Potagers collectifs en ville: un circuit ultra court à Namur

A travers le monde, les pouvoirs publics sont amenés à proposer aux citoyens de la terre à partager pour y développer leur potager.

Potager partagé

A La Plante de la province de Namur, l’association belge rencontrée regroupe 35 membres avec un noyau dur d’une dizaine de personnes s’impliquant régulièrement pour faire progresser le projet et faire essaimer aussi bien ce principe que la culture du potager chez soi.

De nombreux citadins finissent par acquérir des maisons à la campagne comme pour Bruxelles où les personnes y travaillant rêvent de pouvoir avoir leur maison à la campagne. Une fois à la campagne, nombreux nourrissent l’espoir d’y réaliser leur projet de potager, mais au bout de quelques années, les difficultés ou échecs rencontrés viennent souvent à bout de leur courage.

Une volonté de partager

L’objectif de l’association, c’est donc cette volonté d’apprendre, de partager la connaissance et le savoir-faire, et donc aussi que les personnes n’abandonnent pas leur potager à la campagne une fois qu’ils ont déménagé à la campagne depuis la ville. C’est la lutte contre le « je n’ai pas la main verte ». C’est donc aussi le moyen d’apprendre de ceux venus découvrir sur place.

Vignes à partager

Au-delà de ces objectifs, il y a la recherche du jardin parfait et naturel, et aussi un inspirateur, Pierre Rhabi. Du point de vue des techniques agricoles, c’est de l’agroécologie et de la permaculture. Et parvenir à travailler et expérimenter en groupe le jardinage n’est pas si simple.

Par ailleurs, les potagers, ce sont souvent des « potes âgés », et un enjeu crucial est donc d’y faire venir les jeunes. Aujourd’hui, à ce potager collectif, contribuent autant de jeunes que de de vieux (qui sait dire aujourd’hui lorsque l’on est vieux ?). Clairement, les jeunes issus de milieux plutôt défavorisés sont peu enclins à quitter le monde de la malbouffe sans efforts ou questions à se poser. C’est révélateur d’un problème crucial de notre société, comme si, l’insuffisance de moyens financiers condamnait à mal manger, et même à méconnaître les alternatives à l’agriculture industrielle.

Il y a donc un enjeu de justice sociale pour que cet élan vers une agriculture saine ne soit pas simplement réservé aux classes moyennes supérieures. C’est dans l’esprit de l’association Paysans-Artisans qui se développe à partir de la Belgique.

La réalité de ces enjeux financiers à travers cette expérience de potager collectif, c’est qu’il peut y avoir peu de frais et peu d’investissements. A la base, le terrain a été mis à disposition à cette association selon un principe historique de partage en milieu citadin. Pour l’eau, les gouttières des bâtiment mitoyens d’une école permettent de la collecter dans des tonneaux réservés à cet effet. Un moteur est toutefois utilisé pour arroser en été.

Bien cuisiner: une motivation pour se faire plaisir

Et il n’y a pas de pertes. Une cuisinière de culture portugaise sait utiliser tout ce qui est cueilli et tout ce qui est semé, et rien n’est cueilli autrement que pour subvenir aux prochains repas. Lorsque la production est trop importante, le surplus va à Paysans-Artisans. Dans un grand carnet sont notés les travaux effectués et dans un second, les cueillettes.

Carnet de travaux

En fonction des deux années précédentes, un plan de rotation et d’association des légumes est constitué par un expert. Ce dernier enjeu de la répartition est clairement complexe. Le potager est ainsi représenté sur un plan avec ses différentes cultures.

Plan des cultures

La Phacélie est semée pour assurer les besoins en engrais verts, et particulièrement, l’azote. Laissée sur place, le gel hivernal la couche sur le sol qu’elle recouvre alors. Concernant les semences, une partie a été produite sur place. Tandis que l’humidité en Belgique succède de peu l’achèvement de la montée en graines, il peut être difficile d’éviter leur pourrissement.

Choux de Bruxelles
Un choux de Bruxelles

Les arbres présents sur place, dont notamment un imposant tilleul, ont été à prendre en compte pour les plans de cultures, tandis que leurs ombres joue sur la croissance des plantes.

Des liens et réseaux encore à tisser

Il y a des connexions avec d’autres association sans but lucratif – ASBL – telles que Nature et Progrès, moteur du Bio depuis plus de 30 ans et promouvant l’éco-construction. Avec déjà six potagers partagés déjà présents à Namur, l’idée est donc de continuer à propager ce principe du partage. Ce potager est toutefois le seul à être collectif et se baser sur ce partage au sens communiste du terme.

Le conseil d’administration est ainsi ouvert à tous et une vingtaine de réunions se font par an. Historiquement, le potager collectif était un principe promulgué par l’Eglise afin d’encourager au travail de la terre pour lutter contre la misère plutôt que de succomber à l’alcoolisme. Aujourd’hui, c’est clairement la transition écologique qui est l’enjeu.

Parmi les plus grandes satisfactions à organiser ce potager, il y a la redécouverte et ce plaisir formidable de jeunes à voir pousser la graine qu’ils ont plantée. Des échecs ponctuent aussi parfois le développement alors qu’il n’est pas toujours facile d’associer tous les acteurs locaux. C’est pourtant important, notamment lorsqu’il s’agit de favoriser les relations inter-générationnelles.

Et chacun aurait sa carte à jouer.

3 réflexions sur “Potagers collectifs en ville: un circuit ultra court à Namur

  1. laurentwz

    Si vous aimez découvrir de telles alternatives, vous pouvez regarder du côté de l’association Tamadi qui organisait la visite dans le cadre d’un voyage en Belgique.
    Merci pour votre commentaire 😉

    J'aime

  2. Ping : Voyage dans les alternatives paysannes – Blog d'analyse politique et de propositions

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