L’instillation officielle d’un terrorisme à la française

Dans l’affaire des militants anti-déchets nucléaires à Bure, l’utilisation de méthodes liées au terrorisme contre des opposants est le choix implicite de n’avoir affaire qu’à des terroristes plutôt qu’à des personnes qui discutent lorsque l’Etat veut imposer ses choix. C’est une manière désastreuse de dire, qu’aujourd’hui, la seule manière de s’opposer lorsque l’Etat est fermement opposé, ce serait d’employer des moyens que même l’anti-terrorisme ne peut combattre.

Soit, en toute rigueur et sans bien sûr prétendre qu’il y ait autre chose qu’une absence coupable de lucidité, laisser deux possibilités effectives pour s’opposer: changer le gouvernement – pendant que c’est encore possible et non combattu par des moyens de l’anti-terrorisme -, ou persister dans des mesures que le gouvernement actuel adopte avec une prise de risques inéluctable dans le développement des mouvements terroristes. C’est que « les extrêmes sont les opposés dans un même genre », soit que toute chose génère son opposé tant que l’on n’est pas passé à la synthèse. Ces formes inégales de répression augurent donc, depuis la loi Travail, d’un terrorisme à la française déjà évoqué il y a près de 3 ans sur ce blog et dont le Président Macron sait malheureusement aujourd’hui que c’est une réalité avec l’affaire récente d’attentat avorté.

Il faut y voir là l’aboutissement d’une logique de déni présente dans toute notre société et qui doit être combattue avec énergie pour que notre pays reste dans le dialogue. Et ce, plutôt que de grignoter les libertés au moyen de lois propres à un pays fasciste, et y compris les pouvoirs de police des Maires que l’on voudrait enrichir dans la lutte contre la radicalisation et de la castagne même s’il c’est plus de l’ordre du lapsus qu’autre chose.

Pouvoirs qui font déjà qu’aujourd’hui, des maires imposent leurs propres lois, dans la même mesure que ces lois anti-terroristes ont été détournées de leur objet initial, à savoir la lutte anti-terroriste. Il s’agit encore, maladroitement, dans un désir d’imposer des choix pour des intentions louables mais en opposition avec une vision d’avenir, d’approfondir encore un peu plus cette atteinte au principe de séparation des pouvoirs.

Au siècle des Lumières, Montesquieu était de ceux qui prétendaient que seul un tirage au sort dans des élections pouvaient garantir qu’un pays ne sombre dans l’aristocratie. Face au manque de renouvellement et l’absence coupable de démocratie participative, face à cette incapacité dialectique de surmonter les points de vue opposés et de se restreindre à imposer ses vues autoritairement, il y a de quoi penser que Montesquieu avait bien raison de penser à une telle solution. Le populisme et le bon sens ont cette distinction qui est la différence entre une récupération politique intéressée par une quête du pouvoir et le réel bon sens des Français associé à leur qualités personnelles.

Pour prendre une comparaison avec la vie économique, rien ne sert de vouloir imposer ses choix. Mieux vaut avoir l’esprit d’une startup dont les produits innovants  créent de nouveaux marchés et font rêver, plutôt  que celle d’une multinationale voulant imposer ses produits délétères, car tôt ou tard, le basculement s’opère. Et rien n’interdit au gouvernement de nous faire rêver, bien au contraire. Et quand bien même ce serait ridicule. Le ridicule, lui, il ne tue pas. Et pour reprendre une expression tout aussi populaire mais non populiste: « qui ne tente rien, n’a rien ».

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