Quelques idées pour la maison: construction et jardin

Observer et  expérimenter sont une source pour faire surgir des intuitions et des idées. Et c’est peut être aussi parce que du hasard s’instille dans nos expériences que quelque chose de nouveau peut apparaître. Et sans oublier les échanges avec d’autres pour associer le plaisir de partager à la nécessité d’élaborer, et amplifier encore notre potentiel. Car si créer, c’est communiquer par le biais de ses réalisations, communiquer peut aussi aider à créer.

Et c’est d’abord du travail et de réalisations concrètes, matérielles, dont il s’agit ici.

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Ce sont quelques simples innovations ou idées qui sont présentées. Certaines  existaient probablement il y a bien longtemps mais elles ont du être oubliées pour imposer des solutions industrielles loin d’être si avantageuses. Pour d’autres idées, ce sont simplement qu’elles sont rendues possibles par l’apparition de nouveaux matériaux ou fabrications sur mesure permettant de reconsidérer les solutions existantes et de les renouveler.

Sur ce quotidien technique dont les enjeux écologiques en font une priorité, les exemples ne manquent pour montrer plein de choses à faire et inventer.

Réaliser des portes extérieures sur mesure et à peu de frais

Le principe consiste à se baser sur un panneau aux dimensions voulues et découpées auprès de votre magasin de bricolage. Celui-ci assurera l’équerrage de la porte rendant inutile le fastidieux et précis travail de tenon-mortaise, souvent insuffisant pour assurer cet équerrage sur le long terme.

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Après cela, on place deux planches verticales sur les côtés droit et gauche du panneau puis des planches horizontales au milieu. Ici, il y en a 3 en bas puis 3 autres réparties afin de pouvoir placer des vitres par la suite.

Placer les planches à l’envers de sorte de pouvoir placer des équerres dessus et rigidifier le tout. Une fois cela fait, se faire aider pour retourner le châssis en planches ainsi reliées et placer le panneau d’aggloméré dessus. Visser alors généreusement afin rendre solidaire toutes les planches avec le panneau.

Restera alors à découper les rectangles réservées aux vitrages. Pour des  vitrages simples, il suffit faut alors de rainurer le panneau pour placer des vitrages de 4 ou 5 mm par exemple.

Dans le cas des doubles-vitrages, les choisir de même épaisseur que le panneau, puis ajouter des baguettes sur la face intérieure pour cacher leur cadre.

Dans tous les cas, mastiquer au niveau des vis et peindre la face intérieure.

Le matériel et son coût:

  • 35 euros de bois extérieur (2 planches en 27 x 145 x 4200 ), typiquement des planches de terrasses choisie sur la face non rainurée
  • 6 équerres de taille modeste et 4 équerres plus solides pour la base et le haut de la porte  (environ 14 euros)
  • des vis (à bout Torx pour visser à la perçeuse ou à la visseuse)
  • une panneau aggloméré hydrofuge des dimensions de la porte (ici du 250 x 125 en 15mm à 30,80 euros avec 2 euros pour la découpe sur mesure)
  • des vitres sur mesure

Soit le tout pour moins de 85 euros, vitrages non compris, et on peut sûrement faire plus économique encore.

Les fenêtres à chassis fixe

Nul besoin de dormant pour une fenêtre à chassis fixe. Acheter très cher une fenêtre en prévoyant le cas où la vitre se casserait tandis qu’elle reste fixe, c’est un bon exemple d’une loi générale faite pour un cas particulier. D’autant que lorsque cela arrive, il y a de bonnes chances que la fenêtre complète soit changée parce que le dormant a lui-même vieilli …

Pour faire de telles fenêtres, sont nécessaires des poutres extérieurs classe 4 en H avec deux rainures, qu’il faut couper alors en deux pour obtenir deux demi-poutres en U. Si vous en trouvez avec une seule rainure en U, alors autant se les procurer directement.

Une fois cela fait, il suffit de faire le cadre d’équerre, de placer ensuite la base bien de niveau, de cheviller, visser dans les rainures, puis de compléter les autres éléments du cadre.

Pour placer le châssis, retirer les vis sauf celles sur une des verticales afin d’effectuer un mouvement de rotation de l’ensemble puis glisser la vitre faite sur mesure. Décaler alors le vitrage puis visser dans les rainures. Il est aussi possible de réaliser un double vitrage par soi-même sur le même principe mais bien sûr à condition d’être précis sur la position des vis.

Plus simplement, une autre solution est d’insérer le bloc complet tout préparé avec le vitrage à l’intérieur en utilisant des glissières de fixations mâles femelles ou des rails avec des fixations, les femelles étant placées sur le cadre er les mâles sur la maçonnerie.

Les fenêtres à guillotine

C’est possible d’étendre le principe pour les fenêtres à guillotine, ce qui sera présentée d’ici quelques mois, l’utilisation de glissière de meuble afin de faire coulisser les vitres sera utilisée.

D’autre part, afin que l’ouverture de la fenêtre soit facilitée, il sera testé l’utilisation d’un ressort calculé sur mesure.

Plus d’informations se trouvent sur ces fenêtres très utilisées en Amérique du Nord.

Un habillage de fontaine ou tirer parti de ses erreurs

Le long d’une terrasse, une petite fontaine a été fabriquée et est très utile lorsque l’on travaille dans le jardin et aussi lorsque l’on revient de la plage pour retirer le sable (beaucoup aimeraient avoir des problèmes de ce type, non ?!).

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Pour préserver un buisson de roses, un caisson de bois en deux parties a été mutualisé. Ainsi l’eau débordant ou éclaboussant viendra arroser ce buisson. S’y ajoute un petit bardage le long du mur pour le protéger et permettre de fixer le carré de l’évacuation. Ainsi qu’un emplacement pour le savon.

Il aurait été possible de faire ce bardage en demi-ellipse et d’intégrer le robinet situé au-dessus, mais cela aurait été trop imposant. En imaginant des planches en progression de part et d’autre, cela donne l’idée de suivre une progression régulière voire géométrique. Puis en discutant, l’idée est venue de dessiner des asymptotes (le mouvement doit être rapide sans trop, ou demander à un matheux !). C’est ainsi que s’est faite la partie gauche, puis sur la partie droite, où il était prévu de faire cela de manière assez symétrique,  le résultat final a été obtenu avec la partie convexe plutôt qu’avec la concave, le tout a la forme d’une vague ou d’un voilier.

Petits constructions pour inviter la nature chez soi (chez elle !)

  • les abris chauve-souris pour lutter contre Zyka !

Après avoir entendu parler de Zyka et du risque d’infections graves liés aux piqures, une première mesure a été prise d’installer un abris à chauve-souris dans notre jardin. Les chauve-souris sont en effet capables d’éliminer plusieurs centaines de moustiques par jour (enfin, par nuit !).

C’est ainsi qu’un sous-toit a été placé en-dessous du toit d’une tour au sein d’une aire de jeux du jardin.

Et il s’avère que nous n’avons pas été piqués pendant tout cet été. Jusqu’à ce que lors de soirées, nous nous rendions compte que les chauves-souris avaient bien investis ce nouveau lieu. Douées de radars, il n’y a effectivement pas de doute à avoir quant à leur capacité à détecter très rapidement des cavités. Toutefois, en septembre, avec les premières pluies, les chauves souris se sont installées ailleurs, et les moustiques sont revenus ! A améliorer …

  • les tas de pierres pour les hérissons, prédateur aux limaces du potager

Les limaces sont une plaie pour le potager aussi avons nous placé des tas de pierres dans le jardin. Plus précisément un couloir tournant permet de se placer à l’intérieur du tas de pierres de sorte que le hérisson y soit à l’abris du danger, aucun animal plus gros ne pouvant se contorsionner pour atteindre la cachette.

Après cela, un petit menhir et un dolmen pouvant servir de siège ont complété l’endroit, sans oublier quelques bulbes pour agrémenter de fleurs.

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A suivre prochainement dans le cadre de la construction d’un club Informatique:

Annonce: voyage dans les alternatives, à découvrir en octobre sur Nantes

Une association propose de découvrir des alternatives, paysannes tout particulièrement, en France, en Europe et dans le monde.

Son prochain voyage est organisé sur la région nantaise.

Cette région est un lieu d’initiatives extrêmement riche qui se ressent d’entrée de jeu dans la ville de Nantes par la créativité mise en oeuvre dans les oeuvres d’art, les architectures, les nouveaux bâtiments, ou des projets fous comme les fameux éléphants géants. Et aussi par l’énergie qui en émane lorsque l’on s’y promène. Un mélange de diversité dont il ressort pourtant un sentiment d’unité.

Et beaucoup d’associations: c’est un lieu de développement pour les startups avec des entreprises de crowfunding, des ateliers pour partager ses connaissances, des associations comme Terre de Liens pour aider considérablement à l’installation en agriculture, des expériences en avance comme à Bouguenais où le bio et local dans les cantines sont apparus il y a bien longtemps. Bref, beaucoup de retours d’expériences à attendre.

Et c’est ce que propose Tamadi en octobre, un voyage en région nantaise, et qui de par sa nature associative se veut rester accessible au plus grand nombre possible.

Il s’agit d’alternatives par l’entremise d’un voyage, mais un voyage particulier, en profondeur et en intensité dans les échanges, des découvertes de projets, des histoires, des essais, qui donnent de l’énergie pour avancer et aussi de découvrir que des personnes, qui ne pratiquent même pas votre langue, ont des valeurs proches et ont envie d’avancer un peu ou beaucoup avec vous.

Et d’avancer sur un long terme auquel s’attache cette association depuis maintenant 15 ans.

Ce ne sont donc pas seulement d’autres voyageurs, issus ou non de milieux agricoles, mais aussi des membres de cette association, issus de différents pays du monde, qui font que cela devient une aventure à suivre.

http://tamadi.org/alternatives-paysannes-region-nantaise-octobre-2016/

Voyage dans les alternatives paysannes

De plus en plus de citadins réalisent leurs potagers sur un coin de balcon. D’autres rêvent ou réussissent à partager quelques rares zones de friches urbaines pour développer des potagers collectifs. Et des projets « futuristes » aspirent à faire venir la campagne et les forêts à la ville.

Plus simplement, plus économiquement – et à tous les sens du terme -, peut-être serait-il possible d’envisager un vrai retour à la campagne ? Et pendant qu’on y est, un 21ème siècle de l’exode urbain comme alternative à notre société actuelle ?


Rêver à des alternatives paysannes, les partager, et les proposer au sein d’une communauté de pays du monde entier, c’est le projet d’une association franco-belge, Tamadi.

C’est ainsi qu’a été organisé un voyage en Belgique afin d’y découvrir des projets de vie liés au sein d’une coopérative Paysans-Artisans.

Celle-ci propose en circuit-court la production locale dans un périmètre de 25 kilomètres de rayon. Les particuliers prennent leurs commandes par Internet grâce à un site développé à cet usage, puis ils viennent les récupérer au local de l’association. Ce lieu est situé en plein coeur d’une forteresse conçue par Vauban à Namur. C’est un bâtiment en pierres qui préserve naturellement les denrées lors de chaleurs excessives.

La production y est très diverse en produits de première nécessité tels que les légumes,  le pain, le lait, les pâtes, et le fromage de chèvre. Et parmi beaucoup d’autres choses, il y a aussi des jus de pomme, de la truite fumée, des confitures de baies sauvages, et bien sûr, des chocolats.

Les parcours sont nombreux et parmi eux, il y a celui de Mano

Mano est boulangère. Son local fait partie d’un habitat groupé constitué de maisons formant un rectangle et constituant ainsi une cour avec en son centre un point d’eau et un saule pleureur, apportant verdure et ombre. C’est bien sûr un lieu de jeux pour les enfants.

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Sur place, il y a 19 foyers pour un total de 45 personnes dont 20 enfants, soit 6 familles.

Et ils ont donc leur boulangerie sur place au sein de cet habitat groupé. Cette vente de pain fait aussi partie de la production de Paysans-Artisans.

Il y a utilisation de farines locales dans un périmètre de moins de 40 kilomètres. Avec notamment le froment, l’épeautre, le seigle et le petit épeautre.

Un petit moulin à eau est utilisé pour moudre. Traditionnellement, ce sont d’ailleurs plus souvent des moulins à eau qu’à air.

De même que jusqu’au XVIIIème siècle, il y a utilisation de levain naturel, un processus lent et qui s’est fait remplacé par la levure lorsque celle-ci fût inventée.

Mano témoigne que beaucoup veulent s’orienter vers la vente locale, que l’outil Internet de Paysans-Artisans marche super bien et que la coopérative a une philosophie qui convient.

Mano est en vitesse de croisière depuis longtemps: elle vend 50% de sa production de pain à Bruxelles à 60 km de là, via un ami. Sur commande, 20% va à la coopérative. Et les 30% restants vont à une biocoop et une AMAP.

Le prix final de son pain n’est pas fixé auprès des revendeurs, et cela reste un point délicat tandis que des dérives sont susceptibles de se produire et alors même qu’elle vend son pain bio à un prix plus bas que haut.

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Mano est d’une solide nature et sa force physique mais aussi morale s’exprimait tandis qu’elle nous racontait l’histoire de son projet de vie, tout en travaillant pour faire des pains, prenant la pâte, la mettant en forme pour la placer dans son moule de destination. Puis les moules étaient disposés dans son four d’un diamètre de 1m25. Un four qui bénéficie d’un axe central pour le faire tourner et accepte 40 kg de pain.

Un travail intensif qu’elle effectue deux fois par semaine le mercredi et jeudi à partir de 3 heures du matin et pour des journées de 18 heures.
Elle ne consacre donc que «seulement» deux mais très intenses journées à travailler à son métier proprement dit. Auparavant, elle répartissait ce même travail sur 3 jours. Compte tenu que certaines tâches prennent du temps sans nécessiter de la main d’oeuvre en continu, elle a choisi de concentrer son travail sur 2 jours afin de pouvoir effectuer certaines tâches en parallèle et ainsi optimiser son processus de fonctionnement.

Travailler sur plusieurs choses en même temps et avoir l’organisation adéquate sont aussi le moyen de faire son pain au levain naturel au processus lent.

Il est fort à parier que c’est d’abord son enthousiasme qui lui permet de réaliser chaque semaine cet exploit et d’assurer un tel rythme.  Un peu comme un adulte qui aurait gardé un coeur d’enfant et qui se consacre à sa passion bien au-delà des huit heures par jour.
Elle réserve aussi du temps une fois par mois à faire sa comptabilité et une demi-journée par trimestre à fournir ses chiffres de TVA. Ces deux ou trois jours, et pas moins de 36 heures de travail effectif lui permettent de se consacrer à d’autres activités dont notamment la musique.

Mano est donc clairement très organisée. Beaucoup de simplicité s’exprime d’elle à vivre ainsi pleinement. Sur le coin d’une fenêtre, une petite bougie sert à signaliser lorsqu’elle est à l’oeuvre et de poursuivre cette tradition du boulanger. C’est pour Mano un sentiment d’harmonie y compris par les liens qui pour elle l’unissent avec les autres artisans boulangers, dans son pays comme ailleurs.

C’est aussi le symbole de s’engager dans une oeuvre qui dépasse le seul périmètre de son existence.  A la manière des avant-gardistes qui croient en quelque chose qui les dépassent et de cette volonté de construire de vraies alternatives.

Un apprenti travaille avec Mano, et ce n’est pas le premier qu’elle forme. Mano en a formé trois par l’apprentissage et participe aussi donc concrètement au développement de ce réseau par la transmission de ce savoir-faire artisan, local, vertueux écologiquement, et correspondant à une demande. Et son atelier est partagé avec un de ses anciens apprentis.

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Mano ne gagne pas plus qu’avant ni ne travaille moins, mais elle travaille en accord avec sa philosophie. Et son pain a une présentation vivante !

La découverte du métier d’un pisciculteur

Bénéficiant d’une eau en moyenne à 13° et ayant sa source à quelques kilomètres de là, François est pisciculteur depuis 30 ans après avoir commencé ce métier dès 18 ans.

Il exerce une double activité, celle de l’élevage de truites et celle de la transformation de la truite au moyen d’un fumoir. Les alevins lui sont fournis par un éleveur spécialisé, et c’est alors son rôle de les faire grandir.

Il possède différents bassins avec entre 4000 et 4800 poissons. Une eau vive permet aux truites d’y respirer et surtout de conserver une température constante tandis que la truite supporte très mal les changements de température un tant soit peu trop rapides: 1° par heure au maximum, autrement, c’est le choc thermique et les problèmes apparaissent.

De même, l’eau de la source s’élève jusqu’à 15° en été et c’est une limite là-aussi pour la santé des truites. Leur espèce arc en ciel est arrondie et aux tâches noires, et se trouve naturellement en Amérique du Nord où elle se compare au saumon. Sa production pourrait avoir la qualification bio si le critère européen de densité n’était pas uniquement rapporté au volume d’eau mais aussi au débit, en l’occurence 2800 litres par minute, soit plus d’un demi-litre par minute et par poisson.

La moitié de sa production est vendue en poisson frais, et l’autre moitié est transformée en produits sous vide.

Pour la vente, ses truites font 380-400 grammes après avoir pris 3 grammes par jour. Sa production est de 800 à 1000 truites sur 10 jours, et monte à 3000 truites par semaine en juillet-août pour les restaurateurs.

Il se faut veiller autant à la température de l’eau qu’à scruter la météo tandis qu’un beau week-end annonce de bonnes ventes, et donc la rentrée des poissons plutôt que leur sortie pour le fumage.

Lors des visites, François détaille comment évaluer la qualité d’une truite sous vide et explicite aussi comment les préparer et retirer les arêtes. C’est toute l’immense valeur à rencontrer ses hommes et femmes de métier, et de réapprendre le quotidien de notre alimentation. Ses produits frais comme fumé furent un grand plaisir à être consommés, en barbecue collectif sur place ou en famille après le retour en France, ajoutés au plaisir de les obtenir auprès de François.

Le potager partagé de Namur

L’expérience d’un potager collectif est aussi présentée dans un autre article de ce blog.

Et beaucoup d’autres choses

Bien d’autres producteurs ont été rencontrés, avec à chaque fois la découverte d’un métier.

C’est aussi une source d’opportunités comme celle présentée par un éleveuse de chèvres expliquant que l’offre en fromage de chèvre est bien en-dessous de la demande belge qui doit importer et donc offre une opportunité pour des éleveurs afin de s’installer.

Pour les installations, une autre association, Terre en vue, joue un rôle clef en matière d’acquisition foncière. C’est l’équivalent en France de Terre de Liens qui a pour objectif de favoriser ce retour à la terre, de préserver des terrains agricoles y compris en zone péri-urbaine et urbaine, de pérenniser à long terme ces terres agricoles par le principe du fermage, et donc de proposer ces terres pour ceux qui souhaitent lancer un projet agricole. C’est aussi l’opportunité d’apporter une charte pour favoriser une agriculture vertueuse, des expériences, une expertise sur les enjeux de la législation, un accompagnement face au risque n°1 d’isolement du créateur d’entreprise, et des idées comme des opportunités.

IMG_2026.JPG Ou encore des produits innovants comme ces tagliatelles d’épeautre qui ne demandent que deux minutes de cuisson, soit un vrai bonheur pour les randonneurs.

Ce voyage fut d’abord l’occasion de nombreux échanges, soirées avec les membres de l’association. Et aussi les bénévoles qui accueillent chez eux les voyageurs et offre ainsi à partager un peu de leur vie quotidienne. Cela reste des moments inoubliables de voyager au coeur d’un pays étranger et de vivre des moments avec ses habitants.

Les voyageurs venant d’un peu partout, cela a été ainsi l’occasion de rencontrer des éleveurs turcs, comme Ilan, éleveur bovin dans le Caucase. Et sans oublier un producteur d’oranges bio pour représenter l’Italie et la fabuleuse aventure Le Galline Fellici qui a redonné espoir et un travail à de nombreux producteurs en Sicile pour produire des oranges et en vivre. Autant de personnalités différentes et de moments aussi avec les voyageurs venus de France, maraîcher ou viticulteur, et de bénéficier de leurs visions du métier de paysan.

A cela s’ajoute beaucoup d’amusement, de découvertes, de moments originaux, comme la visite d’un moulin à eau en cours de réhabilitation, une visite historique de la ville de Namur, une fête folklorique belge, la visite d’une brasserie, ou une expérience inoubliable de Photographie en groupe.

Et l’essentiel reste l’esprit de partager qui dépasse le côté simplement touristique auquel on peut s’être habitué précédemment, et cela permet de vivre pleinement et avec intensité le voyage. C’est là le propre de Tamadi.

Les échanges avec les agriculteurs m’ont particulièrement surpris tandis que je ne m’attendais pas à partager des discussions pour toucher des visions plus proches d’un Bergson qu’aucun philosophe médiatisé.

Les paysans sont devenus des philosophes avant-gardistes du XXIème siècle, d’un retour à la terre, aux choses simples, aux hommes qui discutent, partagent des problèmes et des solutions. Il est fort à parier que sont les premiers de notre société à penser par eux-mêmes.

Et les discussions ne se sont pas privées bien sûr des fameuses bières belges 😉

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Le cercle vertueux de la bio(dynamie)

Un documentaire « Le veau, la vache et le territoire » vient de voir démarrer sa diffusion sur les chaînes publiques.

A recommander vivement pour tous et toutes, enfants compris (*). Cela ne peut faire que des émules de voir ce paysan se « réapproprier » son métier. Paysans qui sont à l’avant-garde lorsqu’il s’agit de penser par eux-mêmes: disons-le clairement, ce sont les nouveaux vrais philosophes du cercle vertueux.

Des hommes près de la nature, cette grande bénévole génératrice de richesses dont on évaluerait la production à 2,5 fois le PNB mondial. Cette nature avec laquelle ces paysans travaillent, et qu’ils ont appris à écouter.

Une nature qui fait du bien, des hommes heureux de vivre pleinement, et qui donne donc à penser que le métier de paysan va en tenter plus d’un dès lors que les réseaux locaux de distribution assureront plus facilement leurs revenus. Et cela grâce aussi aux réseaux d’aides très développés sur l’exemple de ce département de la Loire-Atlantique dont est issu ce paysan, présent à Nantes lors d’une première diffusion du film, jeudi soir dernier au cinéma Concorde.

Bande annonce sur:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/documentaire-inedit-le-veau-la-vache-et-le-territoire-petit-precis-de-biodynamie-835321.html

Diffusions:

SAMEDI 21 NOVEMBRE 2015 À 15H20 sur France 3 Pays de la Loire, Bretagne, Haute et Basse Normandie, Paris Île-de-France et
Centre Val de Loire. (rediffusion le vendredi 27 novembre à 8h50).

MERCREDI 25 NOVEMBRE À 0H10 sur France 3 Pays de la Loire.

LUNDI 7 DÉCEMBRE À 0H10 sur France 3 (La Case de l’oncle Doc).

(*) A noter: ces images ou propos peuvent parfois heurter la sensibilité de  jeunes ou vieux politiques lorsqu’ils vont prendre conscience clairement non seulement d’une inutilité qui dépasse le cadre du déni, mais aussi qu’une bonne partie de l’avenir va devoir s’écrire officiellement sans eux par une relocalisation des pouvoirs dans des formes plus modernes de participation citoyenne locale.

NB: Un article lié au contenu du film: http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20150616.OBS0886/60-ans-que-l-agriculture-a-tout-faux.html

Ce documentaire n’est plus en replay mais il est possible de le retrouver  à: http://9docu.com/regarder-et-telecharger-le-documentaire-le-veau-la-vache-et-le-territoire-petit-precis-de-biodynamie-gratuitement/

Post Scriptum: Le terme biodynamie n’est pas à utiliser indifféremment du celui de biologique ainsi que cela est précisé au sein de la thèse Histoire de l’agriculture biologique : une introduction aux fondateurs, Sir Albert Howard, Rudolf Steiner, le couple Müller et Hans Peter Rusch, Masanobu Fukuoka. C’est aussi vivement contesté par d’autres sources reprises sur le Web. Le lien particulier et ancestral des paysans à la terre fait sûrement que cette question restera ouverte encore longtemps.

Potagers collectifs en ville: un circuit ultra court à Namur

A travers le monde, les pouvoirs publics sont amenés à proposer aux citoyens de la terre à partager pour y développer leur potager.

Potager partagé

A La Plante de la province de Namur, l’association belge rencontrée regroupe 35 membres avec un noyau dur d’une dizaine de personnes s’impliquant régulièrement pour faire progresser le projet et faire essaimer aussi bien ce principe que la culture du potager chez soi.

De nombreux citadins finissent par acquérir des maisons à la campagne comme pour Bruxelles où les personnes y travaillant rêvent de pouvoir avoir leur maison à la campagne. Une fois à la campagne, nombreux nourrissent l’espoir d’y réaliser leur projet de potager, mais au bout de quelques années, les difficultés ou échecs rencontrés viennent souvent à bout de leur courage.

Une volonté de partager

L’objectif de l’association, c’est donc cette volonté d’apprendre, de partager la connaissance et le savoir-faire, et donc aussi que les personnes n’abandonnent pas leur potager à la campagne une fois qu’ils ont déménagé à la campagne depuis la ville. C’est la lutte contre le « je n’ai pas la main verte ». C’est donc aussi le moyen d’apprendre de ceux venus découvrir sur place.

Vignes à partager

Au-delà de ces objectifs, il y a la recherche du jardin parfait et naturel, et aussi un inspirateur, Pierre Rhabi. Du point de vue des techniques agricoles, c’est de l’agroécologie et de la permaculture. Et parvenir à travailler et expérimenter en groupe le jardinage n’est pas si simple.

Par ailleurs, les potagers, ce sont souvent des « potes âgés », et un enjeu crucial est donc d’y faire venir les jeunes. Aujourd’hui, à ce potager collectif, contribuent autant de jeunes que de de vieux (qui sait dire aujourd’hui lorsque l’on est vieux ?). Clairement, les jeunes issus de milieux plutôt défavorisés sont peu enclins à quitter le monde de la malbouffe sans efforts ou questions à se poser. C’est révélateur d’un problème crucial de notre société, comme si, l’insuffisance de moyens financiers condamnait à mal manger, et même à méconnaître les alternatives à l’agriculture industrielle.

Il y a donc un enjeu de justice sociale pour que cet élan vers une agriculture saine ne soit pas simplement réservé aux classes moyennes supérieures. C’est dans l’esprit de l’association Paysans-Artisans qui se développe à partir de la Belgique.

La réalité de ces enjeux financiers à travers cette expérience de potager collectif, c’est qu’il peut y avoir peu de frais et peu d’investissements. A la base, le terrain a été mis à disposition à cette association selon un principe historique de partage en milieu citadin. Pour l’eau, les gouttières des bâtiment mitoyens d’une école permettent de la collecter dans des tonneaux réservés à cet effet. Un moteur est toutefois utilisé pour arroser en été.

Bien cuisiner: une motivation pour se faire plaisir

Et il n’y a pas de pertes. Une cuisinière de culture portugaise sait utiliser tout ce qui est cueilli et tout ce qui est semé, et rien n’est cueilli autrement que pour subvenir aux prochains repas. Lorsque la production est trop importante, le surplus va à Paysans-Artisans. Dans un grand carnet sont notés les travaux effectués et dans un second, les cueillettes.

Carnet de travaux

En fonction des deux années précédentes, un plan de rotation et d’association des légumes est constitué par un expert. Ce dernier enjeu de la répartition est clairement complexe. Le potager est ainsi représenté sur un plan avec ses différentes cultures.

Plan des cultures

La Phacélie est semée pour assurer les besoins en engrais verts, et particulièrement, l’azote. Laissée sur place, le gel hivernal la couche sur le sol qu’elle recouvre alors. Concernant les semences, une partie a été produite sur place. Tandis que l’humidité en Belgique succède de peu l’achèvement de la montée en graines, il peut être difficile d’éviter leur pourrissement.

Choux de Bruxelles
Un choux de Bruxelles

Les arbres présents sur place, dont notamment un imposant tilleul, ont été à prendre en compte pour les plans de cultures, tandis que leurs ombres joue sur la croissance des plantes.

Des liens et réseaux encore à tisser

Il y a des connexions avec d’autres association sans but lucratif – ASBL – telles que Nature et Progrès, moteur du Bio depuis plus de 30 ans et promouvant l’éco-construction. Avec déjà six potagers partagés déjà présents à Namur, l’idée est donc de continuer à propager ce principe du partage. Ce potager est toutefois le seul à être collectif et se baser sur ce partage au sens communiste du terme.

Le conseil d’administration est ainsi ouvert à tous et une vingtaine de réunions se font par an. Historiquement, le potager collectif était un principe promulgué par l’Eglise afin d’encourager au travail de la terre pour lutter contre la misère plutôt que de succomber à l’alcoolisme. Aujourd’hui, c’est clairement la transition écologique qui est l’enjeu.

Parmi les plus grandes satisfactions à organiser ce potager, il y a la redécouverte et ce plaisir formidable de jeunes à voir pousser la graine qu’ils ont plantée. Des échecs ponctuent aussi parfois le développement alors qu’il n’est pas toujours facile d’associer tous les acteurs locaux. C’est pourtant important, notamment lorsqu’il s’agit de favoriser les relations inter-générationnelles.

Et chacun aurait sa carte à jouer.

Idées simples pour utiliser les énergies renouvelables dans le bâtiment

Lors de la construction d’un nouveau bâtiment, il est possible de tirer parti des ressources naturelles, ou de permettre d’en tirer parti plus tard.

Particulièrement, les vitrages peuvent être considérablement mieux utilisés afin de chauffer une pièce ou même constituer une énergie potentielle pour faire fonctionner des moteurs.

Voici quelques-unes de ces techniques qui seront expérimentées dans un local à construire (l’article sera détaillé et illustré au fur et à mesure, voir aussi Quelques idées pour la maison: construction et jardin):

  • Pour l’utilisation de l’inertie thermique:
    • Placer dans la dalle des gaines pour y faire passer de l’air et/ou de l’eau. Se renseigner sur le maillage afin:
      • de diviser les parcours pour mieux utiliser l’inertie,
      • et les réunir en faisant en sortie que les distances parcourues soient toujours les mêmes.
    • Faire passer sous les tuiles des tuyaux en cuivre en zig-zag afin de pouvoir chauffer de l’eau, ou la refroidir
    • Si vous possédez un puits, là-aussi amener des gaines pour l’air et l’eau afin de pouvoir utiliser l’inertie du puits.
  • Pour l’utilisation de l’énergie solaire: plutôt que de payer très cher vos fenêtres à double vitrage, il est possible de réaliser soi-même son « quadruple » vitrage. Cette idée est destinée à des fenêtres sans ouvertures dans le cadre d’une maison en surpression avec par exemple une ventilation double flux (à ce titre, une maison en surpression apporte un grand confort notamment dans les chambres où l’on ne se réveille plus en ayant mal au crâne en raison d’un air vicié).
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Vue de dessus du quadruple vitrage – deux tuyaux en cuivre se situent en haut de la fenêtre ou servent de barreaux de protection
  •  Réalisation:
    • Le principe pour une seule vitre:
      • Se procurer des vitrages simples pour les encastrer dans la maçonnerie tout en permettant de les retirer si nécessaire.
      • Mettre un cadre constitué d’un rail en U en haut, à droite et à gauche de la vitre de sorte pouvoir y glisser la vitre grâce aux débattements.
      • En bas, placer un L dans la maçonnerie,
      • Placer la vitre dans les rails de droite et de gauche, puis remonter la vitre avec des cales dans le rail du haut.
      • Mettre des joints et/ou scotchs spéciaux pour éviter toute fuite d’air.
      • Puis placer un plan de travail devant la vitre en bas afin de cacher le joint apparent.
    • Effectuer le travail pour 3 vitres placées bien sûr en parallèle:
      • L’espace non pas de quelques millimètres mais de disons de 3 à 10 cm entre la vitre extérieure et la vitre du milieu va servir pour faire une véritable serre, voire même un four solaire. La vitre du milieu devra renvoyer la lumière vers l’extérieur. L’idéal serait même que la face intérieure de la vitre extérieure puisse renvoyer elle-même la lumière de sorte que la lumière réfléchie continuerai à effectuer des allers retours entre ces deux vitres. Cet espace reçoit deux tuyaux de cuivre pour chauffer de l’eau grâce à la chaleur de la serre. Ces tuyaux se situent en haut ou au milieu du vitrage afin de servir de barreaux de protection. Il y en a deux afin de permettre de réaliser un aller-retour.
      • La vitre du milieu est en réalité une vitre en double vitrage afin d’isoler les deux « serres ».
      • L’espace de 3 à 10 cm entre le double vitrage du milieu et la vitre intérieure sert non seulement pour isoler mais mieux encore pour chauffer ou rafraîchir l’intérieur du bâtiment:
        • pour chauffer le sol afin d’y stocker la chaleur
        • pour chauffer le bâtiment en utilisant l’air chaud venant directement de la serre extérieure, soit celui préalablement stocké dans le sol
        • pour rafraîchir en utilisant l’air frais venant du puits ou de l’air rafraîchi dans le sol
      • Enfin, la serre extérieure, si l’air y est bloqué, va monter en température, permettre d’obtenir une pression bien plus importante que la pression atmosphérique et donc aussi permettre de faire fonctionner des moteurs encore plus simples que ceux de Stirling. Il est à noter que le verre est très mauvais pour résister à la flexion tout en étant capable de résister à des pressions considérables comme dans les aquariums (en gros, mieux vaut éviter de mettre un coup de marteau dans un aquarium géant!).
      • Bien sûr, il faut prévoir des gaines étanches avec des entrées/sorties et pouvoir commuter les passages de l’une vers l’autre par des clapets dans une véritable chambre de commutation à l’image d’un switch informatique (cela peut donner bien entendu lieu à des expérimentations scientifiques très intéressantes en plaçant des capteurs et en programmant des embarqués).
  • Pour l’utilisation de l’air comprimé:
    • L’air pressurisé obtenu précédemment peut aussi permettre de faire fonctionner des outillages à air comprimé comme chez les garagistes ou, il y a plus longtemps, comme ceux utilisés dans les mines à charbon pour éviter les coups de grisou et limiter les problèmes d’aération. C’est donc aussi un moyen d’éviter les électrocutions. Autant donc en profiter pour faire passer des câbles pour air pressurisé.
    • L’air comprimé peut aussi être stocké. Lors d’une détente, il peut alors permettre de créer du froid.
    • Bien entendu, une éolienne est outil très intéressant pour obtenir de l’air sous pression.
    • Pour l’eau potable du puits: Nul besoin d’utiliser des pompes électriques pour tirer l’eau potable du puits. Une éolienne faite maison peut se construire pour quelques euros et c’est détaillé sur plusieurs sites. Après, pour réaliser la pompe activée par cette éolienne:
      • utiliser le principe d’une une vis sans fin
      • ou, plus facile encore, utiliser le principe d’une chaine à godets
      • Comme il n’y a pas toujours de vent, il faut bien sûr prévoir un stockage en hauteur afin de pouvoir fournir une pression suffisante, typiquement sous le toit d’un kiosque situé au-dessus du puits.
  • Pour l’eau afin alimenter les toilettes : Placer un réservoir sous le toit en réutilisant directement l’eau de pluie. BIen sûr, cela oblige à avoir un plafond solide pour 200 ou 300 litres d’eau. Typiquement, cela peut se faire dans salle d’eau squi est en général une des plus petites pièces. Un autre avantage d’avoir un plafond solide dans une petite pièce est de permettre d’avoir un lieu sûr où se protéger en cas de violente tempête. C’est le cas où Etats-Unis pour les tornades, tornades dont les fréquences augmentent considérablement en France.
  • Pour l’éclairage: les LEDs sont des diodes qui fonctionnent en très basse tension, non seulement, il est inutile d’acheter des modèles se branchant sur le 220v mais il est même possible d’utiliser une batterie rechargée mécaniquement comme c’est le cas des lampes LEDs à main.

Penser à utiliser des gaines sans COV (composants volatiles cancérigènes). Si vous n’avez que du PVC faire passer des plus grosses gaines que nécessaire pour permettre de passer par la suite des gaines souples sans COV.

Et bien sûr, tout cela fait faire des économies considérables à la construction (vu par exemple le prix hallucinant des fenêtres) comme à l’utilisation. Et surtout, cela permet de penser par soi-même car il serait temps d’aller plus loin que des solutions éculées bien compliquées. Pour rappel, les climatiseurs se basent sur la thermodynamique et le principe de Carnot expliqués il y a près de 200 ans.

Le premier projet à lancer pour sauver notre planète

C’est en discutant avec un ancien d’Airbus au sujet des avions à décollage vertical que j’ai repensé à ce film de Luc Besson, le 5ème Elément.

On y voit une ville futuriste aux voitures volant et se croisant en 3 dimensions, dans les airs, au milieu des buildings.

Retenons-en un instant le principe pour imaginer ce que que serait une ville comme Paris dans quelques années avec des voitures autonomes.


Et il s’agit là de quitter le cercle vicieux obtenu au bout de 30 ans d’absence de vision et de choix d’avenir. Cercle vicieux qui fait que beaucoup de Français passent des heures dans les transports et les bouchons, soit facilement 25% de leur temps de travail avec deux heures de trajet aller-retour, tandis que notre société de plus en plus menée par des purs gestionnaires financiers cherche à grapiller quelques ‰ pour améliorer la productivité.

Ce projet est une vision en terme de conception avec une rupture comparable à celle d’une pelote de laine dont tous les défauts se dénoueraient en une surprenante simplification. C’est un cercle vertueux.

Pour autant, ce projet est sûrement difficile à croire possible car cela fait effectivement très longtemps que notre société ne change plus et n’est donc plus habituée à changer. Ce projet devrait ainsi s’imposer comme une évidence si l’on était entraîné à travailler sur la représentation et si l’on connaissait la réponse de la dialectique au « oui, l’idée est bonne mais dans le cas où … ». Et tandis même que le niveau de complexité de cette solution sur son plan technologique ne peut se comparer à la complication des projets actuels communément surnommés « usines à gaz ».

L’usage exclusif de voitures autonomes pour réduire le traffic et la pollution

Tout d’abord, les constructeurs automobiles français construiraient des voitures hybrides essence/électrique à conduire classiquement mais aussi capables d’être guidées par GPS et sans conducteur. L’idée, c’est que ces voitures autonomes soient plus que de simples véhicules de test. L’idée, ce serait qu’il n’y ait plus que des véhicules de ce type au sein des grandes agglomérations. Dès qu’une voiture hybride franchirait l’entrée d’une ville comme Bordeaux ou Paris – ou de son centre ville dans un premier temps -, un système de régulation informatique prendrait le contrôle.

En fonction de sa destination et de l’heure d’arrivée souhaitée – urgente, professionnelle, rapide, croisière, touristique ou détente pour discuter -, d’autres personnes seraient potentiellement accueillies sur le chemin, en plus ou moins grand nombre.

Comme ces voitures seraient obligatoirement électriques, la pollution disparaitraît dramatiquement. Et leur nombre important décroîtrait pareillement en raison d’un partage massif de leurs utilisations.

Dès qu’un conducteur arriverait à destination, sa voiture serait rechargée dans la station la plus favorable et pourrait servir à d’autres personnes. Le soir, ce conducteur la retrouverait au même endroit ou après un changement de voiture sur le chemin de sa destination. Bien sûr, plus de risques d’avoir un accident ou de retrouver sa voiture abimée par une personne qui l’aurait empruntée puisque c’est le système informatique qui se charge de la conduire. Et en connaissant les positions de tous les véhicules à tout instant.

Bien sûr, il y a les piétons, mais il y a déjà une solution technique au problème tandis que des voitures autonomes sont déjà autorisées à rouler dans certains Etats américains. Toutes les sécurités nécessaires seraient mises en place et particulièrement lorsqu’il s’agit d’un adolescent ou d’un enfant: par exemple, une sonnerie particulière sur son portable ou la vibration de sa montre connectée. Bien sûr, la personne à la place conducteur restera vigilante et pourra intervenir en cas d’urgence soit en signalant un risque, soit en reprenant le contrôle du véhicule.

Avec un bien meilleur taux de remplissage des voitures, l’utilisation automatisée d’itinéraires de délestage, l’optimisation du trafic avec des feux à la fréquence adaptée, il n’y aurait plus de bouchons non plus. Il y aurait ce contraste de voitures roulant beaucoup moins vite tout en voyant leur vitesse moyenne augmenter considérablement puisque le trafic serait plus fluide. Plus jamais l’automobiliste attendrait à un feu s’il n’y a ni piétons sur le passage clouté ni véhicules empruntant la voie perpendiculaire.

Du coup, il y aurait moins de risques pour les piétons et les feux réagiraient avec plus d’efficacité à leurs demandes.

Les bénéfices indirects sur la vie quotidienne

C’est tout d’abord la santé qui y gagnerait à la fois par absence de pollution provoquée notamment par les particules fines mais aussi par un mode de vie considérablement amélioré et incitant sans prise de risque aux déplacements verts à pieds et en vélo.

Et il y aurait aussi une autre conséquence: il n’y aurait plus de vols dans les villes. Comment voulez-vous faire pour dévaliser une banque avec une voiture dont un système informatique a le contrôle et peut décider à tout moment de vous déposer devant le commissariat le plus proche ? En terme de sécurité, il y aurait aussi un impact énorme tandis que les véhicules pourraient relayer des informations sur d’éventuels dangers de manière coordonnée en les transmettant au même système informatique de contrôle.

Bien sûr, cela rendrait obsolète le contrôle du suivi de certains règlements puisqu’ils seraient respectés de fait: par exemple, les vitesses de circulation, l’usage des parcmètres ou les priorités de stationnement pour les handicapés. Il serait toujours possible de se garer puisque l’éventuel surplus de voitures issues de l’extérieur de Paris resteraient dans les parkings relais, où à peine descendu de voiture, le conducteur pourrait reprendre une voiture autonome l’emmenant dans la ville. Il n’y aurait donc plus à payer pour le stationnement. Ce principe d’utilisation de voitures partagées aurait quelques possibles exceptions, notamment pour les artisans qui ne peuvent qu’utiliser leurs véhicules professionnels.

Quant aux véhicules prioritaires tels ceux de SAMU, ils pourraient aussi rejoindre très rapidement les hôpitaux tandis qu’un algorithme spécifique du système informatique gérerait à cet effet les flux concurrents de voitures.

La ville du 21ème siècle

Mais le plus gros impact serait sur la transformation de la ville. Sur l’exemple des lignes ferroviaires, la plupart des rues seraient en simple voie. A ceci près qu’elles pourraient être empruntées dans les deux sens. Selon sa longueur, au point médian entre deux carrefours, chaque rue pourrait avoir une zone de croisement et/ou de parking, un peu comme pour une gare de train située sur une ligne de chemin de fer à voie unique. C’est le système informatique qui permettrait à la voie à tout moment d’être dans un sens ou dans l’autre selon par exemple qu’il s’agit d’un début de journée ou d’une fin de journée (*). Avec le grand nombre de places de parking devenues inutiles et la disparition d’un grand nombre de double sens dans les rues, les villes deviendraient des paradis pour les cyclistes et les piétons.

Et les bords d’immeubles pourraient même accueillir les petits potagers dont se sont mis à rêver les citadins. Tandis que les effets du changement climatique commencent à se faire sentir, le remplacement d’un pourcentage conséquent de béton au sein des villes par un sol naturel participera à fixer l’eau dans le sol, diminuer l’impact des inondations lors de pluies torrentielles, capter la chaleur, rafraîchir l’atmosphère grâce aux arbres et végétaux, commencer à restaurer une flore et une faune locales avec notamment de nouvelles espèces d’oiseaux aux habitats rendus de nouveaux possibles, etc.

En réduisant le niveau d’eau atteint lors des intempéries, il deviendrait aussi possible de diminuer le seuil des trottoirs, voire même de les faire disparaître, et d’ainsi transformer radicalement la vie des handicapés et personnes âgées ou malvoyantes.

Quant aux travaux de voirie, il ne serait plus nécessaire de casser à grand fracas de grandes surfaces en béton. Et ils seraient considérablement simplifiés, voire rendus inutiles tandis que la capacité des réseaux d’eaux pluviales pourrait être diminuée ainsi que celles des eaux usées au moyen d’espaces de phytotraitement agrémentant les jardins sur le même principe que pour les piscines naturelles.

Un nouveau vivre-ensemble sur les déplacements

Avec les économies que ce système engendrerait par son optimisation drastique de l’usage des voitures, il y aurait de quoi payer une retraite dorée aux taxis (**). Encore que ces taxis auraient la possibilité d’être reclassés et davantage d’emplois créés car un vrai progrès ne va pas sans convivialité. En effet, en plus des voitures, des minibus d’une dizaine de personnes, déjà commercialisés en 2014, pourvoiraient aux trajets les plus empruntés dans la ville, et un accueil sur ces déplacements plus ou moins longs serait un élément important afin d’effectuer des animations.

Sans oublier que la fluidité du transport serait telle que le confort dans les déplacements serait considérablement amélioré. Certains de ces bus pourraient ainsi avoir une fonction de restauration intégrée permettant à la fois de déjeuner tout en se rendant sur son prochain lieu de rendez-vous. Lors d’événements, des navettes seraient affectées dynamiquement aux maillons importants du réseau afin d’éviter les files de voitures. Du fait des économies considérables en paiement de parking, du temps gagné et du partage de ressources, le coût des transports serait considérablement abaissé.

Les conditions juridiques pour y parvenir

Pour que cela soit faisable, il faudrait simplement faire voter une loi qui amène les constructeurs automobiles à réserver une place pour un module optionnel au sein de chaque véhicule afin de lui permettre d’avoir une conduite autonome. Module qui deviendrait obligatoire jusqu’à renouveler un nombre suffisant de véhicules citadins y compris en proposant des incitations fiscales. Ce nombre critique serait bien moindre que celui de tous les véhicules roulant en même temps dans Paris, et bien sûr à l’exclusion de ceux garés qui ne servent à rien… Ces véhicules hybrides devraient être pourvus d’une boite de vitesse et d’un système de freinage régulés par électronique. Quant aux véhicules polluants, ils resteraient en périphérie et le covoiturage autonome et automatisé garantirait de réaliser les trajet souhaités.

Quant aux solutions de nos gouvernants, il serait temps de les oublier: la circulation les jours pairs ou impairs selon sa plaque d’immatriculation, éliminer le diesel après l’avoir incité pendant des décennies, ou encore interdire les véhicules anciens dont la plupart ne polluent probablement pas plus que les neufs (article à paraître). Tous ces beaux dossiers prioritaires pourraient être recyclés en déchèterie. Nul besoin non plus d’attendre que Google lance un tel projet pour nous en France avec sa voiture autonome.

La faisabilité technique

Développée notamment par des ingénieurs et élèves-ingénieurs de la junior-entreprise d’une école bordelaise, un système de synchronisation des feux dénommé Gertrude est très démonstratif sur le sujet depuis bien longtemps. Pour convaincre les prospects lors de démonstrations à Bordeaux, ceux-ci étaient invités près des quais de la ville, et devant eux, le système de régulation était débranché et les bouchons se développaient alors rapidement. Avant bien sûr de rebrancher de nouveau la supervision et de voir les flux automobiles redevenir réguliers.

C’était il y a plus de 30 ans, du temps de Chaban-Delmas …

(*) Même si la solution optimale à un tel problème est sans aucun doute de classe NP-Complet, des solutions approchées peuvent être trouvées et auront un impact bien supérieur à celui d’une simple régulation des feux.

(**) Cela va beaucoup plus loin qu’un système comme Uber mais cela n’a pas du tout la même philosophie. Il suffit d’aller voir le site d’Uber pour comprendre que leur petit progrès obtenu par la technique est d’abord une régression sociale car, sans contrepartie, elle participe à détruire des emplois, et donc des personnes, et donc des familles, par une simple et réelle concurrence déloyale. Si Uber ne fait pas la même chose que les taxis, alors pourquoi est-ce que son site ne fait que comparer ses offres à celle des taxis ? Ce n’est pas l’esprit sympa de blablacar ou leboncoin, c’est UberLux, « Le LUXE ULTIME », « Le luxe au meilleur prix ». « Plus simple et plus fiable qu’un taxi pour un prix comparable ». « Votre chauffeur privé, quand vous le souhaitez ». UberTAXI: « Plus besoin de héler votre taxi au loin ni d’avoir du liquide. » Bref, c’est répugnant. Et bien entendu que c’est totalement contraire à notre démocratie d’imposer des règles aux uns et pas autres, et heureusement, les préfets sont en train de prendre leur responsabilité. A ce sujet, des informations sont données sur Rue89 et la discussion s’est engagée sur le forum.