Puy du Fou: hymne à la créativité et au local

En discutant avec les vieux vendéens, toujours très avenants, c’est toujours amusant d’entendre dire « Oh, mais mes enfants sont bien loin désormais » tandis que la personne vous précise qu’ils sont en réalité tout au plus à une vingtaine de kilomètres … Le village d’à côté pour un mariage, c’était déjà beaucoup, alors 20 km, cela devint le bout du monde ! Le patois est encore présent et ceux qui s’occupent de ces personnes âgées le savent bien, et son accent perdure y compris pour les plus jeunes générations. Et globalement, on peut dire sans se tromper que les vendéens sont très attachés à leur région, leur village.

Et s’il doit y avoir un champion du local en Vendée, c’est bien le Puy du Fou. C’est un lieu incontournable et élément moteur, partie prenante et symbolique du développement de la Vendée, économique et aussi sociale. Une Vendée aux caractères bien spécifiques marqués par des temps révolus.

En visite en ce tout début de mai au sein de ce parc, c’est vraiment une occasion unique d’entrer dans un spectacle vivant, celui de notre Histoire et aussi celui de la Nature.
Un premier moment de théâtre avec des combats de capes et d’épées augure d’une incroyable créativité déployée sur une scène aux facettes multiples. Il y a une féerie d’eau et de lumières, des chevaux rendus incandescents dans le noir, crinières déployées, courant à la fois librement et selon le dessein de la trame, et aussi multitudes de cascades et clin d’oeil historiques.
Au milieu de jardins aussi divers qu’originaux comme ceux présentant les fables de la Fontaine au moyen d’automates, il y a aussi une grande adaptation au site naturel et vallonné, jusque dans ces détails de pâquerettes préservées de la tonte de l’herbe, et du broyat issu de la taille des arbres sur place.

Commun à de nombreux parcs d’attractions, le spectacle des oiseaux est sans commune mesure. Et cela, par la diversité, le nombre d’espèces et leur cohabitation, par son site en château fort, à l’ambiance moyenâgeuse, et aussi par la poésie exprimée à travers le jeu des actrices. Le décor mouvant se transformant au fur et à mesure du spectacle, c’est vraiment l’occasion de vivre un rêve les yeux ouverts, et sans oublier ces belles voix enchanteresses.

Dans la grande arène romaine, le combat sur l’histoire incroyable du Quo Vadis (où vas-tu ?) peut faire craindre qu’il ne soit à double tranchant. Le sentiment de foule exacerbée est pourtant mené avec tact avec les Ohla et sans tomber dans le voyeurisme sanglant. A cette exception du combat où certains préfèrent toutefois détourner le regard lorsque des combattants tombent après un coup d’épée. Une exception pourtant de mise tandis que cette histoire vieille comme le monde n’est pas sans rappeler ni certains événements tragiques du terrorisme ni notre société d’aujourd’hui.
C’est la fin de la domination romaine entrainée dans sa chute par des politiques nombrilistes sans plus d’autre vision. Politiques prospérant dans la cupidité, le mensonge et la cruauté, et face au risque d’une mouvance populaire de chrétiens et d’une foi inspirant l’inquiétude. Citoyens qu’ils s’acharnent à ne pas vouloir écouter dans leurs aspirations. Et il n’y a pas à en douter que le discours est fait sur mesure bien sûr pour narrer cette histoire mais aussi directement s’appliquer à la politique actuelle. Avec cette mise en exergue du fait religieux, le Puy du Fou est bien à l’image de la Vendée, de sa force comme de ses souffrances.

L’attraction de la légende du roi Arthur est tout aussi époustouflante. Le site est celui d’un château avec un grand plan d’eau, un bateau et des surprises qui ne sont pas des effets spéciaux, et pour cause, puisqu’ils se passent sous nos yeux et sans aucun montage video !
C’est vraiment l’occasion de s’ouvrir complètement pour s’amuser en famille, entre amis, libérer son enthousiasme sur l’exemple de cette invraisemblable créativité, le travail réellement titanesque entrepris sur ce site. Et de rêver une dernière fois le soir sur le spectacle eaux, sons, musiques, lumières et feux sur un lac, et d’avoir l’esprit en vacances avant que celles-ci ne commencent réellement. De ce point de vue, le Puy est bien un exemple de niveau mondial pour montrer comment « le local, c’est fantastique ! ».
Et sans oublier le site des artisans au sein d’un village du Moyen-Age en partie reconstitué. Un Moyen-Age où l’artisanat n’avait jamais été si prospère, si endémique avec les ressources de la terre comme l’argile, le fer ou la silice du sable pour le verre, mais aussi où les hommes étaient capables de ces prodiges incroyables que ce sont les cathédrales, avec leur capacité à croire en quelque chose qui les dépasse par l’espace et les dimensions des monuments, le temps et les générations pour achever les ouvrages, et le dessein à travers sa finalité.

1968 est apparu peut-être comme le choix entre la mondialisation des grandes entreprises et le retour à l’âge de pierre où l’on ne vivrait que d’amour et d’eau fraîche (et des chèvres ou du futur RMI 😉 ), en 2018, peut-être ce sera le choix entre la chute sanglante de l’empire des Egos et la remise au goût du jour d’un Moyen-Age connecté, d’une relocalisation mondialisée en open-source ?! où chacun a sa place, redevient artisan au sein d’une communauté locale qui réapprend à travailler et vivre ensemble, dans un monde où l’homme retrouve la nature pour mieux redécouvrir la sienne.

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