La synthèse ou la clef de la résolution des problèmes de notre pays

Dans la recherche scientifique, dans l’introduction de nouvelles technologies innovantes, dans le développement de nouveaux produits et bien sûr aussi en politique ou dans n’importe quel domaine y compris dans la vie courante, nous sommes amenés à résoudre des problèmes en fournissant des solutions.

Cercles vertueux et cercles vicieux

Ces solutions peuvent déjà être particulièrement éculées. Par exemple, on construit un aéroport ou une autoroute pour créer des emplois pendant quelques années. C’est là une des solutions les plus utilisées par nos politiques depuis l’après-guerre. Ce principe de base était ensuite sensé nous permettre d’entrer dans le cercle vertueux de la croissance et du développement économique. Une fois l’autoroute créée, une desserte plus efficace permet aux entreprises de plus facilement trouver des clients et exporter leurs marchandises. Des entreprises se créent, des salariés sont embauchés, et les villes se développent.

Sauf que ce cercle vertueux ne l’est plus tant que cela étant donné la catastrophe écologique en cours.

Et il devient même vicieux lorsque plutôt que d’affronter le véritable problème, on ne s’attaque qu’à ses symptômes, un peu comme peut le faire la médecine qui a popularisé cette approche. A titre d’exemple, dans le cas de la loi de simplification, il a été analysé que l’administration prenait trop de temps pour répondre. Plutôt que de donner plus de moyens ou de fournir à l’administration une informatique digne de ce nom, ou encore de simplifier la législation, il a été décidé de donner un délai de deux mois au-delà duquel les demandes sont automatiquement acceptées. Là, on touche vraiment le fond en matière de raisonnement. Ainsi, pas moins de 700 exceptions auraient été créées à ce principe. Pour éviter, par exemple, qu’un permis de construire ne soit accordé dans une zone sensible pour un simple retard dans un courrier. Cette loi sera une catastrophe par ses conséquences imprévues liées à de nouvelles exceptions à venir, créera des conflits coûteux sur l’appréciation d’être ou non dans un des cas d’exceptions, et mobilisera l’administration en pure perte. Administration qui aura encore moins de temps pour faire son vrai travail. Le cercle vicieux sera alors établi et nos politiques qui ont tout compris abaisseront sûrement le délai à une semaine en multipliant les exceptions. Ce sera alors le chaos absolu. Bien entendu, les juristes, les personnes compétentes, ont fait ce qu’on leur demande. C’est-à-dire ce qui a été dicté par les décideurs du marketing politique, même si bien sûr, ces juristes pensent eux aussi que c’est n’importe quoi.

Le cas général et les cas particuliers

Une loi se devrait d’adresser un problème général et de résoudre les cas particuliers par des cas particuliers. C’est le fameux et mal compris « L’exception qui confirme la règle ». Selon Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/L’exception_qui_confirme_la_r%C3%A8gle), « elle signifie que la présence d’une exception peut confirmer la présence d’une règle générale (puisqu’il ne peut pas y avoir d’exception à une règle qui n’existe pas), et non pas que la présence d’une exception confirme la validité d’une règle (en recherche scientifique, il serait par exemple inconcevable d’énoncer que des mesures qui s’écartent d’une règle ou d’une loi confirment cette règle ou cette loi ; ce serait naturellement le contraire). »

Il en est ainsi du raisonnement scientifique. Lorsque les physiciens ont découvert des incohérences sur les lois de Maxwell pour les ondes électromagnétiques et la lumière, une nouvelle théorie a été trouvée et s’est ainsi qu’est née la relativité.

Une explication est donnée en terminale sur ces sujets: http://www.tangentex.com/RelativiteRestreinteTS.htm. Ce qui est indicible dans les formules mathématiques de la mécanique relativiste, c’est que leur approximation pour des vitesses faibles redonnent les équations de la mécanique classique. D’une incohérence on est passé à une nouvelle loi qui incorpore la précédente dans un cas particulier.

C’est ainsi que se dénouent les enjeux pour entrer de nouveau dans un cercle vertueux.

La synthèse

Il s’agit là de la synthèse, je dirais, du mystère de la synthèse. Jeudi soir, le 13 novembre 2014,  la fille d’un ancien Président de la République déclarait au fil d’une discussion à la télévision que la synthèse n’est pas toujours possible. C’est que cette loi de la pensée n’est pas comprise. On pense qu’il s’agit d’un compromis. Et effectivement, un compromis n’est pas toujours possible.  Par contre, le progrès intellectuel ou scientifique a t-il une limite ? Ce qui est sûr, c’est que cette limite, si elle existe, n’a pas encore été atteinte et que la synthèse est donc toujours possible.

Cette synthèse, c’est le moteur de la dialectique. Sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Dialectique,  une belle définition en est donnée (hormis l’expression ‘tente de dépasser’): « la dialectique désigne un mouvement de la pensée, qui se produit de manière discontinue, par l’opposition, la confrontation ou la multiplicité de ce qui est en mouvement, et qui permet d’atteindre un terme supérieur, comme une définition ou une vérité. Elle est ainsi devenue, en particulier à travers son assimilation par le Moyen Âge, une technique classique de raisonnement, qui procède en général par la mise en parallèle d’une thèse et de son antithèse, et qui tente de dépasser la contradiction qui en résulte au niveau d’une synthèse finale. Cette forme de raisonnement trouve son expression dans le réputé « plan dialectique » dont la structure est « thèse-antithèse-synthèse » : je pose (thèse), j’oppose (antithèse) et je compose (synthèse) ou dépasse l’opposition. »

La dissertation en Terminale reste donc un enjeu déterminant. Prenons la question « Faut-il acheter son lait chez l’agriculteur à côté de notre village ? ». La thèse serait de dire que oui. Cela évite de nombreux déplacements, il est possible d’utiliser un bidon réutilisable, et cela donne plus d’argent à l’agriculteur et cela  revient moins cher. Il est même possible d’imaginer de venir traire la vache et de livrer le lait à mes voisins. L’anti-thèse, c’est de dire que globalement cela peut coûter plus cher en temps, en argent, voire en ressources si une voiture est utilisée pour aller chez le producteur. Mieux vaut donc aller au supermarché. Et surtout, les solutions proposées dans la thèse ne seront employées que par une minorité de personnes et donc globalement insignifiantes. Une synthèse consiste à changer le fonctionnement des rapports entre producteurs et consommateurs. Se référer à l’article sur la relocalisation.

Une métaphysique incomprise ou même ignorée

A Sciences-Po, l’école qui est le tronc commun à tous nos politiques, la philosophie est enseignée. A Paris, ce fastfood de la pensée réservé historiquement aux fils à papa qui assimilent très tôt le principe de cooptation de droit divin, il s’agit là d’acquérir une culture permettant de connaître quelques concepts prédigérés qui font bon effet lors des buffets entre deux petits fours.

Monsieur François Fillon a ainsi proposé une soi-disant nouvelle synthèse. Ce programme qui a le mérite d’exister et d’être public et qui a, de ce point de vue, une grande valeur pour le débat démocratique, est tout sauf une synthèse. On le retrouve à http://www.scribd.com/doc/231256658/Synthese-competitivite-Fillon-pdf. Il s’agit essentiellement d’un paramétrage de l’existant et de tirer sur des acquis sociaux. Un peu comme un pot catalytique sur une voiture pour prétendre moins polluer et moins consommer. En tout cas pas de quoi passer à un litre aux cent kilomètres. Même chose pour le programme du Medef, mais en pire (à l’exception du contrat de chantier qui pourrait avoir une grande utilité dans de bonnes conditions et pas pour n’importe quelle catégorie socio-professionnelle).

Et ce serait pourtant le rôle de Sciences Po d’enseigner à nos politiques les rouages de la dialectique.

La Synthèse pour les Nuls

Il est toutefois possible de prendre des exemples très concrets de la vie courante pour expliquer ces mécanismes abstraits.
Considérons l’enjeu de préparer le dîner du soir. Vous rentrez du travail et allez dans votre cuisine. Vous y vérifiez la disponibilité des denrées dans vos placards et ouvrez le frigidaire pour y trouver les ingrédients frais. Et là, comme par magie, vous vous affairez à sortir le beurre, un oeuf, des tomates mais aussi de la farine, de l’eau, etc. Vous mettez votre four à chauffer et pendant ce temps vous fabriquez une pâte à pizza et y disposez la garniture. Lorsque votre famille découvre sur la table votre pizza cuite, elle peut y retrouver les ingrédients et avoir une idée sur sa fabrication : c’est l’analyse. Et lors de la réalisation de la pizza, on peut dire qu’il y a eu passage à la synthèse. Rien en effet ne permet à partir des ingrédients d’y découvrir par l’analyse la nature du plat cuisiné auxquels ils se destinent. Il s’agit  toutefois d’une synthèse pré-existante car cela fait belle lurette que l’on sait fabriquer les pizzas. Résumé en une phrase philosophique: le tout est plus que la simple union des parties.
En y regardant de plus près, on s’aperçoit aussi que l’un des ingrédients, la pâte, résiste à une analyse triviale et elle-même une synthèse. Et il en va ainsi pour concevoir, par composition d’éléments et progrès successifs opérés par la synthèse.

La représentation, analyse et synthèse

Une histoire de la méthode synthétique a été proposée en 1907 par le français Octave Hamelin et est exposée dans les premières pages de l' »Essai sur les éléments principaux de la représentation ». Cet ouvrage se retrouve à http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k860273/f5.image. Une édition plus récente ajoute des notes afin de préciser les références de l’auteur que cet historien de la philosophie avait choisi d’omettre à dessein.

La lecture de la première page est donc saisissante. Sans circonvolutions ou références surchargeant le texte, Octave Hamelin présente l’enjeu de son essai. C’est « cash ». La deuxième page, sur la méthode analytique, est technique sur les syllogismes et est rebutante. Après cela, et en 30 pages, l’histoire de la méthode est proposée. Il s’agit simplement de les parcourir lors d’une première lecture si c’est trop difficile. Une phrase, des bribes sont autant de réponses et d’explications quant à des questions fondamentales, et suscitent l’intuition, et d’autres relectures jusqu’à ce que s’éclaircissent les idées présentées.

Cet ouvrage porte sur la représentation. De notre temps, outre les métaphysiciens, ce sont notamment les développeurs de logiciel qui travaillent sur la représentation et qui sont à même de plus facilement comprendre les tenants et aboutissants de ces enjeux.

« Savoir, c’est donc toujours assigner des rapports nécessaires entre les choses ». La méthode analytique permet de « tire(r) d’une notion les notions élémentaires qu’elle contient ». « Mais s’il est vrai que la pensée ne se contente pas et ne peut se contenter de développer des notions, s’il faut qu’elle passe d’une notion à une autre et que ce passage soit une opération définie aussi bien que l’analyse, on n’y peut trouver qu’un fondement: c’est que chaque chose a son opposé. » « L’opposition, telle que nous la cherchons, doit être à la fois essentielle et distincte de la contradiction. Elle doit être distincte de la contradiction parce que nos opposés s’unissent dans une synthèse et qu’il est impossible d’unir les contradictoires. » (c’est le problème des compromis énoncé précédemment) « La pensée ordinaire présuppose le sujet tandis que la synthèse le construit. » « La contradiction est (…) une opposition absolue, l’opposé y est la négation, sans réserves, du posé. Or, si cela est, l’un des deux termes seul peut être réel, puisque l’autre est tout négatif. Mais le cas des contraires est tout à fait dissemblable. Ils ne se nient pas entièrement l’un comme l’autre. La contrariété, en un mot, est une opposition réelle. (…) Les contraires, disait Aristote, sont les extrêmes dans un même genre. » « Car il est clair que si nous allions d’une thèse positive à une antithèse qui n’en serait que la négation nous ne ferions aucun progrès, puisque nous supprimerions dans cette démarche ce que nous viendrions de poser. Il y a progrès parce que, par l’acte d’opposer les deux contraires, on élabore un contenu ».

« Chaque chose est l’ensemble de ses relations avec les autres, termes d’un progrès (synthèse), point de départ d’une analyse, chaque essence se définit sans danger de cercle vicieux. On trouve par la synthèse ce qu’elle doit contenir et y retrouve ce contenu par l’analyse. C’est encore là un cercle, mais il est nullement vicieux. Les deux extrêmes de la hiérarchie se démontrent sans doute l’un par l’autre, mais non de la même manière: le plus simple sort du plus complexe par un série d’analyses, le plus complexe se superpose nécessairement au plus simple par une série de synthèses. Tel est le résultat auquel on parvient, semble-t-il, quand on donne à la relativité de la connaissance le sens précis qu’elle comporte, c’est-à-dire quand on la définit par l’opposition suivie de la synthèse. »

L’histoire de la méthode synthétique

Dans son ouvrage, Octave Hamelin raconte l’histoire de la méthode synthétique.

Ce serait Héraclite qui aurait eu ce « sentiment qu’un passage réglé devait conduire d’un état du monde à un autre ». « Platon hérita de ses tendances synthétiques » qui rencontrent « la doctrine si inflexiblement analytique de Parménide. Platon est convaincu que l’isolement absolu des notions est inacceptable. (…) Donc il faut selon lui que les genres communiquent et, comme une telle communication ne doit pas dégénérer en confusion, il faut qu’elle soit réglée; de sorte que l’oeuvre propre du dialecticien est d’assigner les identités et les différence des genres. Une partie de sa tâche est facile: c’est celle qui consiste à saisir l’élément qui se retrouve le même dans plusieurs genres complexes, à ériger cette unité en genre, à chercher et à dégager de la même façon ce qui est commun à ce genre et à d’autres, ainsi de suite. Mais c’est là un procédé purement analytique et l’unité à laquelle il conduit ne contient pas beaucoup de divers. Seule l’autre opération de la dialectique veut être une synthèse: elle consiste à descendre des genres les plus simples vers les plus riches et à tenter la constitution des essences. C’est ce que Platon appelle la division. Un genre étant donné, on le divise en introduisant deux différences opposées; et par exemple, on divise le genre animal en animaux mortels et animaux immortels. (…) (Toutefois,) on ne démontre pas l’essence: tout ce qui est vrai c’est que, l’essence une fois donnée, on peut, en la divisant (et) en l’analysant, démontrer ses attributs. Ainsi, (…) Platon ne réussit pas à faire de la division un procédé à la fois synthétique et démonstratif. (…) En reconnaissant partout une tendance au mieux, Platon a été (quand même) tout près de découvrir un principe de synthèse régulière. »

A propos de Descartes: « lorsque l’analyse a trouvé devant elle une nature composée et en a isolé les éléments, il n’y a pour la reconstituer qu’à les remettre ensemble. Mais une synthèse de cette sorte n’a lieu qu’a posteriori: elle ne nous fait pas assister à la constitution des essences. »

C’est Kant qui « fut le premier à concevoir nettement et à appeler par son nom le problème de la synthèse: tous ceux qui depuis ont repris la question et tous ceux qui la reprendront relèvent et relèveront de Kant ». Avant tout, il y a « la distinction des jugements analytiques et des jugements synthétiques » au sein de la Critique de la raison pure (se retrouve vers la 7ème page de l’introduction, dans la traduction d’Alain Renaut).

Mais c’est Hegel qui donne à la méthode synthétique « une conception ferme et définie ». « L’ordre de la pensée (…) se développe en trois moments (: thèse, antithèse, synthèse). Le progrès que la méthode synthétique réalise au moyen de ces trois moments va de l’abstrait au concret, du fini à l’infini, de l’individuel à l’universel. »

Pour Hamelin, la méthode synthétique « devra procéder (…) par des affirmations qui se complèteront et dont la dernière, totalement différente de la « théologie négative », sera, comme le voulait au fond Aristote (…) l’être achevé et intégralement défini. »

La relocalisation de l’économie, à portée de mains

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Tout le monde connaît l’aberration qui fait qu’un produit local peut parcourir des centaines de kilomètres pour suivre les différentes étapes de sa commercialisation et parfois revenir chez un distributeur à quelques kilomètres de son producteur d’origine.

Effectivement, si je vais à la ferme à côté de chez moi pour chercher mon lait, non seulement, je risque de m’en lasser (quoi que ?), mais en plus, cela ne va pas intéresser l’agriculteur qui préfère s’occuper de centaines de litres de lait plutôt que de remplir mon bidon. C’est une question de temps et aussi d’argent.

Alors que faire face notamment à ce problème de distribution ?

Projection dans un monde relocalisé

Imaginons le monde de demain tel que nous le rêvons et prenons le cas de centaines de familles, disons 600 familles, se regroupant pour assurer leur courses collectivement. Ces familles habitent dans une même commune ou communauté de communes et sont donc relativement proches géographiquement. Idéalement, toutes ses familles sont livrées tous les jours de produits frais et autres produits locaux.

Une SCIC s’est créée – une société coopérative d’intérêt collectif – et un local est affecté à ses besoins. Une personne, Marc, est recrutée afin d’aller chez les producteurs de lait. Ainsi, tous les jours, Marc passe chez un producteur de lait pour s’approvisionner avec 200 litres de lait frais. La SCIC achète le lait à 0,50 euros, soit 10 centimes au-dessus du point d’équilibre (http://www.producteurs-lait.com/lait-les-producteurs-fixent-leur-prix.html) et il sera revendu 0.625 centimes soit 20% plus cher. Le producteur y est gagnant et le consommateur aussi car le prix est moins élevé que chez les discounters.

La SCIC a sélectionné ce producteur ou plutôt quelques producteurs – s’il y en a encore plusieurs dans la commune – en fonction non pas de leur prix mais du coût écologique de leur production. L’utilisation des énergies fossiles est ainsi pénalisante pour un producteur s’il souhaite avoir une plus grande part de marché tandis que l’élevage en plein air est au contraire favorisé puisque cela nécessite moins de ressources.

Les 20% de marge servent essentiellement à payer les salariés de la SCIC, le coût du transport et aussi à participer à ses projets, à savoir le développement local.

Et il n’y a pas besoin d’emballages car les bouteilles de lait sont en verre et sont consignées. Un code barre est gravé sur la bouteille et assure la traçabilité. Marc ramène ainsi les bouteilles vides et repart avec des bouteilles de lait pleines. Il achemine ensuite le lait jusqu’au local de la SCIC. Et puis Marc repart vers d’autres producteurs comme pour les fruits et légumes de saison.

Pendant ce temps, un autre employé de la SCIC s’occupe de regrouper les produits en fonction de leur village de destination et de leur acheteur final.

Et il ne reste plus qu’à livrer ! Et c’est là que cela se complique ?

La mutualisation du transport scolaire et de la distribution pour les circuits-courts

Non, car le Conseil Municipal des enfants a trouvé une solution. Les enfants ont décidé de nous aider pendant deux ans. Ces enfants ne sont pas exploités pour fabriquer des habits ou des téléphones portables en travaillant 10 heures par jour, même s’ils ont dans leur dos, une ardoise, non pas pour dessiner ou écrire, non, une ardoise de 2000 milliards d’euros que nous leur laissons (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France#mediaviewer/File:Dette_publique_France_1979-2014T2.png). Alors ils ont décidé de nous aider pas tant pour notre économie locale que pour éviter la catastrophe écologique annoncée.

Alors pendant deux ans, Marc partira du local de la SCIC pour aller au collège car ces 600 familles ont un point commun qui est qu’elles ont toutes un enfant au collège. Une fois au collège, les packages sont distribués aux différents cars qui desservent les villages. La SCIC a offert une tablette a chaque enfant, alors heureusement, il n’y a plus de manuel dans leur sac à dos et ces manuels restent au collège dans les casiers tandis que leurs versions électroniques sont dans la tablette. Chaque enfant peut même jouer dans le car avec ses copains car l’accès aux jeux se déverrouille dès qu’il entre dans le car.

A la sortie du car, chaque enfant repart avec des provisions d’un poids de moins de 1,2 kilogs soit moins que les 4 manuels scolaires qu’il emportait auparavant. Une fois rentré chez lui, il peut faire ses devoirs et peut même être aidé à distance grâce à sa tablette. Le transport scolaire est gratuit et subventionné aussi par la SCIC.

Un quotidien transformé

L’année prochaine, le car scolaire ira aussi dans les lotissements qui fonctionnent sur le principe d’habitat groupé qui a été rendu particulièrement incitatif par la loi Hollande de 2015 qui sera bientôt votée par l’Assemblée Nationale. Une fois sur place, l’employé de l’habitat groupé s’occupe d’acheminer les provisions jusqu’aux maisons dont il a les clefs. Dans ses habitats groupés, il y a aussi une salle commune pour se retrouver, organiser des soirées. Il y a la laverie et un atelier où l’on partage le matériel de bricolage. Le chauffage est collectif au moyen d’un chaudière à bois particulièrement performante. Des logements sont réservés aux personnes dépendantes: des personnes âgées ou handicapées. Il n’y a pas beaucoup de parkings et garages car un bon nombre des voitures sont partagées par les habitants. Du coup, avec la place gagnée, une piscine naturelle a pu être construite …

Les outils partagés par les habitants ont un coût élevé mais sont particulièrement robustes et ont une garantie de 10 ans. Ils sont fabriqués en Europe et y compris la machine à laver qui est produite par une PME française. Cette dernière n’a pas besoin d’en vendre des milliers pour rentabiliser ses investissements comme ce serait le cas pour une grande entreprise. Dans les pays où la main d’oeuvre est meilleur marché, les produits sont fabriqués à bas coût. Mais ils n’ont qu’une garantie réduite, sont conçus pour du bricolage occasionnel et ont une duré de vie artificiellement limitée. Ils ne rivalisent pas dans ce secteur haut de gamme des machines utilisées intensivement et avec efficacité.

Le cercle vertueux

De plus en plus d’agriculteurs s’installent dans la région et dans des exploitations plutôt petites qui de part leur rôle sur l’environnement ont un coût écologique ‘négatif’. Et avec de moins en moins de pesticides car ils y sont encouragés. Et les productions bios sont légions. Et plus d’emballages non plus pour les produits courants car les habitants utilisent des boîtes réutilisables avec un code barre comme pour les bouteilles de lait. Ce qui fait que les taxes sur les ordures ménagères ont été divisées par deux, soit 80 euros d’impôts locaux en moins par foyer sur une année.

Les maisons de retraite, les restaurants scolaires des écoles et aussi le collège sont livrés en produits locaux, avec un plus fort pourcentage de produits bios. Une étude à paraître a d’ailleurs montré que les enfants déjeunant dans une cantine avec un repas préparé sur place par un cuisinier mangeaient beaucoup mieux que les enfants à qui étaient distribués des repas industriels finissant à la poubelle. Et ces enfants nourris ont une meilleure attention et réussite scolaire. La loi est donc incitative en ce sens.

Enfin, les enfants du Conseil municipal ont imposé au législateur que la fabrication de leurs tablettes ne fasse pas appel au travail des enfants ailleurs dans le monde mais participe aux projets d’écoles promulgués par les ONG dans les pays en voie de développement.

Lorsque les chauffeurs de car arrivent dans les petits villages, désormais, il y a toujours une personne pour récupérer les courses pour les personnes âgées. Les services à la personne se sont développés et ces auxiliaires de vie peuvent alors apporter aux personnes leurs courses et rompre un peu leur isolement même si elles ne sont pas forcément dépendantes.

Des campagnes qui auraient le vent en poupe

Petit à petit de nouveaux habitants et de l’emploi reviennent dans les villages. Des services publics sont rétablis et des écoles rouvrent. Deux ans ont passé, et les enfants n’ont plus à ramener les courses. C’est toujours le bus scolaire qui apporte les provisions mais elles vont directement aux commerces qui ont rouvert.

Le système informatique utilisé possède une base de données Big Data se répliquant tout ou partie sur différents sites, et y compris sur les portables des clients où l’accès aux données fonctionne même en campagne quand le portable n’est pas enregistré sur le réseau. Des entreprises peuvent ainsi savoir si leur client sont des usagers de la SCIC et en tirer parti. Fedex a ainsi investi dans la SCIC et a déjà signé un contrat pour que Marc passe à leur dépôt récupérer les paquets venant du monde entier. Du coup, La Poste a réagi et est en passe de faire de même pour le courrier et ses colissimo.

Mondialisation et relocalisation s’équilibrent ainsi dans nos campagnes, et nos jeunes citoyens ont tellement à coeur de participer à ces enjeux de société et écologique qu’un certain optimisme est en train de revenir.

En tout et pour tout, il n’y aura eu qu’une seule manifestation, celle des agriculteurs venus au collège pour remercier les enfants d’avoir permis d’amorcer ce virage dans l’Economie.

Alors merci pour cette loi Hollande, notre président qui a été réélu en 2017, pour sa loi de la relocalisation, de la croissance verte et de la décroissance des biens matériels.

Ainsi, du cercle vicieux qui nous fait corriger les symptômes plutôt que de fournir des solutions nouvelles, nous sommes passés à un cercle vertueux. Il y a bien un inconvénient à ce cercle vertueux, c’est que l’on connaît pas toujours à l’avance les bonnes surprises qui vont nous arriver.

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Un article parle de ce sujet de la synthèse: https://une-vraie-politique-pour-notre-pays.net/2014/11/16/la-synthese-ou-la-clef-de-la-resolution-des-problemes-de-notre-pays/.

Post-scriptum

Le 27 novembre 2014, le Président de la République a fait démonstration de toute la détermination nécessaire au plus niveau de l’Etat pour s’engager sur la voie de la transition énergétique et écologique:
http://www.dailymotion.com/video/x2b73j7_confenvi-discours-lors-de-la-troisieme-conference-environnementale_news

Reste à favoriser les initiatives prises partout en France et à trouver le moyen de réformer en s’affranchissant des contraintes contradictoires qui jusqu’à présent nous soumettent au sempiternel modèle de développement économique par la croissance matérielle… François Hollande a expliqué que lors des précédentes conférences internationales sur le climat, tous les responsables de gouvernement se réunissaient pendant 15 jours en pensant pouvoir trouver à eux seuls la « synthèse », et qu’à chaque fois, ils y avaient échoué. Devant l’évidence désormais reconnue des enjeux y compris par les deux principaux pollueurs que sont les Etats-Unis et la Chine, et en s’y prenant à l’avance, il a ainsi l’espoir que la prochaine conférence à Paris puisse réussir. D’ici là, l’exemple des mesures prises par la France jouerait dans ce sens, et pourrait être à l’image de ce qu’a fait la France il y a 70 ans pour les droits de l’Homme. Reste que pour retrouver le cercle vertueux du mouvement de la synthèse, cela prend du temps. Il faut fournir de nouvelles solutions un peu comme lorsque l’on dénoue une pelote de laine emmêlée et qu’il faut éviter de tirer de partout afin de ne pas aggraver les difficultés. Et c’est malheureusement plutôt ce qu’a fait ce gouvernement jusqu’à présent. Les effets des mesures prenant le chemin d’une telle synthèse ne prendront véritablement de sens qu’à moyen terme lorsqu’ils se conjugueront en une spectaculaire simplification.

La première mesure à prendre par nos politiques qui soit à leur portée

Pour donner un signe fort d’inflexion des pouvoirs, il est donc naturel de commencer à intervenir au plus niveau, à savoir au sommet de l’Etat. Cet Etat est-il comme une entreprise privée pour ainsi justifier que les politiques doivent gagner autant d’argent, ou devrait-il plutôt être vu comme une association à but non lucratif dont le but est l’intérêt général ? En réduisant notablement les salaires des politiques ainsi que leurs avantages, un premier signe fort serait donné aux français.

La plupart d’entre nous n’ont pas besoin d’être riches pour être heureux : la famille, les loisirs, les lieux de vacances à la mer, à la campagne ou la montagne suffisent au plus grand nombre. Pourquoi en serait-il autrement des politiques qui voudraient en imposer de la sorte ? Sur le même principe que les présidents d’association, les responsables politiques devraient être moins payés que leurs collaborateurs si tant est que cela soit encore nécessaire pour décrocher des talents.

En effet, plus l’appât du gain est important, moins l’on a de chances de trouver des personnes intègres. Il est probable que les jeunes générations ont plus envie de donner du sens, d’être utiles et cela loin de la vision cauchemardesque de ces politiques bling-bling, affairistes, malhonnêtes, aux egos surdimensionnés, manipulateurs, menteurs, arrogants, méprisants, grossiers, corrompus, immatures, etc, et qui n’ont rien à dire en dehors de petites phrases, de la critique des autres, et de se justifier face aux affaires en Justice qui les impactent.

Et donc oui, il faut baisser drastiquement le salaire des politiques. Est-ce là un objectif inaccessible alors que les français doivent se serrer la ceinture et que le gouvernement pousse à la réforme des professions réglementées qui risque d’impacter des milliers de personnes et y compris des services de proximité qui risquent de disparaître ? Dans le cas de ces professions, des questions se posent, mais certainement pas en ce qui concerne les salaires des politiques.