Le mensonge, combat d’une société en paix qui s’arme des moyens d’une société en guerre contre elle-même

Le mensonge, c’est lorsque l’on a quelque chose à perdre et que l’on s’y refuse. Par orgueil ou honte à ne pas reconnaître ses erreurs, ses insuffisances ou faiblesses. Par intérêt pour ne pas être privé d’une chose artificiellement acquise, ou par respect d’un pouvoir à imposer des décisions arbitraires et injustes mais servant ses intérêts.

Le mensonge est devenu le ciment de notre société. Ce serait une manière d’accepter les autres tels qu’ils seraient, et avec un sourire bienveillant, et nous nous confortons à se le dire y compris à travers la morale chrétienne ou plus généralement selon une loi écrite nulle part si ce n’est dans un inconscient collectif. Dans une conversation, le maître est devenu celui qui impose sa décision à tous par le respect qui lui est dû, parce que c’est celui qui ment le mieux et qu’il est armé de l’insinuation en public, ou l’opprobre par derrière.

L’opprobre

L’insinuation en public, elle vient au détour d’un heureux moment de partage, et est bien sûr laissée sans possibilité de s’opposer car cela dérogerait à la bonne ambiance que nous avons tous envie de préserver. Et tous assistent à ces victoires ici et là entre les menteurs et leurs cibles d’un jour. Les cibles ce serait ces faibles qui n’osent rien dire et n’auraient pas encore mutés en maitres menteurs, et les autres déjà complices ou futurs complices des calomnies partagées. Quelques exceptions demeureraient toutefois, ces quelques individus, ces scandaleux, qui se permettraient d’élever le ton pour dénoncer les mensonges et troubler l’ordre social. Et la paix civile qui en découlerait. Sauf que l’ordre dont on parle dépendait jusqu’alors de la morale publique.

Est-il normal d’avoir abandonné la vérité à quelques robins des bois pendant que ceux aux responsabilités étaient censés incarner cette morale et le devoir d’en être à la hauteur ?

Mentir, une nécessité ?

Mentir permettrait soi-disant d’éviter les conflits. « Imaginez un instant que vous êtes en guerre », nous dit-on, « alors vous n’allez pas quand même pas dire la vérité à vos oppresseurs et dénoncer vos amis ». Mentir permettrait d’éviter de blesser des personnes et de manipuler à peu de frais. Donc quand on est en paix, il faudrait faire comme si on était en guerre. Un beau raisonnement n’est-ce pas, communément partagé, où on prend un cas particulier sur la guerre pour en faire un cas général, mais sur la paix. En matière de conception dans les domaines techniques et pas seulement, ce type de principe est sans appel, il vous soumet à l’incohérence et vous réduit à l’impuissance. Et, dans le cas présent, véhicule des pratiques de guerre pendant la paix. Or qu’est ce que faire la guerre pendant la pais si ce n’est justement la construire, la guerre ?

Mon point de vue est donc bien différent. Plutôt que d’accepter le mensonge, il faudrait d’abord le voir comme le refus pour des personnes à se trouver elle-mêmes et donc d’y voir aussi notre devoir à les aider à combattre leurs propres insuffisances. Car le risque est toujours de repousser le conflit à un problème plus grand, et c’est d’abord une immense lâcheté dans notre pays à laisser perpétrer l’incohérence de ceux qui mentent, et ce, sans rien leur objecter, et préférer ainsi nous cacher le visage de honte sous un masque. Le mensonge cultivé et accepté collectivement ne peut qu’amener à des situations plus graves encore, et c’est ce que nous sommes en train de vivre.

Une loi de consommation

C’est que cette culture du mensonge est si forte que nul ne saurait être accepté dans notre société sans savoir non seulement se soumettre au mensonge mais aussi savoir mentir. Mentir, c’est montrer que l’on a des limites, que l’on peut être maîtrisé par des intérêts et que l’on est donc consommable. Et être consommable, c’est une garantie d’une relation fiable, de pouvoir être manipulé selon des conditions prédéfinies. Et ce, sans incertitude, puisque ce contrat ne dépendrait que de ces conditions. Soit transformer toutes les relations humaines à l’image de celles vécues en entreprises, des relations basées sur des intérêts communs et complémentaires. Des relations de consommation où le mensonge prospère, ouvrant le champ libre à l’étape supplémentaire qu’est la manipulation.

Aujourd’hui, une personne honnête serait ainsi devenue une personne dangereuse. Elle ne peut inspirer confiance car elle n’est pas prédictible. Elle peut à tout moment s’opposer à vous, voir être un de ces ‘scandaleux’ avec ces risques considérables à provoquer des dissensions.

Un homme affaibli dans son autorité

C’est donc un déshonneur aussi particulièrement pour l’homme à devoir ainsi baisser sa culotte. Une société d’hommes à la nature affaiblie par la culpabilité à ne devoir jamais élever le ton pour dire que quand c’est blanc, c’est blanc, et quand c’est noir, c’est noir.

Le combat pour la vérité est devenu interdit alors qu’il était dissuasif. Quand au seul mot de morale, il est lui devenu tabou et honteux à prononcer dans une société dont le libertarisme permet de faire n’importe quoi. Une morale dont les fondements ne sont plus justifiés, il est vrai, et qui est donc devenue une source pour attiser la haine contre soi et ceux qui prétendraient donner des limites à une apparente liberté qui ne nous permet pourtant plus d’évoluer.

Etre honnête ou entrer en résistance

Etre honnête dans notre société, ce n’est pas seulement être dangereux, c’est donc devenir une cible. Comment celui–là oserait réussir à se tenir droit quand moi-même je ne saurais que m’abaisser et me corrompre devant le mensonge officiel et les risques encourus, à prendre le risque de se voir refuser tous les bénéfices d’une politique dont l’anti-morale actuelle est devenue le culte du pouvoir de nuisance de ceux qui savent imposer leurs mensonges par la force ? Ceux-là même qui font le mal et détruisent les personnes, sont désormais ceux qui suscitent et doivent susciter le respect.

Dire la vérité, c’est aussi devenir un esclave du doute, un éternel suspect. Une personne honnête prête à renoncer à tout pour rester vrai se condamne à susciter l’interrogation sur ses moindres imprécisions pendant que les mêmes manipulent et mentent à longueur de journée, vous évaluant comme on évalue une paire de chaussettes au supermarché, mesurant, étirant, sous-pesant selon le dogme d’une psychologie qui n’a à voir avec la science que les recettes du pot au feu à la cuisine. Comment quelqu’un pourrait-il en effet échapper à la loi qui veut que tout résulte d’une consommation ?

Le piège de la division

Mais le plus grand piège, ce serait de chercher des coupables, de voir les autres comme s’ils étaient des ennemis. Il faut donc surtout découvrir enfin un ennemi caché, celui du renoncement à découvrir ce que nous sommes en vérité. Et ce refus de comprendre nos limites, c’est d’abord l’absence de critique de notre manière de pensée. Et aussi, si toutefois on se donnait la peine de reprendre ces questions et de pousser la métaphysique dans ces retranchements, il s’agirait alors de mettre en exergue, au-delà de la question de la liberté, l’absolue nécessité de comprendre ce qu’est le genre humain dans ce mystère qu’est la vie.

Lorsqu’un système arrive au bout et se retranche dans la raison pure, seul le chaos permettrait d’imposer une loi dictatoriale rendue indispensable face à l’impasse écologique. Ainsi pour le COVID, nous devrions presque remercier nos gouvernants qui préfèrent nous éviter une troisième guerre mondiale pour nous soumettre comme des esclaves à une dictature douce, bienveillante à la Macron, à condition que tout le monde soit d’accord avec lui et les autres de sa clique, quitte à violenter les réfractaires en leur crevant les yeux, utilisant la justice pour les réduire au silence, ou la peur pour interdire les manifestations.

La source première d’un conflit caché

Le mensonge et la calomnie par derrière sont devenus le ciment légitime, pour le premier, et l’exutoire, pour le second, de notre société et de sa lâcheté, bien que la cause de cette situation soit donc plus subtile, qu’il ne faille pas chercher des coupables, mais bien une source plus complexe à cet état de fait.

Il serait une première circonstance atténuante à l’imbécilité de nos gouvernants suffisamment démontrée à tous, c’est que cette bêtise à s’acharner contre le bon sens est issue d’un conflit de la raison avec elle-même dont le sujet a été clôturé, et de longue date, puis a contrario enterré selon une incroyable imposture intellectuelle. Car mieux vaudrait cacher ce que nous ne comprenons pas, alors que la clef et le chemin de la solution s’y trouvaient exposés clairement.

L’enjeu du néo-nazisme

Alors oui, dans les faits, Macron et ses collistiers sont des néo-nazis, mais peut-être que par construction, par nécessité en raison de leur aveuglement, inéluctablement, et cela pourrait donc d’autant mieux être jugé pour tel parce qu’ils ne le font donc pas forcément exprès et avec cette circonstance atténuante supplémentaire mais indissociable du délire de supériorité propre à la franc-maçonnerie. C’est qu’il s’agit bien de cette erreur fondamentale à croire que notre outil à penser qu’est la raison, puisse se pratiquer seul dans un bureau de technocrate, et permettre de répondre et légiférer sur tout.

C’est une question vieille comme le monde, celle des conditions nécessaires et suffisantes à fournir des synthèses a priori, celle de trouver la cause théorique à ce qui est la source de nos idées et d’une imagination à la nécessité qui se devrait d’être bien comprise. Et ce, à l’exemple de la science qui lie toute conséquence à une cause. Et puis, dans une seconde étape, il s’agirait d’en venir à l’aspect pratique, pour enfin apprendre à concevoir selon un ordre viable des choses.

Le préalable, c’est donc de bien comprendre pourquoi la raison seule finir par aboutir inéluctablement à des décisions délirantes.

Et ce motivé par ce qui peut se dire et doit s’entendre, à savoir, qui, aujourd’hui, peut prétendre qu’il n’y aura pas répétition de l’histoire ? Qui peut ne pas voir les similarités profondes entre notre situation actuelle et celles du passé ? Et qui peut oser dire que la question ne se pose pas et ne doit pas se poser de comparer notre situation à celle du nazisme ?

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