une question de culture. Les français critiquent, sont très analytiques, trouvent les problèmes, mais ne disent rien face aux responsables et contre les manipulateurs, se plient aux mauvaises décisions, et une fois que les responsables ne sont plus faces à eux, perdent un temps considérable à appliquer de mauvaises décisions et à tout simplement, râler. C’est là notre France d’aujourd’hui.

Pourtant, avec les nouvelles technologies, notre société industrielle et de services a pourtant la capacité d’évoluer beaucoup plus vite. Et d’aller de l’avant. C’est ce que font les startups qui permettent par leurs rachats de faire évoluer les grandes entreprises françaises. Est-ce là bien suffisant et cela va-t-il pouvoir continuer ainsi ? Aujourd’hui, les meilleurs salariés ont clairement aucun intérêt à rester en France. Lorsqu’un contrat industriel en centaines de millions d’euros est soumis à la concurrence entre un industriel français et un industriel américain, leur rôle est pourtant déterminant. Et il en va de faire fonctionner des usines et de donner du travail à des centaines de personnes.

A l’inverse, la société américaine, beaucoup plus dynamique et énergique notamment dans les rapports humains, va beaucoup plus de l’avant, vers ces synthèses qui n’ont rien avoir avec le sens de compromis qu’on leur accorde en France. [C’est aussi une société qui a sûrement beaucoup moins de tolérance face au mensonge].

Le décrochage a donc toutes les chances de s’accélérer dans ces grandes entreprises, même si heureusement, l’économie, ce n’est pas un examen mais un concours, et que l’on peut compter sur le fait que les autres soient plus mauvaises.

Sur un autre plan, au sein des secteurs primaire et associatifs, créer des emplois en France grâce à l’économie locale serait extrêmement simple. Car s’il ne suffit pas d’un mélange des genres pour passer à la synthèse, à l’inverse, une synthèse est par définition, un mélange des genres. Circuits-courts, métayages, développement des associations, création d’emploi peuvent se donner le change. Les technologies actuelles offrent énormément de possibilités pour développer des projet . Vous trouverez de tels exemples de projets à https://une-vraie-politique-pour-notre-pays.net/category/economie-locale/.

L’emploi et l’économie fonctionnent en cycles qui sont liés aux innovations. Chaque grande invention simplifie nos usages, démultiplie les possibilités de projets, et petit à petit, les problèmes apparaissent, trouvent de petites solutions, puis continuent à se multiplier jusqu’à une nouvelle grande innovation simplifie de nouveau en une nouvelle unité. Etudier la technologie, c’est donc avoir une sorte de « boule de crystal » pour y interpréter l’avenir à plus ou moins long terme.

Aujourd’hui, les technologies Big Data offrent des mécanismes de synchronisations des bases de données, des réplications partielles de ces bases directement et instantanément utilisables, des capacités de travail à plusieurs quel que soit l’état de la connexion Internet, et elles créent naturellement des réseaux WIFI par peer-to-peer. Bien loin de seulement permettre de travailler sur des très grandes quantités de données, elles annoncent clairement le fabuleux potentiel du travail collaboratif, de la relocalisation des données et de l’économie, en équilibre avec notre mondialisation.

Il y a donc quand même de bonnes raisons d’être enthousiaste pour participer à créer le monde de demain.

Et franchement, face aux financiers plus insipides qu’industriels, l’agriculture et les circuits courts, avec des paysans qui vous offrent le jaune et le rouge dans leur cave, cela a quand même des bons côtés de se sentir français !

3 réflexions sur “La technologie: « boule de crystal » de l’économie de demain

  1. Bonjour, dans l’ensemble j’approuve les idées qui sont développées dans cet article. Je pense sincèrement que nous devons changer nos manières de voir le monde industriel, financier, marchant, changer nos mentalités et nous devrions plus nous informer sur ce qui est notre devenir, tel que le développement des circuits courts pour l’alimentations, trouver de nombreux acteurs engagés pour lancer une immense vague d’agriculture urbaine, empêcher les dérives de l’auto entrepreneuriat, etc.
    Par compte en réponse à la phrase: » c’est aussi une société qui a sûrement beaucoup moins de tolérance face au mensonge. » Permettez-moi de rappeler que : face aux mensonges le peuple américain a fait preuve -suivant les votes de ses dirigeants- de naïveté (va en guerre) après le choc du 11.9. 2001; lorsque en 2003 fut déclarée la guerre contre Saddam Hussein. Nous connaissons la suite des événements…
    Il est vrai pour leur rendre justice tout de même que, sur les qualités des acceptations humaines, les créateurs de toutes les disciplines trouvent leur place et les personnes travailleuses et volontaires trouvent les ressources pour aller au bout de leur projet et vivre de leur métier, invention, création, contrairement à ce qui se passe en France. Je m’enrichi à la lecture de vos documents, merci.

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  2. laurentwz

    Votre commentaire fait très plaisir, et merci beaucoup pour votre vigilance alors que mon affirmation est effectivement subjective.
    Concernant les politiques, en matière de mensonge, il faut avouer que la concurrence est sévère et difficile de consacrer un vainqueur parmi les pays du monde entier. Aux Etats-Unis, lorsque le mensonge est avéré, il me semble que la sanction est plus sévère. C’est ainsi le Watergate qui a donné son suffixe -gate à de tels scandales. Pour autant, il faudrait une étude pour corroborer cette affirmation.

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  3. Bonjour Laurent, votre réponse est tout à fait exacte. Les mensonges nous le subissons tous depuis que nous sommes nés, mais ce n’est que bien plus tard, parfois trop tard, -lorsque nous n’avons pas fait d’études supérieures, mais suivis les cours et les leçons de la vie- que nous nous rendons compte de leurs effets dévastateurs. En attendant influencés nous aussi, nous mentons autour de nous, pour nous convaincre malheureusement…, parce que nous ne sommes que des hommes en évolution. Nous avons tous besoin des uns, des autres, des lumières et connaissances des personnes de bonne volonté pour nous enrichir intellectuellement. Je ne cherche qu’à m’instruire. Merci pour votre attention.

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