Associations et mutualisation pour relancer les activités rurales

De nombreuses questions se posent dans le cadre du fonctionnement des associations au sein du monde rural. Et cela vient s’ajouter aux difficultés issues du monde paysan.

Et il s’agit là de voir comment mettre en relation associations et circuits-courts afin de dénouer la situation actuelle tout particulièrement pour des agriculteurs.

Malgré l’intransigeance du principe de base du politique qui est de diviser pour mieux régner sur l’exemple de son historique application pour séparer contre nature certaines régions françaises, aujourd’hui, seule une mise en commun des enjeux dans une dynamique de solutions peut nous permettre de sortir des problèmes.

Le préalable à tout changement

De la mutualisation des ressources matérielles pour créer de plus en plus grandes exploitations, entreprises ou usines, et augmenter les rendements de produits de plus en plus dénaturés ou de l’ordre du gadget, il est encore possible de passer à la mutualisation de vrais enjeux sur le terrain, auprès de cette constante de l’histoire qu’est la vie en campagne. Car si profond changement de génération il y a, pourquoi cette incohérence à rechercher à le baser sur un quotidien artificiel qui n’existe que depuis quelques décennies plutôt qu’au coeur d’une vie rurale historiquement présente et à la portée de beaucoup d’entre nous ? Et si le changement allait effectivement venir des campagnes ?

Et il s’agirait alors de prétexter d’une «mutualisation» qui ferait le lien entre agriculture et associations, entre savoir-faire artisanal et technologie, et entre public et privé. Un privé qui déborde aujourd’hui bien au-delà du cadre familial. Une vie privée organisée, conditionnée et imposée dans un cadre public par l’obstination du politique à se soumettre à des intérêts particuliers et eux réellement privés.

Et la question derrière n’est pas économique, sociale ou écologique, il s’agit là d’un questionnement réellement philosophique tandis que le sujet de la condition humaine est juste un pur tabou. Car la dématérialisation de notre société nécessite un renouvellement du sens de son engagement à servir autre chose que la satisfaction de nos seuls besoins matériels.

Aujourd’hui, en dépassant la culpabilisation à travailler sans se poser de questions et en ne se soumettant plus aux règles d’un monde dont la folie n’échappe plus désormais à personne, ne s’agit-il pas simplement de se poser la question de vivre vraiment et de quitter cette ère de la déraison pour entrer dans un XXIème siècle de la sagesse ? Mais encore faut-il retrouver la capacité à penser par soi-même. Et la question ne date pas d’hier, et rien n’est moins simple.

Au-delà de susciter le changement en soi, cet article est une solution assez détaillée où l’objectif est au moins de fournir une suite de solutions et aussi de montrer encore et encore ce qu’est un cercle vertueux, une réelle manière de penser le changement sur le long terme.

Un projet concret et simple: assurer des circuits-courts grâce à l’essor d’associations sportives dans nos villes de campagne (*)

Les associations fonctionnent à l’aide de bénévoles. Pour répondre au besoin de leur essor, il peut être nécessaire de faire appel à des professionnels. C’est une question essentielle notamment dans ces activités sportives où se posent les contraintes du recrutement des entraîneurs.

Un entraîneur sportif professionnel

Prenons l’exemple d’un club d’athlétisme avec une section éducative regroupant une douzaine d’enfants. Très concrètement, un bénévole assure un entraînement pour ces enfants et permet de réduire une cotisation à 70€ annuel. Ce qui reste accessible en comparaison de licences à 150€ que l’on retrouve dans d’autres sports.

Avec 25 enfants, il serait possible d’avoir un entraîneur professionnel mais cela impliquerait une licence d’au moins 120 euros. Et pour avoir 25 enfants, il faudrait déjà avoir l’entraîneur tandis que les bénévoles ou parents ne se trouvent pas forcément facilement et que sans formation préalable, l’encadrement d’un tel groupe n’est pas à la portée de tout le monde.

C’est donc une situation de blocage.

Un financement pourrait dénouer la situation sur quelques années le temps de développer ce club, et ainsi permettre de dépasser un seuil d’effectif. Avec les réductions de budget, de telles subventions ne sont toutefois pas faciles à obtenir, et cela se comprend. D’autre part, la taille de la ville ne permet pas forcément d’atteindre des seuils d’effectifs suffisants.

Il n’y aurait donc pas vraiment de solution ?

Et il y a d’autres problèmes. Certains diraient: malheureusement, tandis qu’en réalité, ils vont être considérés ici comme des chances, comme autant d’indices pour trouver une solution globale qui les réconcilie.

La question du transport des enfants

Le transport est une autre contrainte qui impacte les effectifs. C’est tout simplement la nécessité d’accompagner les enfants sur le lieu de leur pratique sportive. En effet, chaque adulte amène un ou plusieurs enfants pour le début de la séance, repart à ses activités, puis, pour la fin de la séance, revient sur le lieu d’entraînement, et raccompagne le ou les enfants à leurs domiciles.

Il faut vouloir et pouvoir faire ces deux allers-retours. La distance joue défavorablement et de plus, le jour de l’entraînement peut être rédhibitoire selon l’emploi du temps des parents et donc empêcher son inscription d’entrée de jeu.

Et lorsqu’il s’agit de couples aux horaires décalés où l’une est infirmière et l’autre transporteur avec deux enfants ayant chacun leur activité, alors là, cela devient vraiment difficile. Mais des parents le font et peuvent être admirés pour cela.

Et sous toutes ses formes, cette participation des parents aux activités associatives de leurs enfants est une reconnaissance et un respect certainement nécessaire aussi pour l’implication des bénévoles.

Pour autant, que cette participation soit implicitement réservée au transport n’est pas forcément la meilleure ou en tout cas la seule possibilité. Qu’une douzaine de voitures viennent sur les lieux d’entraînements n’est ni passionnant pour les parents ni pour les enfants. Et ce n’est pas simple à gérer en terme de parkings, cela cause des dangers importants pour des enfants, cela pollue, et c’est aussi une grosse perte de temps. Enfin, bien des associations usent de ce principe depuis de nombreuses années voire des décennies comme étant le minimum à exiger des parents, sans pour autant que cela ait jamais permis d’obtenir leur réelle implication.

Faire cela toutes les semaines pour ses différents enfants ne donne pas envie de le recommencer à de nouvelles reprises pour des compétitions le week-end. Ce sont pourtant dans ces compétitions que les enfants aiment à susciter plus encore l’attention de leurs parents.

A l’occasion de la trentaine d’entraînements ayant lieu par an, ne serait-il pas plus intéressant que chaque parent puisse participer par exemple à 3 entraînements par an pour aider mais aussi découvrir comment cela se passe ? Ou donner un coup de main à l’organisation des compétitions ?

On pourrait ainsi demander explicitement une participation sur un rôle moteur plutôt qu’implicitement sur les transports et un rôle rébarbatif après une journée de travail. Mais encore faudrait-il trouver une réponse à ce problème du transport ?

Une solution pour les transports

L’idée serait celle de la création d’une association de développement local qui se chargerait notamment du transport des enfants mais aussi des adultes. Cette association pourrait être liée à d’autres activités comme par exemple un comité des fêtes.

Cette association permettrait de raccompagner les enfants, et sans que ce soit bien sûr une obligation.

Typiquement, un minibus viendrait ainsi chercher et raccompagner les enfants les uns après les autres en optimisant son parcours et mutualisant ainsi le coût du transport. Un seul aller-retour serait donc nécessaire contre deux allers-retours lorsque ce sont les parents qui s’en chargent.

Le coût

Considérons alors qu’une vingtaine de kilomètres soit nécessaire pour raccompagner la douzaine d’enfants évoquée pour cette section d’athlétisme, soit 10 km à l’aller, et donc 10 km au retour.

Certains rentreraient déjà à pied et un véhicule avec 8 places passagers suffirait pour transporter tous les autres. Pour un tel véhicule (par exemple, un Nissan Primastar), le prix de revient est entre 5€ et 8,2€ (0,25€ par km pour 20 000 km/an sur 10 ans ou 0,41€ par km pour 10 000 km/an sur 10 ans).

Dans le cas où une personne salariée au SMIC effectuerait le transport, il y aurait un coût supplémentaire de 4€ pour 24 minutes

Soit un coût total entre 9 et 12,2 euros. A multiplier par 32 semaines et à diviser par 8 personnes pour obtenir un coût annuel par personne entre 36€ et 48,8€.

Compte tenu que le minibus fait 1 AR tandis que les parents ont font 2,  et que le trajet du minibus permet de partager les déplacements, le coût équivalent pour un parent avec son propre véhicule serait en moyenne supérieur à 2 * 20 km / 8 x 0,35€ * 32 = 56€ sans compter le temps perdu sur les trajets dont le coût au SMIC s’évalue à 2 * 4 / 8 * 32 = 32€.

La mutualisation est donc très intéressante, même si elle est à étudier en fonctions des adresses précises. Et il faut pouvoir bénéficier d’un véhicule qui fassent ces 10 000 km ou 20 000 km par an.

Enfin, intégrer dans ce transport un enfant ou une personne très excentrée de 10 km par rapport au lieu d’entraînement provoquerait le doublement du coût pour tout le monde. Ce qui peut poser un sérieux problème pour faire accepter ce concept dans ce cas particulier. Faut-il éliminer ces cas particuliers ?

Toujours est-il que désormais il y a déjà une solution où l’association s’occupant du transport des enfants demanderait une cotisation entre 36€ et 48,8€ à l’année tout en faisant économiser environ 56€ aux parents et leur évitant de consacrer inutilement du temps pour 2 allers-retours en voiture pour chaque entraînement.

Des enfants raisonnablement excentrés pourraient plus facilement participer, la question de l’heure et du jour de l’entraînement ne serait plus une contrainte rédhibitoire pour le choix de s’inscrire à un sport, la possibilité récurrente de s’entraîner sur un lieu excentré serait facilitée et de même pour le transport jusqu’aux lieux de compétitions.

Enfin, une convivialité nouvelle se créerait dans ces bus aussi bien pour les enfants que pour des adultes qui eux aussi pourraient abandonner leur véhicule particulier. Et nul doute que les parents pourraient être sollicités sur d’autres actions que le transport.

Mutualiser les transports associatifs et ceux propres aux circuits-courts

L’idée pour permettre à des personnes excentrées de venir sur les lieux d’entraînements et d’apporter du financement pour payer des entraineurs professionnels serait de mutualiser le transport avec celui nécessaire à la mise en place de circuits-courts.

Ainsi, lorsque l’enfant ou l’adulte serait raccompagné par le minibus, le principe serait de rapporter en même temps des commissions commandées auprès de producteurs locaux.

Dans les jours précédents l’activité, des commandes seraient effectuées au moyen d’un site Internet ou d’une application pour portable. Ensuite, au cours des heures précédant les entraînements, les commissions de l’ensemble des parents ou adultes utilisant le minibus seraient constituées auprès des producteurs, puis préparées.

Lors du retour au domicile pour raccompagner les personnes, il n’y aurait plus alors qu’à retirer le sac contenant ces commissions pour chaque famille.

Afin de rendre ce principe fonctionnel, une marge sur ces produits locaux, de l’ordre de 20%, serait perçue et utilisée afin de:

  • rembourser tout ou partie du coût du transport
  • permettre la gestion de ces circuits-court et notamment de la plateforme informatique
  • participer au paiement d’un entraîneur dès lors que ce projet serait utilisé plus largement.
  • participer au développement économique local et y compris en permettant de lancer d’autres projets

Intégrer un enfant très excentré à 10 km de distance du centre sportif impliquerait de couvrir un coût du transport entre 9€ et 12,2€ par entraînement. Pour être financée, il suffirait que cette somme ne dépasse pas 20% du total des achats locaux de la famille correspondante. C’est-à-dire qu’ils effectuent entre 45€ et 61€ par semaine d’achats de produits locaux. Ou encore, entre 170€ et 244€ d’achats par mois, et en ne comptant que les 32 semaines d’activité.

Dans le cas d’enfants dont aucun ne serait très excentré, ce serait donc une somme d’achats 8 fois moindre par semaine soit entre 5,6€ et 7,6€ d’achats qui serait suffisante pour pallier rien qu’au coût du transport et donc ne rien ajouter du tout au coût de la licence sportive.

En effectuant des achats entre 170€ et 244€ par mois, pour chaque famille d’enfants, cela représenterait un apport annuel pour l’association entre 2176€ (170 * 20% * 8 mois * 8 enfants) et 3123€ (244  * 20% * 8 mois * 8 enfants). Sachant que le coût annuel du transport est entre 288€ et 390€, il resterait largement de quoi payer un entraîneur dont le coût annuel est de 1500€.

En refaisant les calculs avec 25 enfants, on arrive alors à un bénéfice de plus de 5000€, et là encore, effectivement, nul doute qu’il puisse être fait appel à un entraîneur professionnel.

Sur 5 associations tirant parti de cette solution de mutualisation, le bénéfice pourrait aussi participer largement au paiement de la plateforme logicielle sur le principe de l’open-source et donc d’un partage entre différentes associations au sein d’autres Communes.

Et d’autres projets comme celui parmi tant d’autres pourraient voir le jour.

La validation de l’hypothèse sur le kilométrage

Chaque jour, ce principe serait utilisé pour l’association correspondante ayant son activité le jour même. Sur cinq associations pratiquant à des horaires décalés et en imaginant que ce minibus tourne ainsi à 20km par jour pour accompagner, et à 20 km par jour en moyenne pour aller chercher des produits, il y aurait un kilométrage de 40 * 5 * 32 = 6400 km.

Le même véhicule pourrait aussi servir pour mutualiser d’autres déplacements sur les compétitions, les entrainements excentrés, les manifestations, ou même des vacances organisées et l’hypothèse basse de 10 000 km serait ainsi cohérente.

L’algorithmique de la tournée des producteurs

A terme, une partie des producteurs seraient visitée chaque jour afin d’obtenir des produits pour répondre aux demandes. Une partie de ces produits serait livrée et une autre serait stockée.

La tournée des producteurs pourrait s’effectuer pendant les entraînements, voir à d’autres moments selon la demande plus ou moins importante.

Il y a d’abord l’enjeu NP-complet de l’optimisation des trajets pour le transport plus connu sous le terme du « problème du voyageur du commerce » et notamment de son algorithme du recuit-simulé issu de la résolution de problèmes en thermodynamique. Mais il y aurait aussi le calcul journalier d’une solution optimale satisfaisant aux contraintes logistiques. Typiquement, l’utilisation d’un logiciel générique de résolution de contraintes pourrait convenir. Il serait aussi possible d’adopter une programmation plus spécifique en se basant sur l’usage d’un langage de programmation logique comme Prolog pour fournir des solutions optimisées à ces problèmes d’intelligence artificielle.

Pour autant, ces solutions sont non nécessairement optimales. D’un côté, le passage typiquement d’un rendement de 95% à 100% (correspondant à des solutions optimales en temps ou/et en ressources) peut démultiplier les temps de calcul par plusieurs millions de fois, de l’autre, une solution humaine et simplifiée serait par exemple de l’ordre de 30% de rendement. Il s’agit donc de trouver le compromis adapté, entre simplicité de l’algorithme, temps de calcul, et optimisation des ressources et du temps.

Le logiciel gérerait ainsi le travail à réaliser chaque jour, le planning, et les trajets à partir des données dont il serait alimenté.

Un tel travail peut donc aussi se résoudre sans logiciel et se satisfaire d’une solution plus ou moins triviale, satisfaisante sur des cas simples et bien sûr des expérimentations, mais forcément pas du tout optimisée, et dont le coût augmente tout ou partie exponentiellement, et au moins polynomialement dès lors que la demande augmente.

En avance sur ces questions de circuits-courts, l’association Paysans-Artisans, située en Belgique, procède elle-même au moyen d’une solution intermédiaire.

Conclusion

Ce projet est parfaitement faisable, mais c’est dans la manière de penser que cette approche peut avoir du mal à être comprise. Il ne s’agit pas d’analyser statiquement la solution en imaginant ses impacts sur la situation actuelle et d’y trouver des points rédhibitoires, mais bien de voir que c’est une dynamique où les contraintes se lèvent dans le temps les unes après les autres. Il ne s’agit pas d’y reconnaître qu’une solution mais surtout un enchaînement de solutions où chaque étape fournit les clefs de l’étape suivante. C’est le cercle vertueux.

Et quelle est la première étape ? Expérimenter et cela sans forcément investir. Une voiture avec un adulte et 3 ou 4 enfants peut parfaitement permettre d’en étudier le principe. Et le simple fait de lancer cette expérimentation serait donc l’opportunité de permettre d’obtenir des financements participatifs ou issus de fonds d’investissements, de solliciter une subvention régionale et la participation de sponsors.

… et à l’avenir

Bien des avantages supplémentaires entreraient en compte par la suite ainsi que la possibilité de s’ouvrir à de nouvelles perspectives:

  • Revenir d’un entraînement le soir avec son plat déjà préparé serait aussi possible pour tirer parti de la présence de restaurateurs locaux.
  • D’une semaine sur l’autre, les boîtes d’emballages pour des produits utilisés de manière récurrente pourraient être réutilisées, et y compris pour le lait qui retrouverait ses bocaux d’antan.
  • En rendant inutile de tels emballages, cela participerait à diminuer encore les dépenses communales.
  • Bien des producteurs retrouveraient de meilleures conditions de travail en leur offrant un nouveau circuit de distribution avec de bien meilleures marges, d’autant que l’association serait à but non lucratif et qu’ils en feraient certainement partie.
  • En augmentant leur production, le prix de revient des produits locaux diminuerait, et la vente dans les chaînes de distribution locale ou les épiceries serait facilitée à terme. La vente directe via ce moyen de distribution avec un minibus ne serait donc pas concurrentielle à moyen terme, mais surtout pourrait être accompagnée par ces enseignes locales ou nationales dès le lancement d’un tel projet. Ainsi, il est de raison d’imaginer que d’autres produits complémentaires puissent être livrés par le même procédé. Des produits issus de ces mêmes enseignes qui pourraient aussi permettre de bénéficier de la location des véhicules dont certaines offrent le service.

Il serait important que tous les acteurs locaux ou au-delà soient associés à une telle démarche. A court terme, il est naturel de penser aussi à La Poste qui a des enjeux à relever face à l’évolution de son marché et de sa position privilégiée pour tirer parti de l’usage des circuits-courts. Ainsi, la livraison de paquets ou de courriers pourrait elle aussi se mutualiser sur ce même principe.

De tels acteurs pourraient ainsi voir leur intérêt d’investir dans ce projet tandis que s’adapter ou disparaître se résume parfois à la différence entre s’engager et calculer.

La technologie ne serait pas non plus en reste tandis que des minibus autonomes ont vu le jour en France et qu’un animateur dans le minibus plus qu’un conducteur serait un atout supplémentaire.

Localement, bien des choses sont à faire pour améliorer le quotidien, et ce serait donc aussi un départ pour une plateforme logicielle d’économie locale, et un moyen d’investir ce champ d’application pour le bénéfice de tous.

Pour autant, parmi tous ses acteurs, il y aurait donc les producteurs, mais aussi un lien beaucoup plus fort avec les consommateurs que cette association pourrait animer pour permettre à tous de progresser, de partager les expériences et d’aller de l’avant, à l’image de ce qui est promulgué par l’association Tamadi en Europe et sur d’autres continents.

(*) une version moins élaborée de ce projet a déjà été présentée lors d’un autre article

Le cercle vertueux de la bio(dynamie)

Un documentaire « Le veau, la vache et le territoire » vient de voir démarrer sa diffusion sur les chaînes publiques.

A recommander vivement pour tous et toutes, enfants compris (*). Cela ne peut faire que des émules de voir ce paysan se « réapproprier » son métier. Paysans qui sont à l’avant-garde lorsqu’il s’agit de penser par eux-mêmes: disons-le clairement, ce sont les nouveaux vrais philosophes du cercle vertueux.

Des hommes près de la nature, cette grande bénévole génératrice de richesses dont on évaluerait la production à 2,5 fois le PNB mondial. Cette nature avec laquelle ces paysans travaillent, et qu’ils ont appris à écouter.

Une nature qui fait du bien, des hommes heureux de vivre pleinement, et qui donne donc à penser que le métier de paysan va en tenter plus d’un dès lors que les réseaux locaux de distribution assureront plus facilement leurs revenus. Et cela grâce aussi aux réseaux d’aides très développés sur l’exemple de ce département de la Loire-Atlantique dont est issu ce paysan, présent à Nantes lors d’une première diffusion du film, jeudi soir dernier au cinéma Concorde.

Bande annonce sur:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/documentaire-inedit-le-veau-la-vache-et-le-territoire-petit-precis-de-biodynamie-835321.html

Diffusions:

SAMEDI 21 NOVEMBRE 2015 À 15H20 sur France 3 Pays de la Loire, Bretagne, Haute et Basse Normandie, Paris Île-de-France et
Centre Val de Loire. (rediffusion le vendredi 27 novembre à 8h50).

MERCREDI 25 NOVEMBRE À 0H10 sur France 3 Pays de la Loire.

LUNDI 7 DÉCEMBRE À 0H10 sur France 3 (La Case de l’oncle Doc).

(*) A noter: ces images ou propos peuvent parfois heurter la sensibilité de  jeunes ou vieux politiques lorsqu’ils vont prendre conscience clairement non seulement d’une inutilité qui dépasse le cadre du déni, mais aussi qu’une bonne partie de l’avenir va devoir s’écrire officiellement sans eux par une relocalisation des pouvoirs dans des formes plus modernes de participation citoyenne locale.

NB: Un article lié au contenu du film: http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20150616.OBS0886/60-ans-que-l-agriculture-a-tout-faux.html

Ce documentaire n’est plus en replay mais il est possible de le retrouver  à: http://9docu.com/regarder-et-telecharger-le-documentaire-le-veau-la-vache-et-le-territoire-petit-precis-de-biodynamie-gratuitement/

Post Scriptum: Le terme biodynamie n’est pas à utiliser indifféremment du celui de biologique ainsi que cela est précisé au sein de la thèse Histoire de l’agriculture biologique : une introduction aux fondateurs, Sir Albert Howard, Rudolf Steiner, le couple Müller et Hans Peter Rusch, Masanobu Fukuoka. C’est aussi vivement contesté par d’autres sources reprises sur le Web. Le lien particulier et ancestral des paysans à la terre fait sûrement que cette question restera ouverte encore longtemps.

Le premier projet à lancer pour sauver notre planète

C’est en discutant avec un ancien d’Airbus au sujet des avions à décollage vertical que j’ai repensé à ce film de Luc Besson, le 5ème Elément.

On y voit une ville futuriste aux voitures volant et se croisant en 3 dimensions, dans les airs, au milieu des buildings.

Retenons-en un instant le principe pour imaginer ce que que serait une ville comme Paris dans quelques années avec des voitures autonomes.


Et il s’agit là de quitter le cercle vicieux obtenu au bout de 30 ans d’absence de vision et de choix d’avenir. Cercle vicieux qui fait que beaucoup de Français passent des heures dans les transports et les bouchons, soit facilement 25% de leur temps de travail avec deux heures de trajet aller-retour, tandis que notre société de plus en plus menée par des purs gestionnaires financiers cherche à grapiller quelques ‰ pour améliorer la productivité.

Ce projet est une vision en terme de conception avec une rupture comparable à celle d’une pelote de laine dont tous les défauts se dénoueraient en une surprenante simplification. C’est un cercle vertueux.

Pour autant, ce projet est sûrement difficile à croire possible car cela fait effectivement très longtemps que notre société ne change plus et n’est donc plus habituée à changer. Ce projet devrait ainsi s’imposer comme une évidence si l’on était entraîné à travailler sur la représentation et si l’on connaissait la réponse de la dialectique au « oui, l’idée est bonne mais dans le cas où … ». Et tandis même que le niveau de complexité de cette solution sur son plan technologique ne peut se comparer à la complication des projets actuels communément surnommés « usines à gaz ».

L’usage exclusif de voitures autonomes pour réduire le traffic et la pollution

Tout d’abord, les constructeurs automobiles français construiraient des voitures hybrides essence/électrique à conduire classiquement mais aussi capables d’être guidées par GPS et sans conducteur. L’idée, c’est que ces voitures autonomes soient plus que de simples véhicules de test. L’idée, ce serait qu’il n’y ait plus que des véhicules de ce type au sein des grandes agglomérations. Dès qu’une voiture hybride franchirait l’entrée d’une ville comme Bordeaux ou Paris – ou de son centre ville dans un premier temps -, un système de régulation informatique prendrait le contrôle.

En fonction de sa destination et de l’heure d’arrivée souhaitée – urgente, professionnelle, rapide, croisière, touristique ou détente pour discuter -, d’autres personnes seraient potentiellement accueillies sur le chemin, en plus ou moins grand nombre.

Comme ces voitures seraient obligatoirement électriques, la pollution disparaitraît dramatiquement. Et leur nombre important décroîtrait pareillement en raison d’un partage massif de leurs utilisations.

Dès qu’un conducteur arriverait à destination, sa voiture serait rechargée dans la station la plus favorable et pourrait servir à d’autres personnes. Le soir, ce conducteur la retrouverait au même endroit ou après un changement de voiture sur le chemin de sa destination. Bien sûr, plus de risques d’avoir un accident ou de retrouver sa voiture abimée par une personne qui l’aurait empruntée puisque c’est le système informatique qui se charge de la conduire. Et en connaissant les positions de tous les véhicules à tout instant.

Bien sûr, il y a les piétons, mais il y a déjà une solution technique au problème tandis que des voitures autonomes sont déjà autorisées à rouler dans certains Etats américains. Toutes les sécurités nécessaires seraient mises en place et particulièrement lorsqu’il s’agit d’un adolescent ou d’un enfant: par exemple, une sonnerie particulière sur son portable ou la vibration de sa montre connectée. Bien sûr, la personne à la place conducteur restera vigilante et pourra intervenir en cas d’urgence soit en signalant un risque, soit en reprenant le contrôle du véhicule.

Avec un bien meilleur taux de remplissage des voitures, l’utilisation automatisée d’itinéraires de délestage, l’optimisation du trafic avec des feux à la fréquence adaptée, il n’y aurait plus de bouchons non plus. Il y aurait ce contraste de voitures roulant beaucoup moins vite tout en voyant leur vitesse moyenne augmenter considérablement puisque le trafic serait plus fluide. Plus jamais l’automobiliste attendrait à un feu s’il n’y a ni piétons sur le passage clouté ni véhicules empruntant la voie perpendiculaire.

Du coup, il y aurait moins de risques pour les piétons et les feux réagiraient avec plus d’efficacité à leurs demandes.

Les bénéfices indirects sur la vie quotidienne

C’est tout d’abord la santé qui y gagnerait à la fois par absence de pollution provoquée notamment par les particules fines mais aussi par un mode de vie considérablement amélioré et incitant sans prise de risque aux déplacements verts à pieds et en vélo.

Et il y aurait aussi une autre conséquence: il n’y aurait plus de vols dans les villes. Comment voulez-vous faire pour dévaliser une banque avec une voiture dont un système informatique a le contrôle et peut décider à tout moment de vous déposer devant le commissariat le plus proche ? En terme de sécurité, il y aurait aussi un impact énorme tandis que les véhicules pourraient relayer des informations sur d’éventuels dangers de manière coordonnée en les transmettant au même système informatique de contrôle.

Bien sûr, cela rendrait obsolète le contrôle du suivi de certains règlements puisqu’ils seraient respectés de fait: par exemple, les vitesses de circulation, l’usage des parcmètres ou les priorités de stationnement pour les handicapés. Il serait toujours possible de se garer puisque l’éventuel surplus de voitures issues de l’extérieur de Paris resteraient dans les parkings relais, où à peine descendu de voiture, le conducteur pourrait reprendre une voiture autonome l’emmenant dans la ville. Il n’y aurait donc plus à payer pour le stationnement. Ce principe d’utilisation de voitures partagées aurait quelques possibles exceptions, notamment pour les artisans qui ne peuvent qu’utiliser leurs véhicules professionnels.

Quant aux véhicules prioritaires tels ceux de SAMU, ils pourraient aussi rejoindre très rapidement les hôpitaux tandis qu’un algorithme spécifique du système informatique gérerait à cet effet les flux concurrents de voitures.

La ville du 21ème siècle

Mais le plus gros impact serait sur la transformation de la ville. Sur l’exemple des lignes ferroviaires, la plupart des rues seraient en simple voie. A ceci près qu’elles pourraient être empruntées dans les deux sens. Selon sa longueur, au point médian entre deux carrefours, chaque rue pourrait avoir une zone de croisement et/ou de parking, un peu comme pour une gare de train située sur une ligne de chemin de fer à voie unique. C’est le système informatique qui permettrait à la voie à tout moment d’être dans un sens ou dans l’autre selon par exemple qu’il s’agit d’un début de journée ou d’une fin de journée (*). Avec le grand nombre de places de parking devenues inutiles et la disparition d’un grand nombre de double sens dans les rues, les villes deviendraient des paradis pour les cyclistes et les piétons.

Et les bords d’immeubles pourraient même accueillir les petits potagers dont se sont mis à rêver les citadins. Tandis que les effets du changement climatique commencent à se faire sentir, le remplacement d’un pourcentage conséquent de béton au sein des villes par un sol naturel participera à fixer l’eau dans le sol, diminuer l’impact des inondations lors de pluies torrentielles, capter la chaleur, rafraîchir l’atmosphère grâce aux arbres et végétaux, commencer à restaurer une flore et une faune locales avec notamment de nouvelles espèces d’oiseaux aux habitats rendus de nouveaux possibles, etc.

En réduisant le niveau d’eau atteint lors des intempéries, il deviendrait aussi possible de diminuer le seuil des trottoirs, voire même de les faire disparaître, et d’ainsi transformer radicalement la vie des handicapés et personnes âgées ou malvoyantes.

Quant aux travaux de voirie, il ne serait plus nécessaire de casser à grand fracas de grandes surfaces en béton. Et ils seraient considérablement simplifiés, voire rendus inutiles tandis que la capacité des réseaux d’eaux pluviales pourrait être diminuée ainsi que celles des eaux usées au moyen d’espaces de phytotraitement agrémentant les jardins sur le même principe que pour les piscines naturelles.

Un nouveau vivre-ensemble sur les déplacements

Avec les économies que ce système engendrerait par son optimisation drastique de l’usage des voitures, il y aurait de quoi payer une retraite dorée aux taxis (**). Encore que ces taxis auraient la possibilité d’être reclassés et davantage d’emplois créés car un vrai progrès ne va pas sans convivialité. En effet, en plus des voitures, des minibus d’une dizaine de personnes, déjà commercialisés en 2014, pourvoiraient aux trajets les plus empruntés dans la ville, et un accueil sur ces déplacements plus ou moins longs serait un élément important afin d’effectuer des animations.

Sans oublier que la fluidité du transport serait telle que le confort dans les déplacements serait considérablement amélioré. Certains de ces bus pourraient ainsi avoir une fonction de restauration intégrée permettant à la fois de déjeuner tout en se rendant sur son prochain lieu de rendez-vous. Lors d’événements, des navettes seraient affectées dynamiquement aux maillons importants du réseau afin d’éviter les files de voitures. Du fait des économies considérables en paiement de parking, du temps gagné et du partage de ressources, le coût des transports serait considérablement abaissé.

Les conditions juridiques pour y parvenir

Pour que cela soit faisable, il faudrait simplement faire voter une loi qui amène les constructeurs automobiles à réserver une place pour un module optionnel au sein de chaque véhicule afin de lui permettre d’avoir une conduite autonome. Module qui deviendrait obligatoire jusqu’à renouveler un nombre suffisant de véhicules citadins y compris en proposant des incitations fiscales. Ce nombre critique serait bien moindre que celui de tous les véhicules roulant en même temps dans Paris, et bien sûr à l’exclusion de ceux garés qui ne servent à rien… Ces véhicules hybrides devraient être pourvus d’une boite de vitesse et d’un système de freinage régulés par électronique. Quant aux véhicules polluants, ils resteraient en périphérie et le covoiturage autonome et automatisé garantirait de réaliser les trajet souhaités.

Quant aux solutions de nos gouvernants, il serait temps de les oublier: la circulation les jours pairs ou impairs selon sa plaque d’immatriculation, éliminer le diesel après l’avoir incité pendant des décennies, ou encore interdire les véhicules anciens dont la plupart ne polluent probablement pas plus que les neufs (article à paraître). Tous ces beaux dossiers prioritaires pourraient être recyclés en déchèterie. Nul besoin non plus d’attendre que Google lance un tel projet pour nous en France avec sa voiture autonome.

La faisabilité technique

Développée notamment par des ingénieurs et élèves-ingénieurs de la junior-entreprise d’une école bordelaise, un système de synchronisation des feux dénommé Gertrude est très démonstratif sur le sujet depuis bien longtemps. Pour convaincre les prospects lors de démonstrations à Bordeaux, ceux-ci étaient invités près des quais de la ville, et devant eux, le système de régulation était débranché et les bouchons se développaient alors rapidement. Avant bien sûr de rebrancher de nouveau la supervision et de voir les flux automobiles redevenir réguliers.

C’était il y a plus de 30 ans, du temps de Chaban-Delmas …

(*) Même si la solution optimale à un tel problème est sans aucun doute de classe NP-Complet, des solutions approchées peuvent être trouvées et auront un impact bien supérieur à celui d’une simple régulation des feux.

(**) Cela va beaucoup plus loin qu’un système comme Uber mais cela n’a pas du tout la même philosophie. Il suffit d’aller voir le site d’Uber pour comprendre que leur petit progrès obtenu par la technique est d’abord une régression sociale car, sans contrepartie, elle participe à détruire des emplois, et donc des personnes, et donc des familles, par une simple et réelle concurrence déloyale. Si Uber ne fait pas la même chose que les taxis, alors pourquoi est-ce que son site ne fait que comparer ses offres à celle des taxis ? Ce n’est pas l’esprit sympa de blablacar ou leboncoin, c’est UberLux, « Le LUXE ULTIME », « Le luxe au meilleur prix ». « Plus simple et plus fiable qu’un taxi pour un prix comparable ». « Votre chauffeur privé, quand vous le souhaitez ». UberTAXI: « Plus besoin de héler votre taxi au loin ni d’avoir du liquide. » Bref, c’est répugnant. Et bien entendu que c’est totalement contraire à notre démocratie d’imposer des règles aux uns et pas autres, et heureusement, les préfets sont en train de prendre leur responsabilité. A ce sujet, des informations sont données sur Rue89 et la discussion s’est engagée sur le forum.

Une solution pour devenir agriculteur-maraîcher et en vivre

Cet article est une solution proposée pour être agriculteur-maraîcher aujourd’hui, bien gagner sa vie et vivre autrement, mais pleinement, ce métier indispensable à la vie de chacun d’entre nous. Et je la soumets au débat.

Voici une liste de problèmes qui se posent à un maraîcher pour gagner sa vie:

  • la rafle des intermédiaires et leur position dominante
  • la contrainte de devoir produire beaucoup pour diminuer ses charges d’exploitation
  • les conséquences d’une certaine forme d’industrialisation du travail amenant à l’utilisation de produits chimiques pour rationaliser au maximum les méthodes de culture tout étant dangereuse pour le consommateur comme pour le producteur
  • la contrainte de devoir constamment s’aligner avec la concurrence nationale voire internationale qui n’a pas forcément les mêmes contraintes.
  • le fait de devoir être subventionné ou financé par des organismes qui vous fixent des contraintes drastiques,
  • la mondialisation et le fait de voir ses prix soumis à la spéculation sur les marchés financiers,
  • le coût du transport et des emballages,
  • le gâchis des grandes surfaces qui diminue indirectement la marge des agriculteurs,
  • la vente de fruits et légumes cueillis à l’avance et pas au meilleur moment pour le consommateur,
  • le coût écologique induit par les transports et le déplacement des clients jusqu’aux distributeurs qui, en se raréfiant, augmentent encore à la distance pour le consommateur, typiquement jusqu’aux seules grandes surfaces,
  • l’absence de contact avec le consommateur, le vrai client final de l’agriculteur, et de son retour sur les produits,
  • le fait pour le client de devoir prévoir la bonne quantité de fruits et légumes à acheter sous peine d’en gâcher une partie, à ne pas oublier de les peser dans les étalages lorsque ce n’est pas en caisse,
  • l’impossibilité de vendre certaines espèces non réglementées et le manque de goût de bien des produits tels que les tomates.

Alors des solutions apparaissent et s’orientent vers les circuits courts. Il y a ainsi les paniers au sein d’AMAP, la vente directe, ou encore des solutions de regroupement de producteurs qui tirent parti des technologies Internet.

Cela continue à poser des problèmes tel que le manque de liberté dans ses choix pour le consommateur, le coût à distribuer directement ses produits malgré la suppression des intermédiaires, ou encore les marges commerciales des sociétés permettant des regroupements. Il y a la difficulté à se faire connaître pour ces producteurs et le fait que ces solutions puissent se développer à grande échelle et entrer dans les moeurs. Tout le monde ne fait pas de ses achats des actes militants telle une vraie lutte contre un « système » dont pourtant les français, ceux qui sont sur le terrain des difficultés de notre pays, ne veulent plus à une majorité évidente.

En France, on a maintenant du pétrole mais on n’a plus d’idées ?

Alors voici une solution simple qui résout l’ensemble de ces problèmes, peut fournir du travail, participer à développer une agriculture à taille humaine et favoriser d’autres méthodes de culture. Pour cela, avançons d’un an dans le temps que je vous raconte la vie d’un agriculteur-maraîcher au quotidien.

« Le maraîcher dont je parle n’a plus forcément de grandes terres à lui. Il s’est mis à son compte sans avoir à faire de gros emprunts. Par contre, il a tout de même du matériel et surtout, beaucoup de savoir-faire. Habitant dans ma petite ville à la campagne, toutes les semaines, il se rend jusqu’à ma maison et passe par le portail menant à mon jardin. Et il oeuvre à s’occuper de mon potager et de mes arbres fruitiers. Il n’est pas bien grand mon potager, une centaine de mètres carrés, et c’est lui qui s’occupe de tout ou presque. C’est quand même à moi d’arroser mon potager le soir. Et parfois aussi chez mes voisins quand ils sont en vacances. Un peu comme mon maraîcher qui s’occupe justement aussi de leur potager, et profite des portes que nous avons placées sur nos haies mitoyennes.

Alors le soir, plus besoin d’aller au magasin pour prendre une salade et j’ai le plaisir d’aller la cueillir dans mon jardin. Ce que j’aime aussi c’est que mon maraîcher maîtrise le calendrier: non seulement, j’ai une idée de quand mes fruits et légumes seront à cueillir mais en plus je peux bénéficier des cultures de mes voisins et des autres clients de mon maraîcher. Quand mes haricots verts sortent tous en même temps, je les partage avec mes voisins et réciproquement. Le soir, c’est donc aussi le plaisir de retrouver des tomates de mes voisins car chacun d’entre nous s’amuse à choisir sa propre espèce et c’est un plaisir d’en découvrir de nouvelles chaque année.

Cela a changé ma vie et aussi mes relations avec mes voisins. Et pas seulement à la fête des voisins et de son concours des meilleurs fruits et légumes. Il y a plus de partage. Au lieu des murs qui nous séparaient, nous avons mis des haies et participé à récréer de la biodiversité. Au départ, implanter ces haies, c’était simplement dans le cadre de la permaculture adoptée par notre maraîcher. Ainsi, toutes les tailles de ces haies mais aussi de nos fruitiers et autres arbres, servent d’engrais une fois qu’elle ont été broyées. Recouvrir les sols de broyas limite ainsi l’arrachage des mauvaises herbes et préserve l’humidité des sols.

Ces haies nous ont aussi permis de faire des portes pour faciliter le travail du maraîcher qui n’a plus besoin d’avoir nos clefs de maison. Avec mes voisins nous avons désormais d’autres idées pour profiter de notre mitoyenneté: au centre commun de nos 4 parcelles, on a ainsi l’idée de faire un poulailler commun ainsi qu’une éolienne pour notre électricité.

Mais surtout, avec ces techniques de maraîchage qui laissent loin derrière la productivité de l’agriculture intensive, 2000 mètres carrés suffisent à nourrir 20 familles de notre petite ville de campagne (*) et à donner un bon salaire à notre maraîcher. Alors il n’y a plus un mois qui passe sans qu’un nouveau maraîcher s’installe dans notre commune grâce à une plateforme associative nationale mettant, c’est le cas de le dire, le pied à l’étrier.

Cela me fait sourire de penser que mon maraîcher est devenu prestataire de services. Et il utilise la plateforme logicielle à laquelle j’ai participé, au sein d’une communauté open-source fournissant des solutions libre de droit pour l’économie locale. C’est grâce à cette plateforme que nous réalisons nos échanges entre voisins pour bénéficier des cultures des autres et éviter de perdre des surplus. Je peux ainsi réserver des légumes chez mes voisins et retrouver mon panier le soir déposé dans mon jardin par notre maraîcher.

Par ailleurs, l’association nationale, dont fait partie notre maraîcher, nous assure de sa solidarité en cas de catastrophe naturelle et de la perte de nos récoltes. C’est le seul cas où les différentes instances départementales de cette association font se déplacer des camionnettes avec une partie des récoltes de chaque potager pour faire de grandes distances. C’est comme on dit l’exception qui confirme la règle. »

Voilà. C’est juste l’idée, toute simple. Trop simple ? Il suffit de regarder la liste des problèmes évoqués au début de cet article pour réaliser que ceux-ci n’auraient pu lieu d’être. Et aussi d’envisager de recréer localement un nombre considérable d’emplois.

Ceux qui lisent ces lignes et veulent en débattre peuvent aussi aider à en faire un vrai projet. Un projet libre fournissant une solution détaillée, le moyen d’acquérir le savoir-faire et les outils informatiques. Et pour développer la solution et bénéficier des contributions libres d’une communauté à développer. Mon email: laurent@wyje.fr

(*) Plusieurs sources font état de tels résultats. Il s’agit notamment de la Ferme du Bec Hellouin. Sur le même thème, on peut consulter On-peut créer 600-000 emplois dans l’Agriculture, ou approfondir sur Terre de liens.

La relocalisation de l’économie, à portée de mains

DSCF1596

Tout le monde connaît l’aberration qui fait qu’un produit local peut parcourir des centaines de kilomètres pour suivre les différentes étapes de sa commercialisation et parfois revenir chez un distributeur à quelques kilomètres de son producteur d’origine.

Effectivement, si je vais à la ferme à côté de chez moi pour chercher mon lait, non seulement, je risque de m’en lasser (quoi que ?), mais en plus, cela ne va pas intéresser l’agriculteur qui préfère s’occuper de centaines de litres de lait plutôt que de remplir mon bidon. C’est une question de temps et aussi d’argent.

Alors que faire face notamment à ce problème de distribution ?

Projection dans un monde relocalisé

Imaginons le monde de demain tel que nous le rêvons et prenons le cas de centaines de familles, disons 600 familles, se regroupant pour assurer leur courses collectivement. Ces familles habitent dans une même commune ou communauté de communes et sont donc relativement proches géographiquement. Idéalement, toutes ses familles sont livrées tous les jours de produits frais et autres produits locaux.

Une SCIC s’est créée – une société coopérative d’intérêt collectif – et un local est affecté à ses besoins. Une personne, Marc, est recrutée afin d’aller chez les producteurs de lait. Ainsi, tous les jours, Marc passe chez un producteur de lait pour s’approvisionner avec 200 litres de lait frais. La SCIC achète le lait à 0,50 euros, soit 10 centimes au-dessus du point d’équilibre (http://www.producteurs-lait.com/lait-les-producteurs-fixent-leur-prix.html) et il sera revendu 0.625 centimes soit 20% plus cher. Le producteur y est gagnant et le consommateur aussi car le prix est moins élevé que chez les discounters.

La SCIC a sélectionné ce producteur ou plutôt quelques producteurs – s’il y en a encore plusieurs dans la commune – en fonction non pas de leur prix mais du coût écologique de leur production. L’utilisation des énergies fossiles est ainsi pénalisante pour un producteur s’il souhaite avoir une plus grande part de marché tandis que l’élevage en plein air est au contraire favorisé puisque cela nécessite moins de ressources.

Les 20% de marge servent essentiellement à payer les salariés de la SCIC, le coût du transport et aussi à participer à ses projets, à savoir le développement local.

Et il n’y a pas besoin d’emballages car les bouteilles de lait sont en verre et sont consignées. Un code barre est gravé sur la bouteille et assure la traçabilité. Marc ramène ainsi les bouteilles vides et repart avec des bouteilles de lait pleines. Il achemine ensuite le lait jusqu’au local de la SCIC. Et puis Marc repart vers d’autres producteurs comme pour les fruits et légumes de saison.

Pendant ce temps, un autre employé de la SCIC s’occupe de regrouper les produits en fonction de leur village de destination et de leur acheteur final.

Et il ne reste plus qu’à livrer ! Et c’est là que cela se complique ?

La mutualisation du transport scolaire et de la distribution pour les circuits-courts

Non, car le Conseil Municipal des enfants a trouvé une solution. Les enfants ont décidé de nous aider pendant deux ans. Ces enfants ne sont pas exploités pour fabriquer des habits ou des téléphones portables en travaillant 10 heures par jour, même s’ils ont dans leur dos, une ardoise, non pas pour dessiner ou écrire, non, une ardoise de 2000 milliards d’euros que nous leur laissons (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France#mediaviewer/File:Dette_publique_France_1979-2014T2.png). Alors ils ont décidé de nous aider pas tant pour notre économie locale que pour éviter la catastrophe écologique annoncée.

Alors pendant deux ans, Marc partira du local de la SCIC pour aller au collège car ces 600 familles ont un point commun qui est qu’elles ont toutes un enfant au collège. Une fois au collège, les packages sont distribués aux différents cars qui desservent les villages. La SCIC a offert une tablette a chaque enfant, alors heureusement, il n’y a plus de manuel dans leur sac à dos et ces manuels restent au collège dans les casiers tandis que leurs versions électroniques sont dans la tablette. Chaque enfant peut même jouer dans le car avec ses copains car l’accès aux jeux se déverrouille dès qu’il entre dans le car.

A la sortie du car, chaque enfant repart avec des provisions d’un poids de moins de 1,2 kilogs soit moins que les 4 manuels scolaires qu’il emportait auparavant. Une fois rentré chez lui, il peut faire ses devoirs et peut même être aidé à distance grâce à sa tablette. Le transport scolaire est gratuit et subventionné aussi par la SCIC.

Un quotidien transformé

L’année prochaine, le car scolaire ira aussi dans les lotissements qui fonctionnent sur le principe d’habitat groupé qui a été rendu particulièrement incitatif par la loi Hollande de 2015 qui sera bientôt votée par l’Assemblée Nationale. Une fois sur place, l’employé de l’habitat groupé s’occupe d’acheminer les provisions jusqu’aux maisons dont il a les clefs. Dans ses habitats groupés, il y a aussi une salle commune pour se retrouver, organiser des soirées. Il y a la laverie et un atelier où l’on partage le matériel de bricolage. Le chauffage est collectif au moyen d’un chaudière à bois particulièrement performante. Des logements sont réservés aux personnes dépendantes: des personnes âgées ou handicapées. Il n’y a pas beaucoup de parkings et garages car un bon nombre des voitures sont partagées par les habitants. Du coup, avec la place gagnée, une piscine naturelle a pu être construite …

Les outils partagés par les habitants ont un coût élevé mais sont particulièrement robustes et ont une garantie de 10 ans. Ils sont fabriqués en Europe et y compris la machine à laver qui est produite par une PME française. Cette dernière n’a pas besoin d’en vendre des milliers pour rentabiliser ses investissements comme ce serait le cas pour une grande entreprise. Dans les pays où la main d’oeuvre est meilleur marché, les produits sont fabriqués à bas coût. Mais ils n’ont qu’une garantie réduite, sont conçus pour du bricolage occasionnel et ont une duré de vie artificiellement limitée. Ils ne rivalisent pas dans ce secteur haut de gamme des machines utilisées intensivement et avec efficacité.

Le cercle vertueux

De plus en plus d’agriculteurs s’installent dans la région et dans des exploitations plutôt petites qui de part leur rôle sur l’environnement ont un coût écologique ‘négatif’. Et avec de moins en moins de pesticides car ils y sont encouragés. Et les productions bios sont légions. Et plus d’emballages non plus pour les produits courants car les habitants utilisent des boîtes réutilisables avec un code barre comme pour les bouteilles de lait. Ce qui fait que les taxes sur les ordures ménagères ont été divisées par deux, soit 80 euros d’impôts locaux en moins par foyer sur une année.

Les maisons de retraite, les restaurants scolaires des écoles et aussi le collège sont livrés en produits locaux, avec un plus fort pourcentage de produits bios. Une étude à paraître a d’ailleurs montré que les enfants déjeunant dans une cantine avec un repas préparé sur place par un cuisinier mangeaient beaucoup mieux que les enfants à qui étaient distribués des repas industriels finissant à la poubelle. Et ces enfants nourris ont une meilleure attention et réussite scolaire. La loi est donc incitative en ce sens.

Enfin, les enfants du Conseil municipal ont imposé au législateur que la fabrication de leurs tablettes ne fasse pas appel au travail des enfants ailleurs dans le monde mais participe aux projets d’écoles promulgués par les ONG dans les pays en voie de développement.

Lorsque les chauffeurs de car arrivent dans les petits villages, désormais, il y a toujours une personne pour récupérer les courses pour les personnes âgées. Les services à la personne se sont développés et ces auxiliaires de vie peuvent alors apporter aux personnes leurs courses et rompre un peu leur isolement même si elles ne sont pas forcément dépendantes.

Des campagnes qui auraient le vent en poupe

Petit à petit de nouveaux habitants et de l’emploi reviennent dans les villages. Des services publics sont rétablis et des écoles rouvrent. Deux ans ont passé, et les enfants n’ont plus à ramener les courses. C’est toujours le bus scolaire qui apporte les provisions mais elles vont directement aux commerces qui ont rouvert.

Le système informatique utilisé possède une base de données Big Data se répliquant tout ou partie sur différents sites, et y compris sur les portables des clients où l’accès aux données fonctionne même en campagne quand le portable n’est pas enregistré sur le réseau. Des entreprises peuvent ainsi savoir si leur client sont des usagers de la SCIC et en tirer parti. Fedex a ainsi investi dans la SCIC et a déjà signé un contrat pour que Marc passe à leur dépôt récupérer les paquets venant du monde entier. Du coup, La Poste a réagi et est en passe de faire de même pour le courrier et ses colissimo.

Mondialisation et relocalisation s’équilibrent ainsi dans nos campagnes, et nos jeunes citoyens ont tellement à coeur de participer à ces enjeux de société et écologique qu’un certain optimisme est en train de revenir.

En tout et pour tout, il n’y aura eu qu’une seule manifestation, celle des agriculteurs venus au collège pour remercier les enfants d’avoir permis d’amorcer ce virage dans l’Economie.

Alors merci pour cette loi Hollande, notre président qui a été réélu en 2017, pour sa loi de la relocalisation, de la croissance verte et de la décroissance des biens matériels.

Ainsi, du cercle vicieux qui nous fait corriger les symptômes plutôt que de fournir des solutions nouvelles, nous sommes passés à un cercle vertueux. Il y a bien un inconvénient à ce cercle vertueux, c’est que l’on connaît pas toujours à l’avance les bonnes surprises qui vont nous arriver.

DSCF1626

Un article parle de ce sujet de la synthèse: https://une-vraie-politique-pour-notre-pays.net/2014/11/16/la-synthese-ou-la-clef-de-la-resolution-des-problemes-de-notre-pays/.

Post-scriptum

Le 27 novembre 2014, le Président de la République a fait démonstration de toute la détermination nécessaire au plus niveau de l’Etat pour s’engager sur la voie de la transition énergétique et écologique:
http://www.dailymotion.com/video/x2b73j7_confenvi-discours-lors-de-la-troisieme-conference-environnementale_news

Reste à favoriser les initiatives prises partout en France et à trouver le moyen de réformer en s’affranchissant des contraintes contradictoires qui jusqu’à présent nous soumettent au sempiternel modèle de développement économique par la croissance matérielle… François Hollande a expliqué que lors des précédentes conférences internationales sur le climat, tous les responsables de gouvernement se réunissaient pendant 15 jours en pensant pouvoir trouver à eux seuls la « synthèse », et qu’à chaque fois, ils y avaient échoué. Devant l’évidence désormais reconnue des enjeux y compris par les deux principaux pollueurs que sont les Etats-Unis et la Chine, et en s’y prenant à l’avance, il a ainsi l’espoir que la prochaine conférence à Paris puisse réussir. D’ici là, l’exemple des mesures prises par la France jouerait dans ce sens, et pourrait être à l’image de ce qu’a fait la France il y a 70 ans pour les droits de l’Homme. Reste que pour retrouver le cercle vertueux du mouvement de la synthèse, cela prend du temps. Il faut fournir de nouvelles solutions un peu comme lorsque l’on dénoue une pelote de laine emmêlée et qu’il faut éviter de tirer de partout afin de ne pas aggraver les difficultés. Et c’est malheureusement plutôt ce qu’a fait ce gouvernement jusqu’à présent. Les effets des mesures prenant le chemin d’une telle synthèse ne prendront véritablement de sens qu’à moyen terme lorsqu’ils se conjugueront en une spectaculaire simplification.