Médias: de l’addiction stérile à la face noble de la politique

Parmi nous, nombreux sont ceux qui sont pris par une sorte d’addiction à l’information, une addiction amplifiée par les enjeux politiques et écologiques. Beaucoup d’analyses de chacun qui mènent souvent à augmenter sa propre défiance soit vis-à-vis des politiques soit de la Presse elle-même, qu’elle soit écrite ou audiovisuelle.

Par ailleurs, si cette production de la Presse n’est bien sûr pas inutile et apparaît même comme une source unique de vie, de travail et de lutte démocratiques, cela ne permet pas toutefois de remettre suffisamment en cause notre modèle actuel de société, ou du moins pas suffisamment vite en égard aux attentes.

Très concrètement, notre avenir rêvé n’est pas d’acheter notre poulet en Argentine, et lutter simplement contre un CETA ou contre un Mercosur n’est pas suffisant ni même efficace, et nos médias pourraient aller au-delà d’un rôle trop réduit à la transcription, à l’opposition ou au relais des pouvoirs politiques ou du mouvement social.

C’est-à-dire que face aux mesures prises par le gouvernement, il y a d’autres solutions, il y a des expérimentations, il y a des thèses, il y a des utopies.  Et que le fait qu’elles ne soient  pas reprises ou débattues par ceux au pouvoir est une opportunité pour la Presse pour réouvrir une dimension manquante aux débats actuels qui manquent par trop de prospective. Il pourrait ainsi être débattu un modèle de société basé sur l’usage d’un réseau national de circuits-courts et dont les aspects vertueux seraient espérés bien plus qu’une 5G qui en serait pour autant un élément moteur.

Il est vrai qu’une solution, c’est souvent considéré comme ennuyeux et pas très vendeur, entraînant peu de réactions. Mais peut-être que cet état de fait pourrait être dépassé afin que les solutions d’un 21ème siècle soient débattues différemment pour renouveler l’intérêt pour la politique au sens noble du terme,  celle là-même qui traite de l’avenir de la Cité.

Soumettre en profondeur et publiquement des solutions alternatives aux instances politiques serait un premier champ d’exploration, quitte à attirer la polémique sur ces sujets telle un leurre pour rééduquer l’appétit politique vers plus de réflexion et d’imagination, et moins de critiques stériles.

Que soit économiquement débattu qu’avoir une production locale de biens de première consommation puisse être un modèle vertueux, et en tout cas, une thèse dont on ne saurait se passer de la discuter. Débattre sur la relocalisation en allant jusqu’à imaginer l’exode urbain. Ou encore imaginer notre futur à Paris avec des taxis autonomes. Et bien d’autres choses.

Créer un mouvement de discussion à inventer un nouveau modèle de société amènerait aussi à repositionner le curseur du monde politique sur d’autres enjeux et influerait de manière peut-être encore plus efficace que la simple opposition directe aux projets actuels. Et tout en mettant aussi en valeur le travail entrepris pour élaborer des solutions du quotidien – et non de prospective – dont un vecteur existant est notamment Public Sénat. Et qu’il ne saurait être accepté de rejeter l’existence de ce travail en un déni du « tous pourris » tout aussi dangereux que le déni de notre gouvernement actuel face aux Français et leur profond malaise. Alors, oui à la prospective et à imaginer un avenir pour mieux le conquérir.

Que les médias  puissent ainsi participer à redonner au politique sa vraie nature à penser l’avenir. Et un bel avenir.

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