La censure et le prosélytisme des lobbys sur Internet

De nombreux sites proposent des articles et permettent de réagir aux opinions présentées. Ceux-ci précisent souvent que ces réactions sont modérées. Dans ce cas, écrire son opinion ne sera pris en compte qu’après que celle-ci ait été relue.

Il ne s’agit pas de modération au sens de l’Internet qui est depuis toujours un espace de liberté. Il ne s’agit pas de modération pour éviter les propos injurieux ou de toute autre nature susceptible de choquer les personnes. Il ne s’agit pas de suivre une charte de modération souvent absente de ces sites ni même de savoir en quoi celle-ci n’a pas été respectée lorsque son opinion n’a pas été publiée.

Il s’agit tout simplement de censure.

Une vraie censure comme dans tous les Etats à vocation totalitaire. Une censure qui est présente sur un très grand nombre de sites.

Un exemple frappant est celui de l’IFRAP et en particulier de son article sur les éleveurs français premier reçu après un abonnement à sa newsletter. Cet organisme est reconnu d’utilité publique et, par défiscalisation, il utilise indirectement le fruit des impôts collectés auprès des français.

Cet article explique qu’augmenter les prix pour remonter la marge des producteurs ne sert à rien car 10% d’augmentation ne suffirait pas. Quand on regarde les graphiques sur un article de francetvinfo au sujet de la crise des éleveurs, on voit pourtant que les marges baissent pour les producteurs et qu’une hausse de 10% dans les mains de ces derniers serait très importante. Dans les faits, cette solution n’aurait pas été appliquée correctement, et selon francetvinfo « la bataille est rude pour fixer les responsabilités de chacun des intermédiaires ».

Intermédaire: le mot tabou de cette officine libérale qu’est l’IFRAP est lâché.

Intermédiaires: ceux qui ne font pas grande chose et qui récupère le fruit du travail des autres.

La réaction proposée et qui a été censurée interpellait sur cette question des intermédiaires et la solution des circuits courts omniprésente dans les propositions alternatives. Censure, n’est-ce pas là pourtant mener « la politique de la poussière sous le tapis » dont parle cet auteur ? Voici ici reproduit le texte censuré:

Votre discours n’analyse que ce vous voulez bien analyser. Pourquoi ne parlez-vous pas des intermédiaires ?
Les intermédiaires sont cette catégorie de personnes qui n’apportent aucune valeur ajoutée et qui se prennent le « butin » du travail des autres. Il y en a de partout. Les marchands de viandes, voilà le nom que l’on donne par exemple aux SSII en informatique.
D’autre part, pourquoi ne parlez-vous pas des circuits courts ? Vous parlez comme s’il n’y avait qu’une solution possible ?
A ce niveau, c’est une omission plus que regrettable.
Des solutions simples, il y en a et elles consistent à aller vers une relocalisation de l’économie en trouvant d’autres moyens de distribuer les produits. Une solution est décrite dans cet article et les autres d’économie locale: https://une-vraie-politique-pour-notre-pays.net/2015/06/01/une-solution-associative-au-renouveau-de-leconomie-locale/
C’est simple à en pleurer, en voilà l’inconvénient. C’est-à-dire que tous ces grands penseurs cherchant des solutions compliquées, ils risqueraient de disparaître avec les intermédiaires. Plus c’est compliqué et mieux c’est pour prétendre que ce sont forcément des « élites » qui détiennent le pouvoir pour trouver des solutions, surtout lorsqu’elles sont incapables de comprendre les problèmes qu’elles se sont créés à elles-mêmes et surtout à nous, les citoyens qui en assumons seuls le prix fort.
Pourquoi ne pas s’intéresser aux idées d’ingénieur, de surcroît en informatique, qui passons notre temps à concevoir des solutions à des problèmes bien plus complexes que ces questions à deux sous ? Vous en trouverez suffisamment pour voir sous un jour nouveau notre société: https://une-vraie-politique-pour-notre-pays.net/
Avec les egos qui nous dirigent et qui s’attendent à ce que les idées ou pires, les solutions, viennent forcément d’eux-mêmes, nous risquons d’attendre longtemps et ce seront probablement les Etats-Unis qui les mettront en oeuvre les premiers, puis ensuite leurs entreprises qui viendront le faire en France après avoir déposé des brevets.  Notamment en matière de transports ainsi que vous en discutez aussi sur votre site tandis que des olutions existent: https://une-vraie-politique-pour-notre-pays.net/category/grands-projets/.
Une des réactions publiée sur ce site est impressionnante:
  • Par V… F… • Posté le 24/07/2015 à 01:58 Le raisonnement est parfaitement fondé.
    Toutefois, les contraintes environnementales ne sont pas issuees des seuls bureaux parisiens des administrations centrales. Les mises en cause de la France par la Commission en raison de la mauvaise qualité des eaux, notamment en Bretagne, ne cesseront pas simplement parce que le nombre des exploitants sera réduit.
    Il est enfin assez surprenant que personne ne s’accorde pour décider d’un relèvement significatif (de) ses paramètres autorisant les installations de jeunes agriculteurs que l’on précipite à la ruine, une fois épuisés les succédanés de fonds propres que sont les aides à l’installation.

Cela commence très fort: « Le raisonnement est parfaitement fondé ». Ouaouh ! Et la solution aux problèmes des jeunes agriculteurs, ce serait non pas de reconsidérer les pièges qu’on leur tend pour les asservir jusqu’à la fin de leur vie, non, il s’agirait d’éliminer ceux qui seront incapables de surmonter cette immense « bordel » créé par ces « élites ». Ceux qui s’octroient ainsi cette possibilité de « statuer sur la vérité effective de tel ou tel propos » pour reprendre leur style ampoulé.

Bref, c’est l’analyse: corriger un problème, en créer une dizaine de plus petits, mélanger le tout avec beaucoup de mauvaise foi et continuer à baigner dans l’incohérence en ayant des problèmes plus difficiles que celui de départ.

Après une recherche sur Google à partir du nom de cette personne qui n’a pas été reproduit ici, il s’agirait d’un membre de la Cour des comptes qui serait passé par l’ENA.

Ces « élites » sont formées pour continuer à faire vivre un système du passé et à s’entêter dans la complexité poussée à un point tel que son incohérence devait être une évidence (*). Il leur est donc impossible de comprendre que des solutions simples puissent fonctionner car cela les remettrait totalement en cause. Déjà qu’ils ont du mal à supporter l’idée qu’un Yanis Varoufakis remette en cause la manière dont ils s’habillent …

Dans quelques années, en espérant que des solutions simples et parfois radicales s’imposeront, de la dépression économiques on passera à la dépression des « élites ». Ce sera le moment de créer une cellule psychologique…

Lorsqu’il y a des solutions simples dont notamment celle proposée sur le maraîchage, c’est tout simplement parce que ce sont des solutions d’avenir. Qu’on se le dise.

(*) c’est toujours l’exemple des « experts » s’opposant sur la crise: restreindre le budget ou s’endetter pour investir de nouveau.

Post-scriptum: Après avoir écrit un courrier à l’IFRAP, le commentaire a finalement été publié mais sans les « liens » et après avoir reçu l’explication suivante:

Pour des raisons de sécurité, nous évitons de publier les commentaires qui contiennent trop de liens url. Votre commentaire a néanmoins été publié, sans les liens externes

Il ne reste aucun lien et ce texte et ce texte a ainsi été modifié en substance. Quant aux questions de sécurité, qu’ils aillent raconter cela à d’autres … Il est très simple de vérifier la dangerosité ou non de tels liens. C’est de l’obscurantisme.

N.B. Pour prendre conscience de ces questions d’indépendance à un niveau bien plus élevé, vous pouvez consulter cet article du Monde Diplomatique: http://www.monde-diplomatique.fr/2015/10/HALIMI/53932

Apprendre de ses erreurs: l’exemple de la Grèce

Un article économique et politique présente une alternative à la situation de blocage en Grèce:

http://fr.slideshare.net/DominiqueStraussKahn/150627-tweet-greece

« Apprendre de ses erreurs », « changer la logique », « trouver une nouvelle direction » et s’affranchir du « conservatisme »: quel beau programme ! Cela fait plusieurs siècles que des solutions s’offrent à cet enjeu de la dialectique.

Les experts économiques se divisent grossièrement en deux. Il y a ceux qui disent qu’il faut privilégier la réduction de la dette bien que leurs mandants politiques aient massivement endetté leurs pays afin d’obtenir un feu de paille de croissance et en tirer parti pour se faire réélire. Et il y a ceux qui veulent relancer la croissance quitte à profiter de la baisse du pétrole, et tout en nous disant que l’urgence écologique exige de faire des « efforts » pour diminuer l’usage des ressources naturelles et son impact sur la planète.

Qu’est-ce que cette incohérence dans ces systèmes économiques ? C’est effectivement une preuve évidente qu’il faut passer à autre chose.

Au début du 20ème siècle, les logiciens ont montré que toute théorie avait des propriétés indécidables, autrement dit, qu’il n’est pas possible de prouver qu’elles sont vraies ou fausses à partir des axiomes de cette théorie. Et que pour donner des réponses, il est dans la logique de faire évoluer la théorie. En d’autres termes, changer le système, non pas en en modifiant les paramètres, mais en le tirant vers le haut, vers à la fois plus d’abstraction et plus de simplicité. Un système bien conçu qui divise la complexité et rend caduques les complication accumulées.

La modernité nous donne la capacité de faire changer la société mais les politiques pensent toujours de la mêne manière que lorsque nous n’avions pas les moyens technologiques et donc la capacité d’évoluer rapidement.

Historiquement, les efforts progressistes ont toujours été d’autant plus contrecarrés par le conservatisme que les enjeux relevaient de solutions à long terme. Le conservatisme, c’est-à-dire le moyen de préserver le pouvoir dans un paradigme donné. Car un politique ne va permettre de faire progresser des alternatives susceptibles de remettre en cause son propre système et donc son pouvoir.

Alors, année après année, décennie après décennie, siècle après siècle, l’histoire se répète. Aujourd’hui, nos politiques jouent aux devinettes avec un ordre des choses qui les dépasse. Un problème, une petite solution. Dix nouveaux petits problèmes, dix autres minuscules solutions. Bien entendu, bon nombre d’entre elles sont déjà contradictoires. Et ils s’entêtent même si la réalité s’évertue à causer ces nouveaux problèmes et à les faire fuir devant l’insuffisance de leurs solutions. 

La base de la dialectique, c’est de voir que des problèmes pris ensemble se donnent parfois la solution l’un de l’autre. Et que, comme au jeu des devinettes, ces politiques pourraient se surprendre à dire: « oh, j’y avais pas pensé mais c’était trop simple ! ». 

Trop simple, oui. A condition que le champ de la pensée ne soit pas trop réduit par la spécialisation.

Pendant que le temps passe, nos politiques sont toujours convaincus que seule peut triompher une complication inouïe inaccessible au grand public comme à eux. A titre d’exemple (même si ce n’est pas forcément le plus juste): qui, aujourd’hui, est capable de créer une entreprise en ayant un interlocuteur unique, et non un avocat, un expert-comptable, des experts en financement, en fiscalité ou de Pôle-emploi dans son rôle pour la création d’entreprise ?

La circonstance aggravante, c’est l’ego. Dès lors même qu’il se trouve être l’élu, un représentant considère qu’il détient la vérité sur tout et que le fait du prince est son privilège. Bref, une divinité dans une société laïque.

De part leur formation issue du même moule, les politiques ne savent pas véritablement penser parce que l’essentiel d’entre eux n’ira jamais réellement travailler, jamais expérimenter quoi ce soit dans la vraie vie, celle là-même qui s’étend au-delà des caissons étanches des pouvoirs face aux citoyens. 

Alors pour ce qui en est des questions de la représentation et de la logique, ils se contentent de réduire la science à un simple outil, tout en se gavant d’une technologie dont ils ignorent les savoir-faire et enjeux profonds en matière de représentation.

Face à cette science des sciences qu’est la métaphysique, et avec cet handicap d’une absence d’expérience dans le monde réel, ces politiques ignorent et sont intellectuellement exclus de la distinction de Kant sur les jugements analytiques et synthétiques: ils ne savent pas ce qu’est réellement la synthèse. Sans écouter, ni lire pour prendre en considération, ni écrire pour répondre, ce sont les véritables analphabètes d’aujourd’hui. 

Sont-ils allés voir le récent film sur ce mathématicien, père de l’informatique, mort en nous abandonnant là où nous en sommes encore plus de 60 ans après ?

Résoudre des problèmes économiques graves, c’est impérativement simple. Résoudre des questions de pollution, c’est tout aussi simple. En résoudre des deux sortes en même temps, alors cela se doit, par synthèse, d’être encore plus simple dans une abstraction à la fois innovante et de plus haut niveau. Et il y a donc obligation à passer à autre chose, de lancer d’autres modèles de société, et de bénéficier de la technologie pour nous y aider plus que jamais.

Il est temps de faire de la politique, non pas pour se faire élire, mais pour lancer de vrais projets. Et que nos ingénieurs ne soient plus bridés pour bidouiller sur les conséquences de nos erreurs plutôt que de fournir des solutions totalement nouvelles.

Dans le papier de cet économiste, la réalité de cette artificielle complication est clairement démontrée. Bien sûr, cet homme n’a pas le choix et il lui faut étayer et en imposer sur la forme pour accorder le meilleur crédit à ses propos. Mais globalement, ce qui est dit dans ce texte devrait pouvoir l’être en quelques mots dans un monde moderne: bloquons leur dette et laissons les Grecs résoudre leurs problèmes; ils ont le courage de ne pas se laisser faire par les organismes extérieurs, alors prenons-les au mot, et qu’ils soient courageux chez eux tout leur offrant de les accompagner.

Et tout en espérant que les egos ne soient pas surdimensionnés au point de s’aveugler quant aux équilibres à respecter dans les décisions à prendre.

Le premier projet à lancer pour sauver notre planète

C’est en discutant avec un ancien d’Airbus au sujet des avions à décollage vertical que j’ai repensé à ce film de Luc Besson, le 5ème Elément.

On y voit une ville futuriste aux voitures volant et se croisant en 3 dimensions, dans les airs, au milieu des buildings.

Retenons-en un instant le principe pour imaginer ce que que serait une ville comme Paris dans quelques années avec des voitures autonomes.

L’usage exclusif de taxis et voitures autonomes

Pour y parvenir, les constructeurs automobiles français produiraient des voitures hybrides essence/électrique à conduire classiquement mais aussi capables d’être guidées par GPS et sans conducteur. L’idée, c’est que ces voitures autonomes soient plus que de simples véhicules de test. L’idée, ce serait qu’il n’y ait plus que des véhicules de ce type au sein des grandes agglomérations. Dès qu’une voiture hybride franchirait l’entrée d’une ville comme Bordeaux ou Paris – ou de son centre ville dans un premier temps -, un système de régulation informatique prendrait le contrôle.

En fonction de sa destination et de l’heure d’arrivée souhaitée – urgente, professionnelle, rapide, croisière, touristique ou détente pour discuter -, d’autres personnes seraient potentiellement accueillies sur le chemin, en plus ou moins grand nombre.

Comme ces voitures seraient obligatoirement électriques, la pollution disparaîtrait dramatiquement. Et leur nombre important décroîtrait pareillement en raison d’un partage massif de leurs utilisations.

Dès qu’un conducteur arriverait à destination, sa voiture serait rechargée dans la station la plus favorable et pourrait être sous-louée pour servir à d’autres personnes. Le soir, ce conducteur la retrouverait au même endroit ou après un changement de voiture sur le chemin de sa destination.

La réduction du traffic et de la pollution

Avec un bien meilleur taux de remplissage des voitures, l’utilisation automatisée d’itinéraires de délestage, l’optimisation du trafic avec des feux à la fréquence adaptée, il n’y aurait plus de bouchons non plus. Il y aurait ce contraste de voitures roulant beaucoup moins vite tout en voyant leur vitesse moyenne augmenter considérablement puisque le trafic serait plus fluide. Plus jamais l’automobiliste attendrait à un feu s’il n’y a ni piétons sur le passage clouté ni véhicules empruntant la voie perpendiculaire.

Du coup, il y aurait moins de risques pour les piétons et les feux réagiraient avec plus d’efficacité à leurs demandes.

Les bénéfices indirects sur la vie quotidienne

C’est tout d’abord la santé qui y gagnerait à la fois par absence de pollution provoquée notamment par les particules fines mais aussi par un mode de vie considérablement amélioré et incitant sans prise de risque aux déplacements verts à pieds et en vélo.

Et il y aurait aussi une autre conséquence: il n’y aurait plus de vols dans les villes. Comment en effet dévaliser une banque avec une voiture dont un système informatique a le contrôle et peut décider à tout moment de vous déposer devant le commissariat le plus proche ? En terme de sécurité, il y aurait aussi un impact énorme tandis que les véhicules pourraient relayer des informations sur d’éventuels dangers de manière coordonnée en les transmettant au même système informatique de contrôle.

Cela rendrait obsolète le contrôle du suivi de certains règlements puisqu’ils seraient respectés de fait: non seulement les vitesses de circulation mais aussi l’usage des parcmètres ou les priorités de stationnement pour les handicapés. Il serait toujours possible de se garer puisque l’éventuel surplus de voitures issues de l’extérieur de Paris resteraient dans les parkings relais, où à peine descendu de voiture, le conducteur pourrait reprendre une voiture autonome l’emmenant dans la ville. Il n’y aurait donc plus à payer pour le stationnement. Ce principe d’utilisation de voitures partagées aurait les possibles exceptions nécessaires, notamment pour les artisans qui ne peuvent qu’utiliser leurs véhicules professionnels.

Quant aux véhicules prioritaires tels ceux de SAMU, ils pourraient aussi rejoindre très rapidement les hôpitaux tandis qu’un algorithme spécifique du système informatique gérerait à cet effet les flux concurrents de voitures.

La ville du 21ème siècle

Mais le plus gros impact serait sur la transformation de la ville. Sur l’exemple des lignes ferroviaires, la plupart des rues seraient en simple voie. A ceci près qu’elles pourraient être empruntées dans les deux sens. Selon sa longueur, au point médian entre deux carrefours, chaque rue pourrait avoir une zone de croisement et/ou de parking, un peu comme pour une gare de train située sur une ligne de chemin de fer à voie unique. C’est le système informatique qui permettrait à la voie à tout moment d’être dans un sens ou dans l’autre selon par exemple qu’il s’agit d’un début de journée ou d’une fin de journée. Avec le grand nombre de places de parking devenues inutiles et la disparition d’un grand nombre de double sens dans les rues, les villes deviendraient des paradis pour les cyclistes et les piétons.

Et les bords d’immeubles pourraient même accueillir les petits potagers dont se sont mis à rêver les citadins. Tandis que les effets du changement climatique commencent à se faire sentir, le remplacement d’un pourcentage conséquent de béton au sein des villes par un sol naturel participera à fixer l’eau dans le sol, diminuer l’impact des inondations lors de pluies torrentielles, capter la chaleur, rafraîchir l’atmosphère grâce aux arbres et végétaux, commencer à restaurer une flore et une faune locales avec notamment de nouvelles espèces d’oiseaux aux habitats rendus de nouveaux possibles, etc.

En réduisant le niveau d’eau atteint lors des intempéries, il deviendrait aussi possible de diminuer le seuil des trottoirs, voire même de les faire disparaître, et ainsi de transformer radicalement la vie des handicapés et personnes âgées ou malvoyantes.

Quant aux travaux de voirie, il ne serait plus nécessaire de casser à grand fracas de grandes surfaces en béton. Et ils seraient considérablement simplifiés, voire rendus inutiles tandis que la capacité des réseaux d’eaux pluviales pourrait être diminuée ainsi que celles des eaux usées au moyen d’espaces de phyto-traitement agrémentant les jardins sur le même principe que pour les piscines naturelles.

Un nouveau vivre-ensemble sur les déplacements

Avec les économies que ce système engendrerait par son optimisation drastique de l’usage des voitures, les métiers de taxi tels que nous les connaissons seraient sans doute voués à disparaître mais d’autres emplois et services seraient créés. Rompant avec l’individualisme des voitures, des minibus autonomes d’une dizaine de personnes, déjà commercialisés en 2014, pourvoiraient aux trajets les plus empruntés dans la ville. Et un accueil sur ces déplacements plus ou moins longs serait un élément important afin d’effectuer des animations ou offrir des services. Par exemple, il pourrait être imaginé que l’augmentation considérable de la proportion de bus publics et le confort de conduite liée à la régulation puissent permettre d’offrir des services publics au sein même des bus. Ainsi, non seulement, il serait possible de ne plus avoir de voiture mais aussi de solliciter la réponse à un besoin. Cela pourrait être par exemple, de retrouver la la commande pour ses courses ou une livraison.

La fluidité du transport serait telle que le confort dans les déplacements serait considérablement amélioré. Certains de ces bus pourraient ainsi avoir une fonction de restauration intégrée permettant à la fois de déjeuner tout en se rendant sur son prochain lieu de rendez-vous. Lors d’événements, des navettes seraient affectées dynamiquement aux maillons importants du réseau afin d’éviter les files de voitures. Du fait des économies considérables en paiement de parking, du temps gagné et du partage de ressources, le coût des transports serait considérablement abaissé.

L’enjeu de la sécurité des personnes

Du fait de la gestion de l’ensemble des véhicules, il n’y aurait plus de risques d’avoir un accident ou de retrouver sa voiture abimée par une personne qui l’aurait empruntée puisque c’est le même système informatique qui se charge de la conduire. Et en connaissant donc les positions de tous les véhicules à tout instant.

Contrairement aux projets de voitures autonomes où les véhicules sont gérés individuellement et sans logique commune, gérer des taxis autonomes est non seulement considérablement plus simple mais surtout réalisable, ce qui n’est clairement pas prouver dans le cas des voitures autonomes.

Reste les enjeux de sécurité vis à vis des piétons: les systèmes de détection développés pour les voitures autonomes seraient utilisés, les feux réagiraient beaucoup plus rapidement aux demandes des piétons et le système informatique éviterait par construction les incivilités particulièrement en s’arrêtant aux feux et respectant les vitesses. Evidemment, un ordinateur ne boit pas d’alcool. D’autre pat, dans un monde connecté, on peut imaginer qu’en cas de situation de détresse, les portables des personnes présentes à proximité puissent lancer des alertes. La personne à la place conducteur resterait vigilante et pourrait intervenir en cas d’urgence soit en déclenchant un arrêt d’urgence de son véhicule, soit en reprenant le contrôle du véhicule. Même lors d’un tel arrêt d’urgence, le système informatique aurait la possibilité d’intervenir auprès des autres véhicules pour gérer la situation, voire faciliter l’arrivée de secours en cas d’accident si malgré tout cela survenait. La sécurité serait sans aucun doute meilleure qu’aujourd’hui vis-à-vis des piétons, mais les accidents resteraient possibles.

Les conditions juridiques pour y parvenir

Pour que cela soit faisable, il faudrait simplement faire voter une loi qui amène les constructeurs automobiles à réserver une place pour un module optionnel au sein de chaque véhicule afin de lui permettre d’avoir une conduite autonome. Module qui deviendrait obligatoire jusqu’à renouveler un nombre suffisant de véhicules citadins y compris en proposant des incitations fiscales. Ce nombre critique serait bien moindre que celui de tous les véhicules roulant en même temps dans Paris, et bien sûr à l’exclusion de ceux garés qui ne servent à rien… Ces véhicules hybrides devraient être pourvus d’une boite de vitesse et d’un système de freinage régulés par électronique. Quant aux véhicules polluants, ils resteraient en périphérie et le covoiturage autonome et automatisé garantirait de réaliser les trajet souhaités.

Quant aux solutions de nos gouvernants, il serait temps de les oublier: la circulation les jours pairs ou impairs selon sa plaque d’immatriculation, éliminer le diesel après l’avoir incité pendant des décennies, ou encore interdire les véhicules anciens dont la plupart ne polluent probablement pas plus que les neufs. Tous ces beaux dossiers prioritaires pourraient être recyclés en papier brouillon. Nul besoin non plus d’attendre que Google lance un tel projet pour nous en France avec sa voiture autonome.

La faisabilité technique

Développée il a plus de 30 ans essentiellement par des ingénieurs et élèves-ingénieurs de la junior-entreprise d’une école bordelaise, un système de synchronisation des feux  fut et reste très démonstratif sur le sujet, et depuis bien longtemps. Pour convaincre les prospects lors de démonstrations à Bordeaux, ceux-ci étaient invités près des quais de la ville, et devant eux, le système de régulation était débranché et les bouchons se développaient, avant bien de rebrancher de nouveau la supervision et de voir les flux automobiles redevenir réguliers, et convaincre de futures villes utilisatrices.

A l’avenir

Avec l’exigence écologique qui s’impose à tous, il s’agirait bien là d’une évolution majeure dans la prise en compte du défi de la pollution, de l’emprise des routes en ville, la réintégration d’espaces verts sur des rues passant de deux voies à une mais aussi la possibilité de plus d’échanges et d’innovations sociales.

Une solution associative au renouveau de l’économie locale

Un problème unique est souvent bloquant. Deux problèmes considérés séparément, c’est décourageant. Alors une multitude de problèmes pris séparément et c’est le sort qui s’acharne.

Les problèmes qui nous tombent dessus ne sont pas dus au seul hasard, et effectivement lorsqu’un problème résiste, un second problème n’est pas bien loin et se présente sans plus tarder. Ce dernier pourrait être vu comme un indice supplémentaire de la solution à trouver. Pourtant, on s’entête souvent derrière des solutions éculées, les problèmes deviennent plus grands encore, les réponses plus compliqués et on se bute face à une implacable réalité. Comme pour une devinette, la véritable solution nous glisse entre les mains. Jusqu’à ce que de la mise en commun de la multiplicité des indices surgisse l’unité, celle de l’idée puis d’une véritable synthèse. Et effectivement, comme pour une devinette, on s’écrie, « je le savais, c’était trop simple » !

L’avenir est à ces solutions simples. En voici une qui, par construction, remet en cause les divisions verticales et artificielles de notre société pour mutualiser horizontalement les enjeux et fournir des solutions unificatrices.

Il s’agit de mettre en commun au niveau local les enjeux des associations, l’économie des producteurs, et le transport des marchandises à destination des professionnels et des particuliers.

Aujourd’hui, les parents ne savent pas toujours comment emmener leurs enfants pour leurs activités sportives ou ludiques, et cela les oblige à des allers-retours parfois pénibles voire rédhibitoires. Quant aux producteurs locaux, il ne leur est pas simple de vendre aux particuliers sans passer par des intermédiaires coûteux.

Le principe, c’est de proposer de venir chercher les enfants chez eux, les emmener sur leurs lieux d’activités et de les raccompagner. Et l’idée, c’est que, pendant la journée, le transporteur sera allé chercher les commissions de manière groupée.  En sortant de la camionnette devant la maison de chaque enfant, le conducteur déposerait les commissions sur le pas d’entrée, et l’enfant n’aurait plus qu’à les déposer dans les placards et frigidaires de sa famille.

Bien sûr, il faut jouer un minimum le jeu, et un montant minimal de courses par semaine doit être prévu pour rentabiliser l’affaire. L’opportunité, c’est de saisir l’occasion pour que le livreur puisse déposer les colis dans la maison, en faisant d’une pierre deux coups et d’éviter d’avoir à téléphoner ou à revenir comme il le fait communément.

En fait, cela ne se limiterait pas aux enfants, chaque adulte pourrait être ainsi emmené jusqu’à son local associatif et en profiter pour discuter avec ses connaissances ou copains.

Les producteurs participeraient en donnant une marge bien plus faible que celle accordée aux intermédiaires, d’autant que les pertes liées aux méventes ne se poseraient plus autant.

Une gestion informatique permettrait de proposer les ventes, gérer les commandes, synchroniser les calendriers, optimiser les déplacements. Cela serait plus économique pour le consommateur, et moins de temps serait perdu à se déplacer individuellement.

En passant à une véritable intercommunalité, cela permettrait aussi de mettre en commun des producteurs à une échelle un peu plus importante et de permettre plus facilement de se rendre à une association située sur une autre commune.

Et cela ferait gagner du temps aux parents, de la consommation d’essence, ce serait bon pour la planète et très convivial de se retrouver tous ensemble dans un mini-bus. Cela créerait surtout du lien.

Une solution plus élaborée a été décrite par la suite dans un autre article.

Enfin, pour en revenir aux devinettes, c’est parfois difficile de trouver la solution. Mais, au jeu du ‘ni oui ni non’, pour quelqu’un qui donne toute son énergie à vous aider, c’est encore plus désespérant ! Finalement, plutôt que de crise économique, pour notre planète, ne serait-il pas plus adapté de parler de dépression écologique ?

Une solution pour devenir agriculteur-maraîcher et en vivre

Cet article est une solution proposée pour être agriculteur-maraîcher aujourd’hui, bien gagner sa vie et vivre autrement, mais pleinement, ce métier indispensable à la vie de chacun d’entre nous. Et je la soumets au débat.

Voici une liste de problèmes qui se posent à un maraîcher pour gagner sa vie:

  • la rafle des intermédiaires et leur position dominante
  • la contrainte de devoir produire beaucoup pour diminuer ses charges d’exploitation
  • les conséquences d’une certaine forme d’industrialisation du travail amenant à l’utilisation de produits chimiques pour rationaliser au maximum les méthodes de culture tout étant dangereuse pour le consommateur comme pour le producteur
  • la contrainte de devoir constamment s’aligner avec la concurrence nationale voire internationale qui n’a pas forcément les mêmes contraintes.
  • le fait de devoir être subventionné ou financé par des organismes qui vous fixent des contraintes drastiques,
  • la mondialisation et le fait de voir ses prix soumis à la spéculation sur les marchés financiers,
  • le coût du transport et des emballages,
  • le gâchis des grandes surfaces qui diminue indirectement la marge des agriculteurs,
  • la vente de fruits et légumes cueillis à l’avance et pas au meilleur moment pour le consommateur,
  • le coût écologique induit par les transports et le déplacement des clients jusqu’aux distributeurs qui, en se raréfiant, augmentent encore à la distance pour le consommateur, typiquement jusqu’aux seules grandes surfaces,
  • l’absence de contact avec le consommateur, le vrai client final de l’agriculteur, et de son retour sur les produits,
  • le fait pour le client de devoir prévoir la bonne quantité de fruits et légumes à acheter sous peine d’en gâcher une partie, à ne pas oublier de les peser dans les étalages lorsque ce n’est pas en caisse,
  • l’impossibilité de vendre certaines espèces non réglementées et le manque de goût de bien des produits tels que les tomates.

Alors des solutions apparaissent et s’orientent vers les circuits courts. Il y a ainsi les paniers au sein d’AMAP, la vente directe, ou encore des solutions de regroupement de producteurs qui tirent parti des technologies Internet.

Cela continue à poser des problèmes tel que le manque de liberté dans ses choix pour le consommateur, le coût à distribuer directement ses produits malgré la suppression des intermédiaires, ou encore les marges commerciales des sociétés permettant des regroupements. Il y a la difficulté à se faire connaître pour ces producteurs et le fait que ces solutions puissent se développer à grande échelle et entrer dans les moeurs. Tout le monde ne fait pas de ses achats des actes militants telle une vraie lutte contre un « système » dont pourtant les français, ceux qui sont sur le terrain des difficultés de notre pays, ne veulent plus à une majorité évidente.

En France, on a maintenant du pétrole mais on n’a plus d’idées ?

Alors voici une solution simple qui résout l’ensemble de ces problèmes, peut fournir du travail, participer à développer une agriculture à taille humaine et favoriser d’autres méthodes de culture. Pour cela, avançons d’un an dans le temps que je vous raconte la vie d’un agriculteur-maraîcher au quotidien.

« Le maraîcher dont je parle n’a plus forcément de grandes terres à lui. Il s’est mis à son compte sans avoir à faire de gros emprunts. Par contre, il a tout de même du matériel et surtout, beaucoup de savoir-faire. Habitant dans ma petite ville à la campagne, toutes les semaines, il se rend jusqu’à ma maison et passe par le portail menant à mon jardin. Et il oeuvre à s’occuper de mon potager et de mes arbres fruitiers. Il n’est pas bien grand mon potager, une centaine de mètres carrés, et c’est lui qui s’occupe de tout ou presque. C’est quand même à moi d’arroser mon potager le soir. Et parfois aussi chez mes voisins quand ils sont en vacances. Un peu comme mon maraîcher qui s’occupe justement aussi de leur potager, et profite des portes que nous avons placées sur nos haies mitoyennes.

Alors le soir, plus besoin d’aller au magasin pour prendre une salade et j’ai le plaisir d’aller la cueillir dans mon jardin. Ce que j’aime aussi c’est que mon maraîcher maîtrise le calendrier: non seulement, j’ai une idée de quand mes fruits et légumes seront à cueillir mais en plus je peux bénéficier des cultures de mes voisins et des autres clients de mon maraîcher. Quand mes haricots verts sortent tous en même temps, je les partage avec mes voisins et réciproquement. Le soir, c’est donc aussi le plaisir de retrouver des tomates de mes voisins car chacun d’entre nous s’amuse à choisir sa propre espèce et c’est un plaisir d’en découvrir de nouvelles chaque année.

Cela a changé ma vie et aussi mes relations avec mes voisins. Et pas seulement à la fête des voisins et de son concours des meilleurs fruits et légumes. Il y a plus de partage. Au lieu des murs qui nous séparaient, nous avons mis des haies et participé à récréer de la biodiversité. Au départ, implanter ces haies, c’était simplement dans le cadre de la permaculture adoptée par notre maraîcher. Ainsi, toutes les tailles de ces haies mais aussi de nos fruitiers et autres arbres, servent d’engrais une fois qu’elle ont été broyées. Recouvrir les sols de broyas limite ainsi l’arrachage des mauvaises herbes et préserve l’humidité des sols.

Ces haies nous ont aussi permis de faire des portes pour faciliter le travail du maraîcher qui n’a plus besoin d’avoir nos clefs de maison. Avec mes voisins nous avons désormais d’autres idées pour profiter de notre mitoyenneté: au centre commun de nos 4 parcelles, on a ainsi l’idée de faire un poulailler commun ainsi qu’une éolienne pour notre électricité.

Mais surtout, avec ces techniques de maraîchage qui laissent loin derrière la productivité de l’agriculture intensive, 2000 mètres carrés suffisent à nourrir 20 familles de notre petite ville de campagne (*) et à donner un bon salaire à notre maraîcher. Alors il n’y a plus un mois qui passe sans qu’un nouveau maraîcher s’installe dans notre commune grâce à une plateforme associative nationale mettant, c’est le cas de le dire, le pied à l’étrier.

Cela me fait sourire de penser que mon maraîcher est devenu prestataire de services. Et il utilise la plateforme logicielle à laquelle j’ai participé, au sein d’une communauté open-source fournissant des solutions libre de droit pour l’économie locale. C’est grâce à cette plateforme que nous réalisons nos échanges entre voisins pour bénéficier des cultures des autres et éviter de perdre des surplus. Je peux ainsi réserver des légumes chez mes voisins et retrouver mon panier le soir déposé dans mon jardin par notre maraîcher.

Par ailleurs, l’association nationale, dont fait partie notre maraîcher, nous assure de sa solidarité en cas de catastrophe naturelle et de la perte de nos récoltes. C’est le seul cas où les différentes instances départementales de cette association font se déplacer des camionnettes avec une partie des récoltes de chaque potager pour faire de grandes distances. C’est comme on dit l’exception qui confirme la règle. »

Voilà. C’est juste l’idée, toute simple. Trop simple ? Il suffit de regarder la liste des problèmes évoqués au début de cet article pour réaliser que ceux-ci n’auraient pu lieu d’être. Et aussi d’envisager de recréer localement un nombre considérable d’emplois.

Ceux qui lisent ces lignes et veulent en débattre peuvent aussi aider à en faire un vrai projet. Un projet libre fournissant une solution détaillée, le moyen d’acquérir le savoir-faire et les outils informatiques. Et pour développer la solution et bénéficier des contributions libres d’une communauté à développer. Mon email: laurent@wyje.fr

(*) Plusieurs sources font état de tels résultats. Il s’agit notamment de la Ferme du Bec Hellouin. Sur le même thème, on peut consulter On-peut créer 600-000 emplois dans l’Agriculture, ou approfondir sur Terre de liens.

Des salariés pour reprendre leur société

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/aim-vers-sauvetage-310-600-postes-19-03-2015-201140

Qu’enfin des personnes qui connaissent parfaitement le métier et les rouages de leur entreprise puissent participer aux décisions de leur propre entreprise, tout en prenant leur part de responsabilité y compris financière, serait un (nouvel) exemple à suivre de près et à encourager avec la plus extrême rigueur. Y-a-t-il un seul salarié d’une grosse société hors PME qui ne soit pas à se lamenter devant l’absence de décisions de bon sens qui libèreraient la productivité de son équipe pendant que des dirigeants éloignés des réalités du concret cherchent à grappiller 1 ou 2‰ sur les salaires ou les investissements nécessaires pour relancer ? Etre salarié ou associé, ce n’est pas du tout la même relation, alors bonne chance à ses salariés. Le courage et le métier ne leur font certainement pas défaut, et quant aux vraies solutions, ils les connaissent sûrement depuis plusieurs années. Y’a-t-il une seule grosse boite où cela ne soit pas le cas ?

Le tournant inachevé de l’Histoire: « The Imitation Game »

Un film sur la vie du mathématicien Alan Turing est sorti au cinéma et y est encore diffusé.

Ce qu’il y a de magique dans ce film, c’est qu’il montre à l’évidence que la vie d’Alan Turing est un peu comme un ultime code qu’il nous aurait laissé pour nous permettre de déchiffrer l’histoire des quelques dizaines d’années qui ont suivi sa mort jusqu’à notre monde d’aujourd’hui et peut-être de demain … Monde dont il a été le pilier théorique de l’Informatique.

Alors, quoi de mieux que de faire un dessin pour s’expliquer ? Et qui plus est, à l’aide d’une des plus belles formes de dessin mathématique que sont les fractales. Une courbe de Mandelbrot que vous aurez tout loisir de dessiner au hasard avec un logiciel tel que XaoS:

Fractale

Le propre d’une fractale, c’est que lorsque l’on y regarde de plus près – en zoomant -, on retombe sur la forme de départ. Pour autant, un seul changement sur les conditions initiales de la suite mathématique et l’image peut s’en trouver radicalement transformée.

Et la vie d’Alan Turing semble continuer à se reproduire telle une fractale. De cette intuition géniale d’un homme pour renverser une situation désespérée, que reste-il si ce n’est les manipulations des politiques, l’exclusion de ceux qui sont différents, la discrimination, la jalousie de ceux qui ne supportent pas de voir leur médiocrité remise en cause, la détermination d’un groupe pour remporter technologiquement une guerre, ou encore le travail acharné d’équipes pour sauver une entreprise (article de ce blog)  à travers les choix aberrants et les mensonges de ses dirigeants ? A haut niveau, dans une vision macroscopique et diluée de notre société et jusqu’au drame microscopique et concentré d’un adolescent exclu par sa différence sexuelle. Comme si notre quotidien restait soumis au même destin que celui de Turing. Un destin inachevé en raison d’une histoire d’amour non conforme ? Il n’aurait donc pas réussi à contrer cette loi de causalité, celle qui fait que certaines conditions initiales ne pourraient être surmontées qu’au prix d’efforts surhumains ? Telle une erreur d’un millième de degré dans l’axe de lancement d’une fusée pour mettre un satellite en orbite géostationnaire.

Et quelle plus belle preuve apportée par la machine de Turing que celle de l’indécidabilité algorithmique de certaines propriétés dans les théories mathématiques pour faire suite aux travaux de Gödel (*) ? Tous les jours, les économistes s’opposent radicalement dans leurs solutions sans pouvoir établir leur point de vue. Le message on ne peut plus clairement exprimé par le problème de l’indécidabilité, c’est que la théorie doit être renouvelée et fortifiée avec de nouveaux principes qui permettront de donner un sens aux questions sans réponse. Jusqu’à ce que de nouvelles questions se posent et nous entraînent plus loin, dans une nouvelle et véritable synthèse bien loin des compromis pratiqués par nos politiques. Et selon une simplicité anarchiste qui ne pourra que déroger à la connivence de ton, cette forme structurante de censure qui s’installe lorsqu’un système est figé et ne vise qu’à en protéger les ressorts de croissance lorsque ceux-ci ne sont plus que des étaux.

S’il y a bien une chose que l’on accorde aux mathématiciens, c’est bien de reconnaître une même structure dans des problèmes qui n’ont rien à voir a priori. Alors est-ce que Turing a réussi ce qu’il voulait entreprendre ? Ou est-ce qu’il y a eu échec et est-ce que nous sommes soumis au même problème aujourd’hui ? Y’a-t-il un rapport avec la dialectique et les problèmes de notre pays discutée sur ce blog,  dans la même mesure que l’interprétation des programmes structurés d’informatique qui se représenterait elle-aussi comme une fractale ?

Comme si les vrais réformateurs se faisaient des clins d’œil à travers les siècles à la mesure du destin d’Alan Turing dans la lignée de celui d’Evariste Galois, mort en duel à vingt-ans en laissant des écrits à la veille de sa mort. Travaux utilisés de notre temps avec la cryptographie, décisive contre Enigma, et qui le seront encore pour longtemps.

Ce qui est sûr, c’est que ce film est un bel hommage à ce mathématicien qui après Pascal et sa machine est un des pères de l’Informatique d’aujourd’hui dont il a apporté les fondements théoriques (y compris pour les portables et autre facebook !). En résumé, notre confrère informaticien pour l’éternel.

Vous trouverez quelques articles sur le même sujet dont celui du journal Le Monde qui cite des propos révolutionnaires: « des notions comme la tradition et les usages, le rang, l’âge, les diplômes et autres détails superficiels étaient ignorés : seule importait la faculté de penser ».

(*) La preuve de ce théorème s’étudie en Théorie des Langages et est d’une simplicité déconcertante: l’apprentissage de cette théorie constitue  vraiment un grand moment …

Ingénieurs informatique en France: une profession en danger, une économie bridée jusqu’à l’asphyxie

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L’exemple d’une prestation logicielle

C’est par une anecdote que je commencerai cet article. Celle d’une mission pompier pour un sous-traitant de Alstom.

L’objectif de cette mission était de corriger un problème dans le simulateur des lignes TGV. Il y avait un besoin nouveau de la SNCF qui est de pouvoir programmer à forte fréquence des TGV sur une même ligne, et il se trouve que lors des démonstrations sur le simulateur, inéluctablement, les TGV finissaient par s’arrêter les uns après les autres.

Et sans que la cause réelle soit identifiée. Trois possibilités s’offraient au vu des discussions auprès d’Alstom: – corriger le problème, – retirer des sécurités, – refaire le simulateur. C’est l’existence des deuxième et troisième possibilités qui révélait le plus l’ampleur des dégâts.

Ce simulateur avait été sous-traité il y a une dizaine d’années à la SSII qui offrait cette nouvelle mission en 2014. Ce simulateur avait alors évolué en tierce maintenance applicative selon les besoins métiers exprimés par le client. Jusqu’au jour où Alstom a décidé de délocaliser en Inde l’évolution et la maintenance de ce simulateur. Plusieurs années plus tard, le logiciel est devenu impossible à maintenir, et le logiciel est revenu en France. Malheureusement, les ingénieurs qui développaient ce simulateur au sein de la SSII étaient partis à l’exception peut-être d’un seul, et il fallait donc trouver quelqu’un, un ingénieur, pour intervenir et solutionner le problème. D’où la mission pompier sur ce logiciel qui bien entendu, et comme cela fût confirmé, était devenu une usine à gaz plus qu’un simulateur de TGV.

La réponse des « grands dirigeants du numérique » aux enjeux de la qualité

La politique financière

Dans bien des entreprises, les vrais problèmes ne sont pas résolus et les bonnes décisions ne sont pas prises. Et donc tôt ou tard, il y a un plan social ou des licenciements boursiers. Le principe machiavélique suivant est issu de cas réels :

  • s’endetter et investir pour finir de développer une technologie, ne pas attendre d’en récolter les fruits pour équilibrer les comptes,
  • invoquer la nécessité d’un plan social,
  • se débarrasser de la masse salariale ayant développé les produits,
  • déléguer en tierce maintenance applicative l’évolution et la maintenance du produit réalisé,
  • faire tirer parti aux dirigeants du fruit du travail des ingénieurs qui ont été virés et à qui ils doivent leur place à la tête de l’entreprise, en s’octroyant prime et augmentation de salaire,
  • imposer des normes type CMMI aux sous-traitants en matière de documentation et d’uniformisation des processus de développement,
  • une fois cette normalisation acquise délocaliser en Inde ou en Chine, et augmenter encore artificiellement les bénéfices de l’entreprise,
  • s’octroyer une retraite chapeau et préparer sa succession avant de prendre les voiles,
  • manipuler encore un peu les comptes en revendant les technologies avec les filiales situées à l’étranger,
  • critiquer le gouvernement sur le manque de flexibilité du monde du travail,
  • donner sa démission à titre d’exemple, et recommencer ailleurs à participer à ces tournantes de l’économie qui violent les intérêts de notre pays.

Et bien sûr faire demander tout au fond de la hiérarchie à un ingénieur pompier – un expert – de réparer un problème devenu inextricable.

La réalité des ingénieurs à produire la véritable valeur ajoutée

Cette histoire et l’explication qui s’en suit correspondent au modèle de bien des grandes entreprises en France dirigées par des financiers incompétents dans les métiers de l’ingénierie sur lesquels ils prennent des décisions. J’entends par là que quand bien même on aurait un diplôme d’ingénieur pour savoir ce qu’est un projet, encore faudrait-il avoir exercé sur le sujet. C’est le premier problème. Le second, c’est que le fait d’avoir un très grand salaire ne signifie pas pour autant qu’on le mérite ainsi que le croient ces dirigeants qui sont débarqués à la tête des grandes entreprises françaises.

La réalité concrète, c’est que les ingénieurs sur le terrain, dans la réalisation de la véritable valeur ajoutée de l’entreprise, passent leur temps et énergie à se battre parfois désespérément pour faire au mieux au milieu des choix et conditions aberrants qui leur sont imposés de toute part.

La logique du court terme et le contre exemple d’Apple

Pendant que ces mêmes financiers essayent de grappiller 1 ou 2‰ d’économie sur les salaires ou sur les composants des produits plutôt que faire le boulot d’un entrepreneur qui consiste d’abord à trouver les solutions à de nouveaux besoins, les ingénieurs développant les produits perdent au bas mot 80% de leur temps sur des problèmes que ces entreprises se sont créés à elles-mêmes.

La principale raison est cette logique court-termiste de la finance. C’est-à-dire qu’il faut tirer au maximum sur l’existant sans le faire évoluer au fur et à mesure. Il existe pourtant un contre-exemple fameux qui est celui d’Apple. Je ne parle pas de l’exemple de son ancien dirigeant et de son pull à col roulé mais bien de son système d’exploitation  : il évolue régulièrement et certains composants sont petit à petit écartés jusqu’à devenir obsolètes, et des ruptures majeures sont aussi effectuées.

Car c’est d’abord cette logique court-termiste qui fait entrer l’informatique de ces sociétés dans un cercle vicieux où l’on ne fait que corriger les problèmes du choix erroné précédent. La deuxième erreur, une fois qu’ils se rendent compte que plus rien ne peut être tiré de leur usine à gaz, c’est de lancer un nouveau développement en jetant l’existant et sans savoir concevoir un produit puisqu’ils ont arrêté de faire pratiquer la conception logicielle pendant toute la durée d’évolution et de maintenance du précédent.

Des technologies et des algorithmes métiers voient quand même le jour, mais le quotidien des projets industriels en matière de conception logicielle, cela reste la préhistoire.

L’embolie provoquée par le système français des SSII

Et le pire, c’est que cela ne risque pas de s’améliorer.

En effet, il y a une deuxième raison qui consiste en un véritable fléau de l’informatique en France: ce sont les SSII.

Quand on connaît leur importance en France en terme d’emploi, cela peut sembler invraisemblable. Et pourtant, je ne connais aucun ingénieur, ni n’ai jamais entendu parler d’aucun ingénieur heureux à l’idée de travailler dans une SSII après quelques années. Ce n’est pas compliqué, il suffirait de faire une enquête en prenant les annuaires des écoles d’ingénieurs en Informatique et de demander l’avis de ceux ayant au moins 5 ans d’expérience.

Et alors ? Pourquoi cela fonctionne quand même ?

Parce que l’économie, c’est une compétition et pas un examen. Si c’était un examen avec l’exigence d’un niveau minimal, il n’y aurait quasiment plus que des startups et quelques R&D à faire de l’informatique en France. Et heureusement pour les grandes entreprises, c’est une compétition où l’on peut compter sur le plus faible niveau des autres. Et on peut aussi compter sur les sociétés leaders sur le marché international pour racheter tout ce qui bouge, vendre à pertes pour tuer la concurrence, ou essayer de reprendre ou ne pas hésiter à tuer les produits innovants tout en récupérant les clientèles qui n’ont alors plus ni le choix de leur fournisseur, ni de produits dès lors de piètre facture.

Le principe des SSII

Rappelons le principe suivant d’une SSII: vous prenez un ingénieur, vous le présentez à un client final pour un entretien d’embauche, et ensuite vous ne le revoyez plus, ou au pire tous les 3 mois pour un entretien « qualité » afin de s’assurer de la poursuite de la mission. Mais pendant les 1, 2 ou 3 ans du projet, vous lui ponctionnez 60% de sa rémunération. Simple, non ?

Avec le numérique en France, faire de l’argent facile, c’est un jeu d’enfant.

Une mafia qui fait sa loi même à l’APEC

Et cet argent facile a toujours été un eldorado pour les voyous, et cela donne illusion et fait illusion. Au point que même les services de l’APEC ont été vérolés et ne permettent plus de trouver une offre d’emploi sans filtrer les offres des SSII.

Pour autant, cela devrait être possible mais la configuration n’est pas prise en compte:

APEC: configuration

Et vous vous retrouvez avec une centaine d’offres dont aucune ne semble émaner d’autre chose que d’une SSII.

Difficile d’échapper aux griffes de ces SSII ?

Etre SDF en SSII

Alors qu’est-ce qu’un ingénieur en Informatique dans une SSII ?

La réponse, c’est simple: au bout de 4 ou 5 ans, c’est un SDF, et au bout de 8 ans, c’est un clochard.

En effet, lorsque vous n’avez pas d’autre choix sur le marché de l’emploi que de passer par une SSII, vous devez bien vous y résoudre. La première chose, c’est que vous allez être mal payé. La première mission pourra être intéressante mais ensuite vous n’aurez plus guère le choix que d’aller où l’on vous demande. En cas difficulté sur le marché, les SSII d’envergure nationale, enverront leurs ingénieurs de Paris à Lyon, et leurs ingénieurs de Lyon à Paris, et les licencieront sans état d’âme s’ils refusent, histoire d’épurer un peu et de toucher une prime supplémentaire. Parce que c’est légal: la convention du syntec qui régit les clauses des contrats de travail prévoit en effet la fameuse clause SDF de mobilité nationale. Bien sûr, ce syntec qui est censé représenter la profession ne comprend aucun mais alors aucun ingénieur à sa tête mais essentiellement des commerciaux. Après, si la SSII choisit de ne pas virer l’ingénieur, elle le place en inter-contrat avec surtout l’obligation de ne rien faire, ni de se former, ni de travailler sur un projet, mais de s’ennuyer le plus possible afin d’être prêt à accepter la mission même la plus inintéressante possible.

Le but est clairement de faire un maximum de pognon sur le dos des ingénieurs. D’ailleurs, on ne parle pas d’ingénieurs dans le milieu, mais de « presque à terre de sévices ».

L’ambiance

Chez le client final, ces prestataires de services sont considérés comme des salariés de seconde classe. Ils n’ont qu’un écran, parfois de bureautique à la taille petite inadaptée au développement logiciel. Leur machine est sous Windows Vista (sic) et il leur sera très difficile d’obtenir une barrette mémoire supplémentaire. Bien sûr, eux, leurs chaises n’auront pas d’accoudoir car le confort, c’est fait pour ceux qui s’endorment sur leurs lauriers. Et si le projet est externalisé au sein de la SSII, l’ordinateur dernier-cri foudre de guerre, il n’ira pas à l’ingénieur ayant besoin d’une machine à la hauteur de sa rapidité de réflexion, non, il ira au commercial pour faire sa bureautique. Vous n’imaginez tout de même pas un commercial bien sapé avec un iPhone, une voiture allemande et un ordinateur portable dont le ventilo se met en route chez le client parce qu’il commence à chauffer au moment de noter le prochain rendez-vous trois mois plus tard pour le suivi chez le client d’un de ses ingénieurs ? Les ingénieurs resteront avec leur bagnole d’occasion qu’ils adorent réparer eux-mêmes et un PC forcément d’occasion lui-aussi.

La déception des ingénieurs et l’immense gâchis

Mais un ingénieur qui a fait math sup/math spé, il a le moral et est habitué à travailler dans des conditions difficiles. Alors, il se débrouille pour rêver à de nouvelles technologies. En ce moment, tout le monde parle du Big Data et d’un marché énorme, alors ils s’intéressent aux bases de données NoSQL de FaceBook ou Google par exemple. Effectivement, les grandes entreprises sont au taquet: elles vont développer des POC (Proof Of Concept) pour lesquelles des offres de stages se trouvent sur le Net. L’ingénieur lui, il se fabrique son réseau domotique en programmant des Arduino. Et puis, il est passionné par l’innovation en général et les énergies renouvelables. Alors, comme il n’a pas les sous, il construit ou fabrique lui-même. D’ailleurs, il rénove sa maison lui-même.

Dans les deux cas, il en aura plein le dos: soit parce qu’il ne supporte plus de travailler en SSII, soit parce qu’il se sera chopé une hernie discale en travaillant chez lui. Ce n’est pas un cas particulier, c’est courant.

Et dans les deux cas, la misère n’est pas bien loin. Soit parce qu’il perd son travail, ou pire, parce qu’il se soumet.

La clochard-attitude

Parce que qu’est-ce que c’est qu’un clochard ? C’est quelqu’un qui vit d’aides et d’un peu de charité, dans la précarité et avec des problèmes d’alcool et qui renonce à chercher un travail. Mais, il y a pire que cela, c’est qu’une fois l’hiver arrivé, il refuse de suivre les services sociaux qui lui propose de l’amener jusqu’à un lieu d’hébergement. La raison en est qu’il refusera toujours qu’on lui arrache la seule chose qui lui reste pour donner un sens à sa vie: la misère elle-même qui le fait exister dans le regard que les autres daignent porter sur lui.

Et l’ingénieur en informatique s’habitue à cet état de fait. La déception puis la colère s’estompent et chacun commence à raconter ses expériences pour amuser la galerie, voire même mourir de rire. Comme celle d’une externalisation où il a passé son temps payé par le client final à ne rien faire, à attendre désespérément d’avoir quelque chose à se mettre sous le clavier. Jusqu’au prochain jour de recette chez le client, où le commercial revient vers l’équipe en ayant négocié les nouvelles exigences du client de sorte de leur annoncer la bonne nouvelle: vous n’aurez rien à faire les gars !

En poste chez un client final avec tous les problèmes que l’on rencontre, un trentenaire n’ayant jamais travaillé que dans une SSII, vous déclarera face à un projet en déroute que l’on ne peut rien faire pour faire passer les bonnes décisions. Et puis, au milieu du temps passé à attendre après les différentes moulinettes de compilation, migration, transfert de version, ou livraison qui constituent son rythme de travail alors qu’elles devraient être parfaitement inutiles, il se réjouira plusieurs heures par jour à jouer sur son téléphone portable. Et il aura raison, car en voulant travailler sur plusieurs choses en parallèle, toujours en attente, il se déconcentrera au milieu de la complexité des inutiles complications. Et le client se surprendra à entendre des réflexions du style: « ah, tu n’as pas le moyen de tester ton code, cool, tu vas pouvoir faire de la m… ! ». Mais jusqu’où est-ce de l’humour ?

L’enjeu de la transmission du savoir-faire

D’autre part, il a été écrit dans le marbre qu’un ingénieur est fini dès 40 ans. C’est son âge de péremption. Bien sûr, cela ne résulte d’aucune étude et le fait que ce ne soit pas du tout le cas en Californie ou dans certaines grandes entreprises plutôt performantes comme Schneider Electric n’éveillera pas le soupçon d’une habile manipulation. Et la boucle est bouclée. Dramatiquement. Sans échange entre personnes de différents âges, le transfert de compétences ne s’effectue plus. Il ne s’effectue plus, non pas depuis quelques années, mais bien depuis près de 15 ans ! Et certaines technologies de l’embarqué dont celles qui font l’interface entre le hardware et le software en souffrent cruellement. Pire encore, le développement en C/C++ qui correspond à une quantité gigantesque des logiciels à maintenir sont des technologies qui ne sont plus (assez ?) enseignées.

Depuis longtemps, le transfert de compétences était une condition sine qua non à assurer et cela explique les situations catastrophiques que l’on rencontre depuis plusieurs années y compris, voire même surtout, chez des « leaders » mondiaux. En l’état actuel, les entreprises se rendent compte les unes après les autres qu’elles ne peuvent plus maintenir leurs logiciels. Et elles sont en train des les abandonner, et tentent de les refaire souvent de la pire manière. A savoir sans tirer parti du logiciel existant qu’elles ne comprennent plus et sans s’assurer de savoir concevoir une nouvelle application.

La conception logicielle: une discipline artisanale guidée par l’expérience et par aucune théorie

Pour ces questions d’évolution ou de maintenance, les choses sont en train de changer aux bénéfices des seniors de ces technologies qui pourraient s’imposer dans une mesure probablement incomparable avec celle des anciens du Cobol en l’an 2000. C’est pourtant sur un autre sujet que ces ingénieurs expérimentés apporteraient justement leur plus grande valeur ajoutée.

Et il s’agit des questions de conception.

C’est-à-dire de la clef de de voûte angulaire des logiciels pour laquelle il n’existe aune méthode et où c’est l’expérience qui, pour l’instant, prédomine. Par exemple, on peut déterminer une forme canonique pour une base de données avec la méthode Merise. Mais aucune méthodologie ne permet de réaliser un logiciel en étant guidé étape par étape. Il n’y a que des langages méthodologiques pour représenter la conception des logiciels ou aider à vérifier que les besoins des utilisateurs finaux sont couverts par ces logiciels.

Sauf que le problème d’un ingénieur senior, ce n’est pas tant son coût, mais bien qu’il voit clairement les problèmes. Ce qui n’est ni dans l’intérêt des SSII qui aiment berner les jeunes ingénieurs, ni forcément du client final pour des questions pures de politique interne et d’intérêts de personnes. Un ingénieur senior ne va pas forcément rentrer dans le chou. Mais il aura du mal à s’empêcher de rigoler quand on raconte n’importe quoi, et de le tourner en dérision: on peut contraindre un ingénieur à ne pas faire correctement son travail, mais pas le priver de faire une bonne blague.

Encore que.

La seule véritable solution pour les passionnés d’informatique: les startups ou l’exil

Dans l’état actuel des choses, le conseil que je donne pour un jeune ingénieur est de réaliser des projets passionnants dès sa scolarité en visant à intéresser des startups ou de jeunes entreprises de pointe en publiant ses résultats sur un blog ou sur Github et autres communautés open-sources.  Et du coup de pouvoir à tout moment se casser de France et aller, par exemple, aux Etats-Unis !, ou en Angleterre, dont le marché de l’emploi n’est absolument pas aux mains de sociétés de consultants, bien au contraire.

Il faut aussi veiller à vérifier la réalité du marché que va manipuler le lobby français des SSII afin d’abaisser encore les salaires des ingénieurs. Jusqu’à ce que les politiques s’interrogent sur le fait que plus personne ne veut être ingénieur en France, que le niveau baisse encore, ou que les cerveaux partent systématiquement à l’étranger. Peut-être alors que l’on fera des mesures incitatives ou réglementaires, des mesures de quota sur la répartition dans les différents métiers ??!! Jusqu’où va-t-on descendre ?

A mon sens, s’il n’y avait qu’une seule règle d’or à respecter pour faire ses choix personnels, ce serait de préserver sa capacité à penser par soi-même, de s’assurer d’avoir à la fois l’autonomie et une marge de manoeuvre suffisante pour aller de l’avant et se mettre dans une démarche d’innovation dans la technique, et pas seulement.

Même Axelle Lemaire en témoigne, et même s’il lui a fallu un quinquennat pour cela: ce sont les « innovateurs qui ne participent pas aux structures instituées ou aux lobbies (…) qui créent de l’emploi aujourd’hui. Ancrés dans le territoire, et la tête à l’international.« 

Une loi pour aider à la transition vers une autre forme de contrat de travail

Il y a pourtant une solution aux problèmes que constitue cette réponse artificielle que sont les SSII au problème de flexibilité du travail.

Derrière le délit de marchandage, il faut bien comprendre que les SSII travaillent dans l’illégalité, car, si j’ai bien compris, nos lois s’opposent à ce que l’on revende le travail d’autrui sans y apporter la moindre valeur ajoutée, comme c’est le cas lors de la régie, la réalisation de prestations avec obligation de moyen au sein des locaux du client final.

Entre ombre et lumière

La solution consisterait à créer un nouveau contrat de travail et à le dédier aux ingénieurs informatiques. Il serait possible de l’étendre, mais autant un ingénieur est sélectionné et formé pour apprendre à apprendre et à évoluer, autant ce n’est pas forcément le cas de tout le monde. Il faudrait donc le restreindre à certains métiers.

Ce contrat, ce serait le contrat de projet à durée indéterminée. Il s’étendrait de 3 mois à 5 ans et serait non renouvelable. Une prime de 3 mois serait systématiquement donnée. Un préavis de 3 mois devrait être respecté, et dès lors qu’il est signifié, un montant de 1 mois de prime serait versé au salarié, la date d’émission de cette somme faisant foi (afin d’éviter un préavis constant). Cela lui permettrait de faciliter sa recherche d’emploi et 3 journées ou 6 demi-journées par mois seraient réservées pour cette recherche. Le fait de prévenir six mois à l’avance permettrait à l’entreprise d’avoir une exonération partielle de charges sur la prime. L’exonération de charges sur cette prime serait complète pour un contrat de 5 ans. Les deux derniers mois du montant restant de cette prime seraient bloqués sur un compte épargne pendant 5 ans, sauf en cas de chômage non indemnisé ou de projet de création d’entreprise. Ces trois mois de prime assureraient aussi un trimestre de cotisation pour la retraite. Le salaire versé à ces salariés devrait être en moyenne au moins 10% supérieur à ceux des salariés de l’entreprise pour un poste équivalent.

Un tel contrat aurait un impact direct massif sur l’économie française alors que le numérique est un moyen essentiel de création d’emploi ainsi que notre ministre de l’Economie le promulgue. Il y aurait une flexibilité saine et les entreprises ne paieraient plus très cher des SSII qui font tout pour leur pomper de l’argent au vu de leurs intérêts personnels.

La possibilité d’injecter massivement dans l’économie des technologies de demain

Il y aurait aussi une autre conséquence tout aussi dramatiquement positive: ce serait l’injection massive de pouvoir d’achat dans ce qui constitue la véritable matière grise française. En conséquence, plutôt que d’employer cet argent à acheter des bagnoles allemandes ou des iPhones à des commerciaux et aux sangsues du high-tech, il y aurait un redéploiement de ces sommes vers les centres d’intérêts des ingénieurs, à savoir: les énergies nouvelles, la domotique, l’impression 3D, la rénovation d’habitat, …, et bien sûr, la création d’entreprise. Parce qu’il n’y a pas un ingénieur qui ne pense à créer son entreprise quand il voit l’inefficacité avec laquelle son temps est employé.

Et plus jamais on ne verrait parmi nos meilleurs ingénieurs ou développeurs se retrouver en congé maladie parce qu’ils ont voulu faire eux-mêmes ce qu’ils n’avaient pas les moyens de faire faire par des artisans aux outils et méthodes spécialisés.

Quand finira l’imposture ?

Un ingénieur en régie ne travaille pas dans une SSII, il travaille pour le client final, et la SSII n’est qu’un intermédiaire. Les SSII travaillent dans l’illégalité pour les cas de plusieurs dizaines de milliers d’ingénieurs. Il est temps qu’une loi vienne régulariser leurs situations face à cette véritable clandestinité où il leur est interdit de discuter directement des problèmes avec le client final ou de faire évoluer leurs propres positions.  Il s’agit de s’affranchir du travail en cachette où l’ingénieur a le devoir moral d’éviter à la SSII et au client final de s’exposer indéniablement au délit de marchandage.

Une loi qui doit permettre au salarié de la SSII de reconvertir son contrat au sein de la SSII en un nouveau contrat de projet au sein du client final. La SSII ne devra garder que son rôle réel d’apporteur d’affaires qui ne justifie en rien les 50% de marge qu’elle se fait au bas mot sur le dos des ingénieurs et des clients finaux, industriels ou groupes du tertiaire. Un apporteur d’affaires dont l’intervention, et il serait temps de le dire, n’a rien de comparable avec le travail complexe nécessaire pour réaliser ou mettre en oeuvre une technologie. Quant aux inter-contrats, qui les paye ? Les SSII ou Pôle Emploi ? Il faudrait faire des statistiques au vu du nombre d’ingénieurs qu’on se débrouille pour virer à la fin de leur mission.

Cessons enfin de faire des lois ou de laisser détourner des lois pour des enfants gâtés qui s’attendent à ce que tout leur tombe tout cuit dans le bec.

Une autre solution encore plus simple

Un métier dédié au service n’est pas l’apanage des prestataires informatiques mais aussi d’autres professions et particulièrement des auxiliaires de vie dans le cadre de services aux personnes. Et le travail de ces auxiliaires se fait au sein d’association loi 1901. Imposer aux SSII la transition vers structure similaire serait une solution très intéressante et aux conséquences sans aucun doute bien plus bénéfiques à l’économie et aux ingénieurs.

Liens sur d’autres retours d’expérience

Vous trouverez à http://www.developpez.com/actu/66714/L-enfumage-des-SSII-retour-d-experience-d-un-developpeur-sur-l-embauche-des-SSII/ le retour d’expérience d’un de mes jeunes confrères qui par chance s’en est très bien sorti et dont voici la conclusion:

« Pour finir le salaire et les conditions proposés par la « vraie boite » (concrètement, un salaire 3,7k au-dessus du salaire moyen de mon école, 5,7k au-dessus du plus gros salaire proposé en SSII, et 10k au dessus du plus bas salaire proposé, avec une prime annuelle qui peut atteindre l’équivalent d’un mois de salaire, et sous convention métallo, dans une boite en province) Ces expériences ont fini de me convaincre que les SSII étaient vraiment des marchands de viande, pour rester poli… »

Un autre blog https://ploooooc.wordpress.com/ parle avec humour de ce qu’est la vie d’un consultant. Un article sur rue89 http://rue89.nouvelobs.com/2010/11/19/etudiants-ingenieurs-gare-a-la-presta-face-cachee-du-metier-176607 parle de cette situation et est issu du blog http://petitpresta.blogspot.fr/p/2-fonctionnement-dune-boite-de-presta.html dont notamment http://petitpresta.blogspot.fr/p/3-entourloupes-classiques.html. Se trouve aussi sur ce site un témoignage de la détresse qui envahit les débutants en entreprise avant de réaliser qu’ils vont de voir composer avec la bêtise et les caprices des enfants gâtés des SSII: http://petitpresta.blogspot.fr/p/5-references-reglementaires.html.

En cherchant « marchand de viandes » sur Internet, il y a aussi Les SSII: « des boites à viande » et L’assassinat lâche des ingénieurs par les SSII, avec des points de vue en commentaires tels que:

A peine je viens de commencer mon job depuis une semaine que je me prends cette réalité en pleine gueule. Une seule chose me vient à l’esprit: Tout ça pour ça ?? Prépa maths sup, grande école pour ça ?? Limite j’en chiale.

La différence entre l’image que j’avais de l’ingénieur (…) et la réalité est horrible. Le monde, ou tout du moins la France n’a pas de futur comme ça. Ingénieur, c’est devenu banal. Certains RH te diront que tu ne vaux pas plus qu’un BTS qui a plus d’expérience que toi.

Encore une fois, tout ça pour ça ?

ou:

La même pour moi .. Grande école pour pouvoir faire de ma passion un métier enrichissant (intellectuellement tout du moins) … et prends ça dans la gueule.  Fuyons mes amis, fuyons 🙂

Il y a aussi: La pénurie d’ingénieurs en France ? Bullshit …, ou Le monde des SSII (plutôt « soft »).

Sans oublier sa définition très « littéraire » à ne surtout pas manquer: http://www.languefrancaise.net/Bob/24253.

Enfin, à http://fr.wikipedia.org/wiki/Activit%C3%A9s_informatiques_en_France sont détaillés les chiffres d’affaires réalisés par les SSII dont il faudrait aussi faire évaluer le gâchis phénoménal.

Au gouvernement, ils commencent peut-être à se douter qu’il y a un souci: http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-si-paye-de-l-etat-346-meteuro-pour-une-valeur-d-usage-nulle-60217.html. Ils ont dépensé 346 millions d’euros pour des prunes …

Rien que 10% du chiffre d’affaires réalisés dans le conseil en systèmes informatiques représente déjà les 2 milliards qui pourraient être réinjectés dans l’économie du high-tech en incluant le pouvoir d’achat de ceux qui sont bridés pour construire le futur technologique.

Cabane

La question religieuse

Est-ce que les problèmes qui se posent à nous sont simplement concomitants, sans aucun lien les uns avec les autres ? Sont-ils le pur fruit du hasard, des erreurs ou de la folie des hommes ? Par exemple, comment pourrait-il y avoir la moindre relation entre l’enjeu de la laïcité et nos problèmes économiques ?

Nous connaissons tous cette réponse qu’est la laïcité à ce problème du rapport entre la religion et l’Etat. Mais nous avons mis aux oubliettes la question qui se cache derrière … Notre pays répond à l’enjeu de la religion par une absence de véritable réponse, une sorte de neutralité. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de religion officielle et nous ne nous référons pas à un Dieu quel qu’il soit de quelque manière qui soit. Pour autant, nous laissons libre les religions de s’exprimer, notre ministre de l’Intérieur est aussi le ministre des cultes, et nous autorisons les lieux de pratique religieuse.

Mais pourquoi cette solution ? Notre pays n’a-t-il pas une tradition chrétienne ? Alors pourquoi ce choix ? Par anti-cléricalisme en référence à ces cauchemars issus des temps de l’Inquisition ? A causes des guerres de religion entre protestants et catholiques ou des croisades bien avant ?

A ma connaissance, il me semble que oui et non, car toutes ces raisons sont les conséquences d’une absence de réponse, d’un échec fondamental: nous n’avons pas la preuve de l’existence de Dieu ni son infirmation.

Arbre et chemin

La question de la possibilité de pouvoir statuer sur cette question est-elle tranchée ? Et dans tous les cas, ne mérite-t-elle pas de vivre dans nos esprits ?

Pour prendre un parallèle en Mathématiques, faut-il apprendre par coeur les théorèmes ou vaut-il mieux être capable de les retrouver en les démontrant par une patiente reconstruction ? Les Mathématiques apportent surtout un élément de réponse avec le théorème de Godël qui stipule que des questions sans réponse existent dans les théories. Confrontés à cet enjeu, les mathématiciens comprirent alors qu’il ne suffisait pas de modifier les définitions mais de bien constituer une nouvelle théorie qui unifie.  A une question toujours sans réponse, aimer l’aborder serait sur ce principe comme une perpétuelle énigme où nous serions résolus à devoir toujours élever notre vision sans jamais pour autant atteindre la vérité. Continuer à grandir en quelque sorte, ou encore redevenir enfant dans une vie d’adulte ?

Derrière la question de l’existence d’un père spirituel, il y a un enjeu fondamental de la Métaphysique. La dialectique synthétique n’est-elle pas « une sorte de preuve ontologique » ainsi que Octave Hamelin l’impulsait ? En prenant du recul comme Emmanuel Kant le fit sur l’usage de la raison pure,  il est plus que jamais d’actualité de voir que la résolution des problèmes qui se posent à tous vient se butter contre une insuffisance dialectique. Car notre société n’évolue que trop par la résolution au moyen de l’analyse des conséquences des problèmes et non la synthèse de solutions nouvelles. Des solutions nouvelles qui rendent obsolètes nos manières de faire et font disparaître du même coup les problèmes qui en résultaient et dont la résolution nous occupait inutilement.

Et il y aurait aussi l’enjeu de briser l’apparente contingence des problèmes. Comme pour le cas des problèmes écologiques et économiques qui sont liés sur le fond par la question des ressources naturelles. Tous les problèmes qui se posent sont évidemment dépendants de notre capacité à les résoudre et donc à la dialectique. Notre faiblesse à appréhender les mécanismes de la synthèse font de manière caricaturale que tous les problèmes sont artificiellement liés sur la forme, et quand bien même on maîtriserait le jeu de cette mécanique de la connaissance, la question de l’existence de Dieu ne serait jamais bien loin.

Ainsi source de recherches et découvertes, cette question est la direction qui mène la construction philosophique d’Octave Hamelin à l’ultime synthèse, ou encore, une piste plus que jamais d’actualité pour comprendre le dynamisme de la pensée à concevoir de nouvelles choses. Et en tout cas, faire vivre la question ontologique, c’est donc pouvoir aussi prétendre que cela participe à trouver les solutions économiques du monde de demain !

A ce sujet, une chose est certaine: lorsqu’un système atteint les limites de complexité et de complication, que des spécialistes conjecturent des mêmes résultats en prenant des positions opposées sur les choix à faire pour le faire évoluer (*), lorsque ce système ne vient plus éclairer l’intelligence mais trahit le bon sens du commun des mortels, alors on ne peut être certain que d’une chose: c’est que ce système est arrivé au bout et qu’il est temps de passer à autre chose. Il en va ainsi de la représentation, c’est-à-dire de toute forme de connaissance.

Il faut alors avoir une certaine foi en la possibilité de la synthèse, telle une forme de morale, et s’appuyer sur des principes de conception, tel un chemin étroit, pour faire patiemment surgir la simplicité du chaos de la complication. Une foi qui peut légitimement nous susciter celle en Dieu de par les accomplissements petits ou grands qu’elle nous permet de réaliser.

(*) Pour restaurer la croissance et son approche issue de l’après-guerre, certains économistes parient sur les restrictions budgétaires pour réduire la dette tandis que d’autres prônent le contraire avec des investissements massifs quitte à provoquer un endettement supplémentaire.

Créer son entreprise: devenir indépendant en Informatique

Beaucoup de personnes songent à quitter le salariat, devenir indépendant, et être leur propre patron.

Tout particulièrement, les ingénieurs et développeurs informatiques employés par des SSII aimeraient travailler directement pour un client final. Ces SSII ont pour objectif affiché de placer des ingénieurs pour des missions chez des industriels ou autres entreprises tertiaires. L’ingénieur travaille dans les locaux du client final et est payé par la SSII. C’est ce qu’on appelle la régie.

Dans certains cas, les clients finaux externalisent au forfait certains projets et les ingénieurs travaillent alors dans des locaux de la SSII. C’est beaucoup plus rare.

Dans la profession, chacun a son école de pensée sur tous les sujets, mais s’il y a bien une chose qui fait l’unanimité parmi les ingénieurs ayant quelques années d’expérience, c’est que les SSII sont vraiment une très mauvaise réponse à un vrai problème qui est, à première vue, celui de la flexibilité du travail.

Ce problème fait l’objet d’un autre article et l’idée ici est simplement de préciser que beaucoup d’ingénieurs aimeraient devenir indépendants et avoir leur propre clientèle: c’est le but de cet article de donner des informations et conseils, et aussi de dire à quel point cela peut être intéressant financièrement, professionnellement, sur le plan personnel, sur l’apprentissage de la comptabilité et de la fiscalité, sur les aspects juridiques et commerciaux, et pour la création d’entreprise en général.

Le retour du Gaulois

La question des risques

La première inquiétude qui vient à l’esprit de ceux qui veulent se mettre à leur compte ou de leur conjoint, c’est que c’est risqué. Pourtant, lorsque l’on devient ingénieur, le moins que l’on puisse dire, c’est que cela demande des études longues, de passer des concours et c’est bien aussi pour se préparer à devoir affronter des difficultés par la suite. Croire qu’entrer dans une certaine facilité d’une vie salariée au sein d’une entreprise « pépère » peut être passablement plus risqué à long terme. Espérer ainsi pouvoir faire toute sa carrière dans une entreprise serait aujourd’hui faire preuve d’une incroyable naïveté. Se remettre en cause à temps est donc salvateur sur le long terme. S’habituer à prendre des risques limités à court terme peut ainsi être bien plus bénéfique à long terme.

Maintenant, il vaut mieux une stratégie, et cette stratégie, c’est tout simplement d’aimer son métier et de se passionner pour l’Informatique. C’est clair que tout le monde peut avoir moins d’envie à certaines périodes de sa vie et alors il est aussi possible de redevenir salarié à ce moment là.

Du point de vue du marché du travail, en période de crise, les entreprises (clients finaux ou SSII) n’hésiteront guère entre prendre un sous-traitant et un salarié pour un besoin ponctuel de moins de 2 ans. Si l’on cherche un travail, le fait d’être indépendant serait donc un avantage. De plus, une fois bien installé, rien n’empêche, bien au contraire, de travailler pour plusieurs clients en même temps ou successivement, ce qui réduit les risques.

Une idée serait d’ailleurs de s’associer à plusieurs indépendants sur un ensemble de clients pour qui l’on travaillerait sur le long terme plutôt que sur des périodes limitées typiquement de 18 mois comme c’est le cas pour les SSII afin d’éviter le délit de marchandage.

Lorsque le marché du travail est à la hausse, la question ne se pose bien sûr pas et il y a du travail pour tout le monde.

Alors si vous lisez encore ces lignes, c’est que vous êtes prêts à franchir le pas !

L’aide à la création d’entreprise

Et il y a une très bonne nouvelle, c’est que la création d’entreprise est particulièrement encouragée en France par la convention d’assurance chômage. Etre licencié aujourd’hui est une opportunité à saisir absolument, avec en bonus la satisfaction de ne plus se faire … avoir, surtout s’il s’agissait d’une SSII.

En effet, en se mettant à son compte, l’ANPE octroie une aide de 1 an de chômage distribuée en 2 fois. Cela représente au total environ 70% de votre salaire annuel net précédent. D’autre part, si au bout de un an, votre projet échoue, il vous reste la seconde année d’assurance chômage. Ceci peut varier si vous n’avez pas travaillé un nombre suffisant d’années auparavant. Plutôt que de redevenir salarié où vos droits cessent, l’avantage, c’est que vous empochez ces 70% d’une année de salaire. La contrepartie, c’est qu’au bout de 2 ans en étant à votre compte, vous ne toucherez plus un sou d’assurance chômage. C’est là le risque contre lequel il faut se prémunir, et vous aurez deux ans pour le faire, en vous constituant une clientèle, en mettant de l’argent de côté ou en bénéficiant de l’appui d’un tiers, conjoint ou parent, pour couvrir le risque restant.

L’autre bonne nouvelle, c’est que vous pourrez demander une exonération de charges sociales à l’URSSAF (ces aides sont l’ARCE et l’ACCRE).

Pour autant, il faut bien comprendre que ces aides ne sont pas des cadeaux mais de réelles aides et un tremplin pour commencer. Bien que vous n’aurez quasiment pas de cotisations à payer au début, vous ne serez plus payé comme un salarié en fin de mois, mais 30 jours encore plus tard. L’aide de l’ANPE va donc vous servir de trésorerie pour régler vos frais de déplacements et vivre les premières semaines. L’ANPE peut payer rapidement le premier versement pour les 6 premiers mois dès lors que l’ACCRE a été acceptée par l’URSSAF.

On se lance ?

L’inscription

Alors c’est parti pour l’URSSAF en tant que professionnel libéral BNC (bénéfices non commerciaux) ! Vous remplissez les papiers avec un conseiller et vous faites la demande d’ACCRE. Et profitez-en pour être aux aguets de toutes les journées d’informations ou de formations proposées par les différents partenaires ANPE, CCI, URSSAF, etc.

A partir de ce moment là, vous allez être immatriculé à l’INSEE et recevoir votre numéro SIRET d’entreprise. Celui-ci est constitué du SIREN que vous garderez à vie et de 5 chiffres qui constitue le numéro d’établissement. Il n’y a pas de KBis pour les libéraux.

Prévenir le harcèlement publicitaire

Juste un détail: dès réception de votre SIRET fourni par un courrier de l’INSEE, et afin d’éviter d’être harcelé par des publicités voire de subir des tentatives d’escroqueries de sociétés se faisant passer pour des organismes officiels, demandez à l’INSEE de ne pas livrer vos informations d’entreprises telle que votre adresse. D’autant que l’adresse, l’email et le téléphone sont souvent les mêmes que les vôtres en tant que personne physique. Il faut envoyer une lettre avec accusé de réception au Directeur général de l’Insee – Timbre E230 – 18 Boulevard Adolphe Pinard – 75675 PARIS CEDEX 14, en demandant à ne pas diffuser les informations transmises par l’URSSAF à l’INSEE en égard à l’Article A123-96 du code de Commerce. Une FAQ de l’INSEE l’expliquait mais elle a disparu. Normalement, au moment de l’inscription à l’URSSAF, on devrait pouvoir le faire. Si vous y arrivez, n’hésitez pas à le préciser en commentaire de ce blog. Cet annuaire permet de rapporter de l’argent à l’INSEE, tout en faisant perdre un temps considérable aux entreprises et tout en facilitant les escroqueries [les fichiers vendus à des tiers par l’INSEE sont revendus sous le manteau, lire l’article de Ouest France à ce sujet].

Le choix du régime

Vous allez alors recevoir une lettre des Impôts vous demandant votre régime fiscal. Pour un boulot d’ingénieur-conseil, se mettre en auto-entrepreneur ou à une autre forme de micro-entreprise ne correspond pas à une activité à temps plein et vous allez faire sauter le plafond fiscal. Le passage au régime ‘réel’ est adapté. Après vous avez le choix de télédéclarer la TVA réelle tous les mois ou de passer au ‘réel simplifié’ et de payer tous les trimestres (CA4) des avances avec un récapitulatif tous les ans (CA12). Un gros avantage de la deuxième solution, c’est que vous avez jusqu’à la fin de l’année pour faire votre comptabilité et donc pouvoir corriger les erreurs probables de vos premières écritures comptables.

Les professionnels de la vie des entreprises libérales: services des impôts, AGA, caisses (et expert-comptables)

Lorsque vous remplirez ces papiers, c’est l’occasion de rencontrer le service des impôts des entreprises afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’erreur et de recevoir quelques conseils. Au-delà de tout préjugé, soyez bien assurés que leur compétence et leur expérience de la vie des entreprises en feront des alliés pour votre activité. En cas d’erreur ou d’oubli de votre part, un simple courrier suffit normalement pour lever une pénalité. En cas de difficultés, vous pourrez les solliciter et ils pourront vous aider à y pallier.

En attendant ces courriers, il y a une démarche essentielle à faire, c’est de trouver une association de gestion agréée (AGA) et de s’y inscrire rapidement: le délai est de 3 mois. Vous pourrez y recevoir le guide du professionnel libéral qui vous sera utile de suite. D’autre part, l’AGA vous apprendra à faire une déclaration contrôlée 2035 vous évitant une majoration fiscale de 25% de vos bénéfices sur l’impôt sur le revenu. Le plus important, ce sont les formations. Il faut qu’elles soient dispensées sur la comptabilité et la fiscalité, et pas seulement sur des disciplines annexes. C’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres professionnels libéraux de milieux différents.

La cotisation vieillesse

Cela semble avantageux de ne pas payer de cotisation, mais il y en a une pour laquelle il faut faire attention: la Vieillesse. Et celle-ci coûte assez cher mais cela coûte encore plus cher de ne pas avoir ses trimestres afin de pouvoir prendre sa retraite. Depuis la loi Raffarin, il faut faire suffisamment de bénéfices pour pouvoir obtenir 4 trimestres par an (il faut faire un peu moins de 6000 euros de bénéfices pour avoir les 4 trimestres), sinon seul 1 trimestre est validé. Il est ainsi possible de se retrouver dans la situation ubuesque de ne pas pouvoir valider 3 trimestres sur 4 parce que les cotisations vieillesse payées pendant l’année abaissent suffisamment votre revenu pour ne plus y avoir droit. Bien entendu, vous continuez à payer pour tous pendant ces trois trimestres, mais pas pour vous, c’est juste pour la gloire. Par exemple, dans une situation économique difficile, les personnes ayant des faibles revenus cotisent ainsi uniquement pour ceux qui gagnent suffisamment bien leur vie. Avec l’ACCRE, il n’y pas de cotisation pour les trimestres jusqu’à la régularisation l’année d’après, et vous pourrez avoir à payer une part de cotisation si vos revenus sont suffisamment élevés. Il faut vous-même demander à payer la cotisation de retraite complémentaire. Et même si la CIPAV sait que vous bénéficiez de l’ACCRE, il vous faut leur transmettre l’attestation.

Là, cela commence à être pas mal du point de vue administratif.

La comptabilité

Reste les aspects comptables. Il faut travailler en HT (hors taxes) sinon vous allez à coup sûr payer de l’impôt sur le revenu sur de la TVA. Ce serait vraiment du gâchis. Certains logiciels comptables tels que Ciel Compta Libérale choisissent pourtant pour vous de vous mettre en TTC par défaut … C’est peut-être valable pour ceux qui sont en franchise de TVA mais ce n’est pas votre cas.

Reste une question difficile que personne ne va vous expliquer pour la simple et bonne raison qu’elle implique plusieurs années tandis que tous les organismes dont l’AGA voire même votre éventuel expert-comptable ne s’intéressent qu’à une seule année à la fois. Cette question, c’est celle de la régularisation anticipée ou non des charges. Cet enjeu découle directement de la spécificité des professions libérales, à savoir que vous serez imposé sur le revenu et non sur l’impôt sur les sociétés. Et la différence tient aux différents taux appliqués sur les tranches successives de votre revenu.

Prenez votre souffle: si vous avez une tranche marginale d’imposition à 10% pour vos premiers revenus de 2015 et de 30% pour ceux de 2016 parce que vous augmentez votre résultat, vous paierez donc plus d’impôts en 2017 sur ces revenus de 2016. Et, compte tenu que vos appels de cotisations de fin 2017 seront basés sur les résultats de 2016, on vous fera en plus un rappel de charges dès 2017. Si vous escomptez continuer à augmenter vos résultats chaque année, vous finirez à la tranche la plus haute de l’impôt sur le revenu et vous pouvez laisser faire. Si ce n’est pas le cas et que vos revenus se stabilisent en 2017 ou pire diminuent avec une tranche marginale d’imposition à 10%, vous allez payer de l’impôt sur le revenu sur les charges que vous n’avez pas payées en 2016 et que l’on vous demande de payer en 2017. Si par exemple il s’agissait de 10 000 euros de charges, on va vous les réclamer en 2017, ce qui est normal, mais en plus vous allez payer 30% d’impôt sur le revenu de 2016 dessus, soit 3000 euros. Et ce qui est extrêmement important de comprendre, c’est que vous auriez mieux fait d’appeler et d’écrire à vos caisses en leur donnant une estimation de vos revenus afin de payer ces 10 000 euros de charges dès 2016 et non d’attendre 2017 de sorte de ne pas payer 30% – 10% = 2000 euros en plus, mais bien au contraire d’économiser 30% = 3000 euros d’économies sur votre impôt sur le revenu de 2016. Cela fait une différence de 5000 euros en plus ou en moins dans votre poche.

Lorsque l’on a des revenus qui ne varient pas considérablement d’une année sur l’autre, cela finit par converger. Maintenant, il reste la question de la première et deuxième année avant d’entrer en régime permanent. C’est clair que si vous faites une première ou deuxième année importante, il faut absolument faire un prévisionnel en le sous-estimant (cf ci-dessous dans ce paragraphe) et le fournir aux caisses afin de payer vos charges avant la fin de l’année et ainsi diminuer votre impôt sur le revenu. Du coup, votre revenu va baisser et il est probable que les caisses aient un surplus de paiement, et c’est pour cette raison qu’il faut légèrement sous-estimer et résoudre les équations de calcul. Ce que j’ai fait pour vous et je vous laisse le soin de vérifier mes formules: si les caisses prélèvent 30% sur vos revenus, il faudrait en réalité qu’elles prélèvent 30% / ( 1 + 30%) = 23% et il faut donc déclarer un revenu de 23 / 30 de celui que vous estimez et donc de retirer 25% en gros de votre revenu prévisionnel. Si en fin de compte vous êtes très en-dessous, il y a quand même un risque de pénalité mais ce sera jamais pire qu’un impôt sur le revenu qui explose. Et puis vous pouvez placer l’argent. Il faut même le faire pour au moins 30% de ce que vous gagnez puisque rien que la TVA fait 20%.

Le choix du logiciel

Plusieurs solutions existent bien sûr sur le marché.  Il y a notamment la solution www.macompta.fr qui va directement à l’essentiel, est simple, et sans artifice marketing pour vendre de la complication. De plus, il s’agit d’un éditeur indépendant, et au moins sait-on où va son argent. Le support est réactif et se montre souple si nécessaire.

La seule chose vraiment essentielle à sa survie

Maintenant, il faut s’occuper de son business. La règle de base, c’est de se concentrer sur son activité quoi qu’il arrive et d’être patient, de semer pour récolter.

Ca monte bon pied bon oeil

Si vous avez des soucis avec un service contentieux d’une caisse qui vous cherche des poux parce qu’il est incompétent, mieux vaut changer de caisse en ayant payé au pire ce qu’ils vous demandent à tort. Il ne faut pas bien sûr payer des gens pour qu’ils vous fassent perdre votre temps. Si d’un point de vue personnel, vous vous attirez des jalousies parce que vous êtes libres et gagnez de l’argent, autant déménager et se concentrer de plus belle sur son activité. Si un client ne paye pas après plusieurs mois, ne pas perdre de temps à l’appeler, envoyez des courriers recommandés, mettez les justificatifs de côté, et profitez-en pour vous lier à un avocat, et retournez à votre activité, encore et encore quitte à faire une croix sur une dette.

La chose la plus est importante avec laquelle il vous faut être intransigeant, c’est la propriété intellectuelle. Quoi que vous réalisiez, il ne faut jamais céder la propriété intellectuelle tant que vous n’avez pas été payé. Si une SSII vous plante, il faut que vous puissiez continuer votre travail quitte à travailler directement chez le client final et être payé pour cela. Plus important encore, si vous inventez un concept ou mettez au point une technologie, gardez-vous le droit d’utiliser cette technologie à votre propre compte et ainsi de pouvoir la faire évoluer au cas où vous soyez spolié, ce qui vous sera difficile d’éviter à tous les coups. Ne jamais céder l’exclusivité d’une technologie que vous avez développée: partagez-la. Lors d’une négociation, il suffit de continuer le temps qu’il faut en tenant bon parce que l’on sait que ce que l’on demande est juste. Négocier pendant plusieurs heures et ne pas flancher sur des détails à la dernière minute ne doit pas vous faire peur. Ne jamais se laisser culpabiliser par des commerciaux de SSII qui se vantent de faire du business, contentez-vous de relever gentiment leurs incohérences: en général, on n’a que l’embarras du choix.

Salarié, indépendant: une différence à maîtriser

Etre indépendant ou salarié, ce n’est pas la même chose. Le principe est de n’avoir aucun lien de subordination. Des horaires imposés et vérifiés, des dates de vacances imposées ou des directives de comportement, et c’est la requalification immédiate que risque le client ou la SSII avec qui vous êtes sous contrat. Cela ne veut pas dire que l’on fait ce que l’on veut, il faut bien sûr respecter le règlement intérieur du client final typiquement pour des questions de sécurité et il faut aussi s’adapter: on ne prend pas des vacances juste avant la sortie d’un produit non pas parce que le client peut vous l’imposer mais parce qu’il risque fort de ne plus vouloir travailler avec vous autrement. En général, les entreprises ou SSII font des contrats de régie renouvelables d’une période de 3 mois ou plus. Le contrat peut s’arrêter de leur part au bout d’une de ces périodes mais vous aussi, vous pouvez le faire. La règle d’or c’est bien sûr de finir son travail et prévenir suffisamment à l’avance pour ne pas mettre le couteau sous la gorge du client. Vous pouvez aussi offrir une semaine au client afin d’effectuer le relais avec la personne qui vous remplace.

La spécificité du libéral au sein de l’entreprise cliente (finale)

Lorsque l’on devient ingénieur, on ne s’intéresse souvent qu’à la technique. Au bout de quelques années en entreprise, on comprend que ce sont en réalité des problèmes humains qui se cachent derrière les problèmes techniques. Il n’y pas de loi du silence en France, et en libéral, vous avez donc cette chance de ne pas avoir de patron. C’est une chance pour vous mais aussi, pour votre client, car vous allez pouvoir dire la réalité des problèmes techniques que vous découvrez avec un oeil neuf.

Bien des grosses entreprises passent 80 à 90% de leur temps à régler les problèmes qu’elles se sont créés à elles-mêmes en raison de mauvais choix ou d’une absence coupable de risques technologiques qui s’avèrent beaucoup plus dangereux qu’autre chose (c’est le sujet de ce blog de parler des problèmes théoriques qui se posent).

A partir de là, il y a le choix entre se contenter de faire ce qui est demandé ou alors d’essayer de trouver les vraies solutions. En situation de crise comme actuellement où les entreprises peuvent jouer leur survie, il y a une opportunité de parvenir à faire passer ces vraies solutions.

Pour autant, il est difficile de régler en quelques mois une accumulation de plusieurs années d’erreurs. Il faut trouver par quel bout prendre les problèmes et c’est difficile même si avec l’expérience, les problèmes sautent aux yeux. En effet, en général, les problèmes sont imbriqués, et la résolution d’un premier problème ne donnera pas forcément de résultat. Il faut trouver un chemin vertueux de résolution des problèmes. Quoi qu’il en soit, si vous proposez des vraies solutions, il y a le risque d’être attaqué sur le simple fait de remettre en cause des choix aberrants sur lesquels l’entreprise ne pourrait revenir parce qu’il n’y aurait soi-disant plus le temps ou que ce serait trop difficile. Une maison, cela se construit en dur tandis que le soft de software cela veut dire ‘mou’. Avec une analyse, une solution par étapes peut être trouvée quitte à employer des refactoring massifs. Maintenant, si l’entreprise préfère demander l’avis du marabout de service, autant faire à la rigueur comme des salariés de votre client, penser à votre intérêt personnel, faire ce que l’on vous demande, apprendre le plus possible et commencer à chercher ailleurs.

Par contre, si l’on vous écoute même en doutant, autant foncer.

Derrière les problèmes techniques, il y aura toujours une ou plusieurs personnes: ce sont en général des manipulateurs. Ces personnes harcèlent plus ou moins violemment, vous allez devoir nettoyer leur m…, ils vont dire que vous n’avez rien fait, ils expliqueront devant toute l’équipe ce que vous avez fait en le reprenant à leur compte, ils feront de vous la cause des problèmes, ils demanderont alors à reprendre la main, modifieront un peu ce que vous avez fait, promulgueront les résultats de votre travail à leur avantage, seront augmentés et continueront à vivre sur votre travail aussi longtemps qu’ils le pourront. Et vous, vous risquez de ressortir mal vu de cette expérience parce que vous rentrez un peu dedans.

Il est donc important de faire reconnaître son travail en faisant des points ponctuels avec le client, et en sollicitant dès le début à ce que vos résultats puissent vous servir comme référence.

En tant qu’indépendant sans velléité politique chez votre client, il y a quand même plus de marge de manoeuvre à la rigueur qu’en tant que salarié. Il faut manier le chaud et le froid. Travailler dur si nécessaire pendant plusieurs mois et lorsque le moment est venu, obtenir pour soi ce qui est nécessaire pour que l’entreprise vous respecte et ainsi permettre de continuer à l’aider. C’est d’abord en reconnaissant ouvertement le travail de vos collègues que vous gagnerez la confiance. Cela, typiquement lors des réunions d’équipe type Scrum. Et le cas échéant, en relevant tout aussi bien les contradictions des manipulateurs, ils finiront par se soumettre tant que vous n’aurez pas fini votre travail. Une fois le le succès acquis sur le projet, il n’y a plus qu’à partir et l’entreprise retournera de plus belle à ses travers ! C’est exagéré un peu car lors de gros succès, l’entreprise peut essayer de comprendre ce qui s’est passé et en tirer des leçons. Y compris donc en vous fournissant une référence.

Devenir indépendant en Informatique peut demander plus d’expérience humaine que technique. Quoi qu’il en soit, il faut un comportement irréprochable et patient, mais cela n’empêche pas d’être libre et dire ce que l’on pense en faisant fi de ces lois du silence qui sont le lot de bien des entreprises.

Toutefois, mieux vaut attendre d’avoir quelques années d’expérience et de ne pas casser le marché soit par les prix soit en faisant renoncer les entreprises à prendre des indépendants.

La question des tarifs: on gagne vraiment plus qu’en salarié !

C’est la loi de l’offre et de la demande qui régira votre business. En tant qu’indépendant, il ne faudrait pas pouvoir concurrencer les salariés de l’entreprise qui vous prend comme sous-traitant (je retrouverai peut-être le texte de loi à ce sujet), et vous devriez donc coûter plus cher à cette entreprise que si vous étiez son salarié. En-dessous de 280 euros par jour en province, autant oublier son diplôme d’ingénieur et passer à un métier non délocalisable. A l’international et en tout cas aux Etats-Unis, un tarif de $800 par jour est envisageable. Au forfait, il n’y a plus simplement obligation de moyens mais de résultats, il faut donc bien évaluer le temps nécessaire quitte à faire x 2, et mettre un tarif bien plus élevé qu’en régie. Il faut aussi un cahier des charges, un échéancier de paiements, et définir sur quoi se fera la recette.

Lorsqu’on se retrouve engagé pour une mission soi-disant facile et qu’en réalité, c’est l’arbre qui cache la forêt, alors il y a matière à renégocier. Il est possible aussi d’afficher la couleur, de proposer un tarif d’appel puis de préciser qu’une fois vos preuves faites, vous renégocierez au tarif le plus adapté à la valeur ajoutée que vous apporterez. Il y a une demande certaine en Informatique, autant en profiter maintenant. Surtout dans le cas où le lobby des SSII réussirait à augmenter artificiellement le nombre de diplômés pour faire baisser les prix (et accélère encore l’exode de matière grise et autres conséquences désastreuses …).

Si on vous appelle, tapez dans des tarifs élevés. Bien sûr, si on ne vous rappelle pas, il faut ajuster à la baisse ! Personnellement, ne pas parler sur sa propre initiative de tarif ou de salaires ou autres avantages a toujours été une règle, une stratégie même, car l’essentiel est l’intérêt du projet d’un point de vue technique ou de par ce qu’il apporte aux utilisateurs finaux.

Globalement, on gagne nettement plus qu’en salarié, au moins 1000 euros net par mois. Et de surcroît, il est possible de passer en charge des frais mixtes, telle qu’une partie de son loyer au pro-rata de la surface utilisée. Même chose pour la voiture: l’utilisation du barème kilométrique est simple et intéressante financièrement.

Le seul mais considérable risque de santé à couvrir

A ma connaissance, il n’y a qu’un risque véritablement à être indépendant, c’est celui d’un problème de santé ou d’un accident de la vie qu’il faut couvrir avec une assurance particulière. Une assurance peut être acquise pour se couvrir ainsi que ses proches. Cette assurance doit être en loi Madelin. Elle coûtera le même prix que si vous étiez salarié en gros, mais comme vous la déduirez de vos charges, elle vous coûtera donc beaucoup moins cher (si vous ne comprenez pas ce point, il est possible de faire une formation de 3 jours à Chambre de Commerce et d’Industrie, d’autant plus si vous êtes chômeur avec des droits à la formation, elle pourra ne rien vous coûter).

Une nouvelle fois, rien ne vous empêchera de redevenir salarié. Si vous prenez des risques et travaillez beaucoup, tôt ou tard, il peut être nécessaire de se reposer physiquement et mentalement et redevenir salarié apparaîtra comme de vraies vacances où l’on se contente de faire ce que l’on nous demande, et de profiter de sa vie de famille ou vie personnelle. Par ailleurs, l’occasion se présentera peut-être d’elle-même car vos clients tiendront sûrement à vous embaucher. D’autant qu’une expérience d’entrepreneur quelle qu’elle soit, c’est aussi la capacité d’assumer son destin et certaines responsabilités. Et c’est appréciable pour un chef d’entreprise dont c’est le travail au jour le jour, et qui se pose toujours la question de savoir comment faire rentrer de l’argent, s’adapter aux besoins de ses clients, gérer son équipe, etc.

En conclusion, vivement que les ingénieurs aient tous la capacité de travailler en indépendant  !

L’harmonie à espérer, c’est la liberté et capacité à penser par soi-même, ne plus être enfermé dans un paradigme arbitraire. Rien que deux expérience suffisent souvent pour se rendre compte que les vérités absolues et non négociables des uns sont le contraire de celles des autres. Comme dit le chanteur, on peut tout vous prendre mais pas votre liberté de penser (faut quand même essayer de faire mieux que lui en matière de gestion fiscale !). C’est ce dynamisme qui est à préserver. Donner et prendre le meilleur, puis passer à autre chose.

C'est parti

BONUS !: des informations sur les clauses d’un contrat de régie

La règle d’or qu’il faudrait respecter, c’est de montrer le contrat à un avocat. Cela ne prendra pas beaucoup de temps ni d’argent, cela permet de faire connaissance avec un avocat, ce sera peut-être une expérience nouvelle et sûrement enrichissante, et cela vous permettra de voir si cet avocat a envie de devenir votre conseil et de vous accompagner, ou est plus enclin à piocher dans votre porte-monnaie. Si vous êtes payés 400 euros par jour et que vous laissez même 300 euros à un avocat pour un contrat plus ou moins type, ces 300 euros ne seront pas retirés de vos revenus mais de votre chiffre d’affaires. C’est juste comme une journée sans bénéfices, les 100 euros restant payant vos charges fixes: bouffe et loyer.

– description du projet

Il faut fixer le périmètre du projet sur lequel vous vous engagez afin de limiter votre responsabilité, de montrer que ne consentez pas à faire tout et n’importe quoi, et de vous faciliter de futures négociations en fonction des résultats que vous obtiendrez sur ce à quoi vous vous êtes engagés et non autre chose.

– lieu d’exécution des travaux

Cela vous permettra d’exiger des frais de déplacements supplémentaires le cas échéant.

– assurance professionnelle

Il vous faut acquérir une assurance professionnelle: il s’agit de couvrir les conséquences que pourrait avoir la chute d’un clavier sur le pied d’un collègue, mais pas de payer les éventuelles conséquences d’un bug de votre part.  Un bug peut avoir des répercussions très graves et vouloir couvrir de telles risques exigerait une assurance très élevée et inutile à condition que vous restiez en obligation de moyens. Dans le cas d’un forfait, il faut donc vous prémunir contre ce risque avec les clauses adéquates afin de ne pas avoir sur le dos la responsabilité de problèmes engendrés par le produit du client final.

Une telle assurance a un coût d’une centaine d’euros par an. Si vous vous déplacez beaucoup, cela peut avoir un impact sur le coût de cette assurance professionnelle.

– durée d’exécution

Y préciser les dates de démarrage et de fin ainsi que la durée approximative (n’oubliez-pas: si vous voulez prendre une journée, c’est vous et vous seul qui décidez). Précisez éventuellement les jours où vous ne travaillerez probablement pas, comme le mercredi après-midi par exemple (pour faire votre compta et autres activités), ou encore le vendredi complet si vous déplacez loin de votre famille et que cela vous permet d’être trois jours avec elle. Vous êtes libres de vos horaires toujours en raison de ce principe qui fait que vous n’avez plus de lien de subordination. Et vous pouvez très bien travailler plus d’heures sur 4 jours et faire facilement autant que les 35 heures de vos collègues chez le client final.

– prix

Sur des missions courtes, moins de 2 mois, vous êtes libre de laisser à un commercial un bon pourcentage, mais sur des missions longues, il me semble qu’il faudrait pouvoir tabler sur du 10-15% au vu du marché actuel et de l’équilibre des forces. Pour de telles missions courtes, 15-20% pour le commercial est probablement un bon calcul. Au-dessus de 20%, et surtout pour des missions qui se prolongent, il faut montrer les dents, et si jamais vous n’avez pas le choix, clairement dire que c’est totalement exagéré et qu’il ne faudra pas qu’il s’attende à ce que vous lui fassiez de cadeau le jour où vous trouveriez mieux. Idéalement, il faudrait que vous ayez un contrat avec le client final et rétrocédiez 5% de commission à la SSII en tant qu’apporteur d’affaires.

– transparence

Précisez le montant journalier chez le client final et que la SSII devra vous informer sous huit jours de tout changement de tarif auprès du client final et de le répercuter à la hausse au pro-rata fixé initialement (attention, seulement à la hausse et pas à la baisse car la SSII est capable de magouiller avec le client final en fin de mission pour placer un prestataire à votre place).

– frais de déplacement

Précisez que tout déplacement au-delà du lieu de travail précisé sera facturé en sus.

– conditions de règlement

En général, c’est du 30 jours fin de mois. Demander à être payé le 1er du mois suivant (30 jours de plus par rapport à un salarié)

– pénalités de retard de paiement

– garantie, limite de responsabilité

Aucune garantie. Vous n’avez que l’obligation de moyens. Attention, toute garantie supplémentaire pourrait vous lier pieds et poings liés, sans être payé, et ad vitam aeternam. Bien sûr, ce serait illégal, enfin j’espère, mais ce ne serait qu’une chose illégale de plus …

– validité de l’offre

1 mois

– secret professionnel

– propriété intellectuelle

Il faut préciser les technologies dont vous détenez la propriété intellectuelle afin de ne pas les cédez implicitement si jamais vous les utilisez chez un client.

Il faut aussi préciser que vous gardez la propriété intellectuelle de vos travaux tant que ceux-ci n’ont pas été entièrement payés.

– résiliation et prorogation

Exiger d’être prévenu 1 mois à l’avance dans le cas où votre contrat ne serait pas prolongé par un avenant au contrat.

En cas de soucis de santé, tout particulièrement si une forme de harcèlement moral tendrait à s’installer, se réserver la possibilité de quitter du jour au lendemain l’entreprise sur demande de votre médecin. Les méthodes de harcèlement moral aujourd’hui utilisées massivement ont de très graves conséquences d’autant plus qu’elles sont pernicieuses, et pour un libéral sans protection, cela peut s’avérer dramatique. Il faut préserver son dynamisme à tout prix. Aujourd’hui, en matière d’harcèlement, tout le monde doit savoir de quoi il retourne: sur simple demande, j’écrirai un article relatif à ce sujet.

– publicité

Demander à ce que vous puissiez publier les résultats que vous avez obtenus chez le client final afin que vous puissiez avoir des références.

Enfin, mieux vaut d’emblée venir avec propre contrat plutôt que d’accepter celui d’une SSII qui sera bien sûr bourré de clauses illégales. Vu que nos gouvernements successifs les laissent trainer dans la boue les ingénieurs qui sont censés être les fers de lance de l’économie numérique, ils ne se gênent plus. A l’occasion, je pourrais détailler les clauses hallucinantes que ces SSII essayent d’imposer …

Biométrie au collège: les conséquences à prévoir

Une proposition de loi sur la biométrie a été adoptée en 1ère lecture au Sénat.

En conditionnant l’usage de la biométrie à une nécessité de sécurité, son usage dans les établissements d’enseignement serait annulé et cette loi permettrait de mieux protéger nos enfants en évitant de probables graves conséquences.

Lors de l’inscription de mon fils aîné à un collège de Vendée pour cette rentrée, j’ai ainsi appris que l’accès à la cantine se ferait désormais au moyen d’un lecteur biométrique et qu’il faudrait payer une carte si toutefois nous ne souhaitions pas utiliser un tel lecteur biométrique. Ce que nous avons été parmi les rares parents à faire alors que le coût de ces cartes n’avait pas été précisé.

La rentrée a eu lieu et comme rien n’avait été anticipé, l’enregistrement des contours de la main a pris beaucoup de temps lors des repas. Alors que le collège a 600 élèves, il y aurait eu des temps d’attente de 40 minutes et des cours ont été décalés ou annulés car autrement les enfants n’auraient pas eu le temps de manger.
Cela s’est nettement amélioré mais ces lecteurs qui demandent l’entrée d’un code puis la pose de la main prennent beaucoup plus de temps que des badgeuses classiques avec ou sans contact. Techniquement, l’utilisation d’une donnée plus que redondante – constituée par un code de 3 chiffres à 1000 possibilités suffisant à lui seul pour le collège – prouve aussi le manque de maturité de cette technologie. Il y a aussi des questions d’hygiène et d’impact psychologique sur les enfants dénoncés par les psychologues. Tandis que nous, adultes, sommes beaucoup moins enclins à accepter ces procédés voire même les refuserions catégoriquement.

A court terme, le coût de ces lecteurs biométriques est beaucoup plus élevé selon une information émanant d’une vidéo qui était présente sur le site du Conseil Général de Vendée et qui promulguait l’usage de la biométrie. A moyen terme, l’intérêt de ces lecteurs serait d’éviter d’avoir à refabriquer des cartes tous les ans et de remplacer les cartes perdues. La carte de mon fils est pourtant une carte avec un code barre que n’importe quelle imprimante à 35 euros peut imprimer à un coût négligeable. Quand bien même elles seraient magnétiques voire à puce, les cartes pourraient parfaitement être réutilisées d’une année sur l’autre. Notamment, une carte peut ne pas être liée à une personne mais à un identifiant unique mis en correspondance avec une personne par le logiciel. Et s’il est nécessaire d’avoir une photo, celle-ci peut s’afficher sur le lecteur et non être imprimée sur la carte. Dans le pire des cas, il semble que resteraient donc tout au plus les cas des cartes perdues alors qu’elles sont facturées aux parents.

Quoi qu’il en soit, si effectivement on se soumet sans réfléchir à des calculs financiers et/ou des intérêts économiques, on entre aussi dans un engrenage. Il existe aussi des procédés pour effectuer des mesures biologiques à partir des mains qui pourraient permettre de renvoyer un enfant s’il a de la fièvre et ainsi de suite.
Les données biométriques ne se remplacent pas comme des cartes bleues, et dans un cadre judiciaire, le piratage de ces données donnera lieu tôt ou tard à l’inculpation par erreur d’une personne ou un piratage dans un lieu sensible. En conséquence, cela mènera à l’impossibilité d’avoir recours à l’exploitation de ce type de données. Il faudra alors trouver d’autres types de données plus sophistiquées. L’accès à une cantine ne pose aucun enjeu de sécurité, ce n’est pas le cas de l’utilisation de données biométriques et de leur potentielle dispersion qui pourront avoir des conséquences extrêmement graves dans un proche avenir.

Pour préciser à ce sujet, la protection et le piratage se mènent une guerre pour laquelle il ne suffit pas de gagner une bataille. J’ai ainsi participé à la protection contre la copie de logiciels utilisés par des centaines de milliers d’entreprises. Le piratage était important et nous avons implanté une nouvelle solution. Il restait simplement quelques points à protéger mais qui ont été considérés comme mineurs par notre hiérarchie. Deux à trois ans plus tard, les techniques de reverse-engineering très sophistiquées des pirates ont tiré parti de ces failles ainsi qu’une expertise dans un cadre judiciaire a pu le démontrer. Il y a toujours des failles techniques, humaines ou organisationnelles: les entreprises prétendent sécuriser les données tandis que ce n’est pas le cas, on ne peut parler que d’un niveau de sécurité plus ou moins élevé.

A long terme, les impacts psychologiques sur les enfants, les coûts sociaux et donc économiques de ces lecteurs biométriques pourraient donc être beaucoup plus importants que les avantages à moyen terme qu’ils n’ont pas. Dans les écoles, il ne faudrait pas demander un sou de plus aux parents qui choisissent une carte et exclure dès que possible ces procédés biométriques alors qu’effectivement il n’y a pas d’enjeu de sécurité.

Quant aux lobbys électroniques qui justifient l’emploi de la biométrie comme une source d’emploi, ne faudrait-il pas leur expliquer qu’ils ne créent rien du tout puisqu’ils ne font que remplacer des solutions existantes ? Leur seul but est de conditionner nos enfants pour changer les moeurs et imposer petit à petit de nouveaux produits sans penser aux conséquences qui, elles, pourront exposer la sécurité des personnes.

Ciel neigeux

La synthèse ou la clef de la résolution des problèmes de notre pays

Dans la recherche scientifique, dans l’introduction de nouvelles technologies innovantes, dans le développement de nouveaux produits et bien sûr aussi en politique ou dans n’importe quel domaine y compris dans la vie courante, nous sommes amenés à résoudre des problèmes en fournissant des solutions.

Cercles vertueux et cercles vicieux

Ces solutions peuvent déjà être particulièrement éculées. Par exemple, on construit un aéroport ou une autoroute pour créer des emplois pendant quelques années. C’est là une des solutions les plus utilisées par nos politiques depuis l’après-guerre. Ce principe de base était ensuite sensé nous permettre d’entrer dans le cercle vertueux de la croissance et du développement économique. Une fois l’autoroute créée, une desserte plus efficace permet aux entreprises de plus facilement trouver des clients et exporter leurs marchandises. Des entreprises se créent, des salariés sont embauchés, et les villes se développent.

Sauf que ce cercle vertueux ne l’est plus tant que cela étant donné la catastrophe écologique en cours.

Et il devient même vicieux lorsque plutôt que d’affronter le véritable problème, on ne s’attaque qu’à ses symptômes, un peu comme peut le faire la médecine qui a popularisé cette approche. A titre d’exemple, dans le cas de la loi de simplification, il a été analysé que l’administration prenait trop de temps pour répondre. Plutôt que de donner plus de moyens ou de fournir à l’administration une informatique digne de ce nom, ou encore de simplifier la législation, il a été décidé de donner un délai de deux mois au-delà duquel les demandes sont automatiquement acceptées. Là, on touche vraiment le fond en matière de raisonnement. Ainsi, pas moins de 700 exceptions auraient été créées à ce principe. Pour éviter, par exemple, qu’un permis de construire ne soit accordé dans une zone sensible pour un simple retard dans un courrier. Cette loi sera une catastrophe par ses conséquences imprévues liées à de nouvelles exceptions à venir, créera des conflits coûteux sur l’appréciation d’être ou non dans un des cas d’exceptions, et mobilisera l’administration en pure perte. Administration qui aura encore moins de temps pour faire son vrai travail. Le cercle vicieux sera alors établi et nos politiques qui ont tout compris abaisseront sûrement le délai à une semaine en multipliant les exceptions. Ce sera alors le chaos absolu. Bien entendu, les juristes, les personnes compétentes, ont fait ce qu’on leur demande. C’est-à-dire ce qui a été dicté par les décideurs du marketing politique, même si bien sûr, ces juristes pensent eux aussi que c’est n’importe quoi.

Le cas général et les cas particuliers

Une loi se devrait d’adresser un problème général et de résoudre les cas particuliers par des cas particuliers. C’est le fameux et mal compris « L’exception qui confirme la règle ». Selon Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/L’exception_qui_confirme_la_r%C3%A8gle), « elle signifie que la présence d’une exception peut confirmer la présence d’une règle générale (puisqu’il ne peut pas y avoir d’exception à une règle qui n’existe pas), et non pas que la présence d’une exception confirme la validité d’une règle (en recherche scientifique, il serait par exemple inconcevable d’énoncer que des mesures qui s’écartent d’une règle ou d’une loi confirment cette règle ou cette loi ; ce serait naturellement le contraire). »

Il en est ainsi du raisonnement scientifique. Lorsque les physiciens ont découvert des incohérences sur les lois de Maxwell pour les ondes électromagnétiques et la lumière, une nouvelle théorie a été trouvée et s’est ainsi qu’est née la relativité.

Une explication est donnée en terminale sur ces sujets: http://www.tangentex.com/RelativiteRestreinteTS.htm. Ce qui est indicible dans les formules mathématiques de la mécanique relativiste, c’est que leur approximation pour des vitesses faibles redonnent les équations de la mécanique classique. D’une incohérence on est passé à une nouvelle loi qui incorpore la précédente dans un cas particulier.

C’est ainsi que se dénouent les enjeux pour entrer de nouveau dans un cercle vertueux.

La synthèse

Il s’agit là de la synthèse, je dirais, du mystère de la synthèse. Jeudi soir, le 13 novembre 2014,  la fille d’un ancien Président de la République déclarait au fil d’une discussion à la télévision que la synthèse n’est pas toujours possible. C’est que cette loi de la pensée n’est pas comprise. On pense qu’il s’agit d’un compromis. Et effectivement, un compromis n’est pas toujours possible.  Par contre, le progrès intellectuel ou scientifique a t-il une limite ? Ce qui est sûr, c’est que cette limite, si elle existe, n’a pas encore été atteinte et que la synthèse est donc toujours possible.

Cette synthèse, c’est le moteur de la dialectique. Sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Dialectique,  une belle définition en est donnée (hormis l’expression ‘tente de dépasser’): « la dialectique désigne un mouvement de la pensée, qui se produit de manière discontinue, par l’opposition, la confrontation ou la multiplicité de ce qui est en mouvement, et qui permet d’atteindre un terme supérieur, comme une définition ou une vérité. Elle est ainsi devenue, en particulier à travers son assimilation par le Moyen Âge, une technique classique de raisonnement, qui procède en général par la mise en parallèle d’une thèse et de son antithèse, et qui tente de dépasser la contradiction qui en résulte au niveau d’une synthèse finale. Cette forme de raisonnement trouve son expression dans le réputé « plan dialectique » dont la structure est « thèse-antithèse-synthèse » : je pose (thèse), j’oppose (antithèse) et je compose (synthèse) ou dépasse l’opposition. »

La dissertation en Terminale reste donc un enjeu déterminant. Prenons la question « Faut-il acheter son lait chez l’agriculteur à côté de notre village ? ». La thèse serait de dire que oui. Cela évite de nombreux déplacements, il est possible d’utiliser un bidon réutilisable, et cela donne plus d’argent à l’agriculteur et cela  revient moins cher. Il est même possible d’imaginer de venir traire la vache et de livrer le lait à mes voisins. L’anti-thèse, c’est de dire que globalement cela peut coûter plus cher en temps, en argent, voire en ressources si une voiture est utilisée pour aller chez le producteur. Mieux vaut donc aller au supermarché. Et surtout, les solutions proposées dans la thèse ne seront employées que par une minorité de personnes et donc globalement insignifiantes. Une synthèse consiste à changer le fonctionnement des rapports entre producteurs et consommateurs. Se référer à l’article sur la relocalisation.

Une métaphysique incomprise ou même ignorée

A Sciences-Po, l’école qui est le tronc commun à tous nos politiques, la philosophie est enseignée. A Paris, ce fastfood de la pensée réservé historiquement aux fils à papa qui assimilent très tôt le principe de cooptation de droit divin, il s’agit là d’acquérir une culture permettant de connaître quelques concepts prédigérés qui font bon effet lors des buffets entre deux petits fours.

Monsieur François Fillon a ainsi proposé une soi-disant nouvelle synthèse. Ce programme qui a le mérite d’exister et d’être public et qui a, de ce point de vue, une grande valeur pour le débat démocratique, est tout sauf une synthèse. On le retrouve à http://www.scribd.com/doc/231256658/Synthese-competitivite-Fillon-pdf. Il s’agit essentiellement d’un paramétrage de l’existant et de tirer sur des acquis sociaux. Un peu comme un pot catalytique sur une voiture pour prétendre moins polluer et moins consommer. En tout cas pas de quoi passer à un litre aux cent kilomètres. Même chose pour le programme du Medef, mais en pire (à l’exception du contrat de chantier qui pourrait avoir une grande utilité dans de bonnes conditions et pas pour n’importe quelle catégorie socio-professionnelle).

Et ce serait pourtant le rôle de Sciences Po d’enseigner à nos politiques les rouages de la dialectique.

La Synthèse pour les Nuls

Il est toutefois possible de prendre des exemples très concrets de la vie courante pour expliquer ces mécanismes abstraits.
Considérons l’enjeu de préparer le dîner du soir. Vous rentrez du travail et allez dans votre cuisine. Vous y vérifiez la disponibilité des denrées dans vos placards et ouvrez le frigidaire pour y trouver les ingrédients frais. Et là, comme par magie, vous vous affairez à sortir le beurre, un oeuf, des tomates mais aussi de la farine, de l’eau, etc. Vous mettez votre four à chauffer et pendant ce temps vous fabriquez une pâte à pizza et y disposez la garniture. Lorsque votre famille découvre sur la table votre pizza cuite, elle peut y retrouver les ingrédients et avoir une idée sur sa fabrication : c’est l’analyse. Et lors de la réalisation de la pizza, on peut dire qu’il y a eu passage à la synthèse. Rien en effet ne permet à partir des ingrédients d’y découvrir par l’analyse la nature du plat cuisiné auxquels ils se destinent. Il s’agit  toutefois d’une synthèse pré-existante car cela fait belle lurette que l’on sait fabriquer les pizzas. Résumé en une phrase philosophique: le tout est plus que la simple union des parties.
En y regardant de plus près, on s’aperçoit aussi que l’un des ingrédients, la pâte, résiste à une analyse triviale et elle-même une synthèse. Et il en va ainsi pour concevoir, par composition d’éléments et progrès successifs opérés par la synthèse.

La représentation, analyse et synthèse

Une histoire de la méthode synthétique a été proposée en 1907 par le français Octave Hamelin et est exposée dans les premières pages de l' »Essai sur les éléments principaux de la représentation ». Cet ouvrage se retrouve à http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k860273/f5.image. Une édition plus récente ajoute des notes afin de préciser les références de l’auteur que cet historien de la philosophie avait choisi d’omettre à dessein.

La lecture de la première page est donc saisissante. Sans circonvolutions ou références surchargeant le texte, Octave Hamelin présente l’enjeu de son essai. C’est « cash ». La deuxième page, sur la méthode analytique, est technique sur les syllogismes et est rebutante. Après cela, et en 30 pages, l’histoire de la méthode est proposée. Il s’agit simplement de les parcourir lors d’une première lecture si c’est trop difficile. Une phrase, des bribes sont autant de réponses et d’explications quant à des questions fondamentales, et suscitent l’intuition, et d’autres relectures jusqu’à ce que s’éclaircissent les idées présentées.

Cet ouvrage porte sur la représentation. De notre temps, outre les métaphysiciens, ce sont notamment les développeurs de logiciel qui travaillent sur la représentation et qui sont à même de plus facilement comprendre les tenants et aboutissants de ces enjeux.

« Savoir, c’est donc toujours assigner des rapports nécessaires entre les choses ». La méthode analytique permet de « tire(r) d’une notion les notions élémentaires qu’elle contient ». « Mais s’il est vrai que la pensée ne se contente pas et ne peut se contenter de développer des notions, s’il faut qu’elle passe d’une notion à une autre et que ce passage soit une opération définie aussi bien que l’analyse, on n’y peut trouver qu’un fondement: c’est que chaque chose a son opposé. » « L’opposition, telle que nous la cherchons, doit être à la fois essentielle et distincte de la contradiction. Elle doit être distincte de la contradiction parce que nos opposés s’unissent dans une synthèse et qu’il est impossible d’unir les contradictoires. » (c’est le problème des compromis énoncé précédemment) « La pensée ordinaire présuppose le sujet tandis que la synthèse le construit. » « La contradiction est (…) une opposition absolue, l’opposé y est la négation, sans réserves, du posé. Or, si cela est, l’un des deux termes seul peut être réel, puisque l’autre est tout négatif. Mais le cas des contraires est tout à fait dissemblable. Ils ne se nient pas entièrement l’un comme l’autre. La contrariété, en un mot, est une opposition réelle. (…) Les contraires, disait Aristote, sont les extrêmes dans un même genre. » « Car il est clair que si nous allions d’une thèse positive à une antithèse qui n’en serait que la négation nous ne ferions aucun progrès, puisque nous supprimerions dans cette démarche ce que nous viendrions de poser. Il y a progrès parce que, par l’acte d’opposer les deux contraires, on élabore un contenu ».

« Chaque chose est l’ensemble de ses relations avec les autres, termes d’un progrès (synthèse), point de départ d’une analyse, chaque essence se définit sans danger de cercle vicieux. On trouve par la synthèse ce qu’elle doit contenir et y retrouve ce contenu par l’analyse. C’est encore là un cercle, mais il est nullement vicieux. Les deux extrêmes de la hiérarchie se démontrent sans doute l’un par l’autre, mais non de la même manière: le plus simple sort du plus complexe par un série d’analyses, le plus complexe se superpose nécessairement au plus simple par une série de synthèses. Tel est le résultat auquel on parvient, semble-t-il, quand on donne à la relativité de la connaissance le sens précis qu’elle comporte, c’est-à-dire quand on la définit par l’opposition suivie de la synthèse. »

L’histoire de la méthode synthétique

Dans son ouvrage, Octave Hamelin raconte l’histoire de la méthode synthétique.

Ce serait Héraclite qui aurait eu ce « sentiment qu’un passage réglé devait conduire d’un état du monde à un autre ». « Platon hérita de ses tendances synthétiques » qui rencontrent « la doctrine si inflexiblement analytique de Parménide. Platon est convaincu que l’isolement absolu des notions est inacceptable. (…) Donc il faut selon lui que les genres communiquent et, comme une telle communication ne doit pas dégénérer en confusion, il faut qu’elle soit réglée; de sorte que l’oeuvre propre du dialecticien est d’assigner les identités et les différence des genres. Une partie de sa tâche est facile: c’est celle qui consiste à saisir l’élément qui se retrouve le même dans plusieurs genres complexes, à ériger cette unité en genre, à chercher et à dégager de la même façon ce qui est commun à ce genre et à d’autres, ainsi de suite. Mais c’est là un procédé purement analytique et l’unité à laquelle il conduit ne contient pas beaucoup de divers. Seule l’autre opération de la dialectique veut être une synthèse: elle consiste à descendre des genres les plus simples vers les plus riches et à tenter la constitution des essences. C’est ce que Platon appelle la division. Un genre étant donné, on le divise en introduisant deux différences opposées; et par exemple, on divise le genre animal en animaux mortels et animaux immortels. (…) (Toutefois,) on ne démontre pas l’essence: tout ce qui est vrai c’est que, l’essence une fois donnée, on peut, en la divisant (et) en l’analysant, démontrer ses attributs. Ainsi, (…) Platon ne réussit pas à faire de la division un procédé à la fois synthétique et démonstratif. (…) En reconnaissant partout une tendance au mieux, Platon a été (quand même) tout près de découvrir un principe de synthèse régulière. »

A propos de Descartes: « lorsque l’analyse a trouvé devant elle une nature composée et en a isolé les éléments, il n’y a pour la reconstituer qu’à les remettre ensemble. Mais une synthèse de cette sorte n’a lieu qu’a posteriori: elle ne nous fait pas assister à la constitution des essences. »

C’est Kant qui « fut le premier à concevoir nettement et à appeler par son nom le problème de la synthèse: tous ceux qui depuis ont repris la question et tous ceux qui la reprendront relèvent et relèveront de Kant ». Avant tout, il y a « la distinction des jugements analytiques et des jugements synthétiques » au sein de la Critique de la raison pure (se retrouve vers la 7ème page de l’introduction, dans la traduction d’Alain Renaut).

Mais c’est Hegel qui donne à la méthode synthétique « une conception ferme et définie ». « L’ordre de la pensée (…) se développe en trois moments (: thèse, antithèse, synthèse). Le progrès que la méthode synthétique réalise au moyen de ces trois moments va de l’abstrait au concret, du fini à l’infini, de l’individuel à l’universel. »

Pour Hamelin, la méthode synthétique « devra procéder (…) par des affirmations qui se complèteront et dont la dernière, totalement différente de la « théologie négative », sera, comme le voulait au fond Aristote (…) l’être achevé et intégralement défini. »

La relocalisation de l’économie, à portée de mains

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Tout le monde connaît l’aberration qui fait qu’un produit local peut parcourir des centaines de kilomètres pour suivre les différentes étapes de sa commercialisation et parfois revenir chez un distributeur à quelques kilomètres de son producteur d’origine.

Effectivement, si je vais à la ferme à côté de chez moi pour chercher mon lait, non seulement, je risque de m’en lasser (quoi que ?), mais en plus, cela ne va pas intéresser l’agriculteur qui préfère s’occuper de centaines de litres de lait plutôt que de remplir mon bidon. C’est une question de temps et aussi d’argent.

Alors que faire face notamment à ce problème de distribution ?

Projection dans un monde relocalisé

Imaginons le monde de demain tel que nous le rêvons et prenons le cas de centaines de familles, disons 600 familles, se regroupant pour assurer leur courses collectivement. Ces familles habitent dans une même commune ou communauté de communes et sont donc relativement proches géographiquement. Idéalement, toutes ses familles sont livrées tous les jours de produits frais et autres produits locaux.

Une SCIC s’est créée – une société coopérative d’intérêt collectif – et un local est affecté à ses besoins. Une personne, Marc, est recrutée afin d’aller chez les producteurs de lait. Ainsi, tous les jours, Marc passe chez un producteur de lait pour s’approvisionner avec 200 litres de lait frais. La SCIC achète le lait à 0,50 euros, soit 10 centimes au-dessus du point d’équilibre (http://www.producteurs-lait.com/lait-les-producteurs-fixent-leur-prix.html) et il sera revendu 0.625 centimes soit 20% plus cher. Le producteur y est gagnant et le consommateur aussi car le prix est moins élevé que chez les discounters.

La SCIC a sélectionné ce producteur ou plutôt quelques producteurs – s’il y en a encore plusieurs dans la commune – en fonction non pas de leur prix mais du coût écologique de leur production. L’utilisation des énergies fossiles est ainsi pénalisante pour un producteur s’il souhaite avoir une plus grande part de marché tandis que l’élevage en plein air est au contraire favorisé puisque cela nécessite moins de ressources.

Les 20% de marge servent essentiellement à payer les salariés de la SCIC, le coût du transport et aussi à participer à ses projets, à savoir le développement local.

Et il n’y a pas besoin d’emballages car les bouteilles de lait sont en verre et sont consignées. Un code barre est gravé sur la bouteille et assure la traçabilité. Marc ramène ainsi les bouteilles vides et repart avec des bouteilles de lait pleines. Il achemine ensuite le lait jusqu’au local de la SCIC. Et puis Marc repart vers d’autres producteurs comme pour les fruits et légumes de saison.

Pendant ce temps, un autre employé de la SCIC s’occupe de regrouper les produits en fonction de leur village de destination et de leur acheteur final.

Et il ne reste plus qu’à livrer ! Et c’est là que cela se complique ?

La mutualisation du transport scolaire et de la distribution pour les circuits-courts

Non, car le Conseil Municipal des enfants a trouvé une solution. Les enfants ont décidé de nous aider pendant deux ans. Ces enfants ne sont pas exploités pour fabriquer des habits ou des téléphones portables en travaillant 10 heures par jour, même s’ils ont dans leur dos, une ardoise, non pas pour dessiner ou écrire, non, une ardoise de 2000 milliards d’euros que nous leur laissons (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France#mediaviewer/File:Dette_publique_France_1979-2014T2.png). Alors ils ont décidé de nous aider pas tant pour notre économie locale que pour éviter la catastrophe écologique annoncée.

Alors pendant deux ans, Marc partira du local de la SCIC pour aller au collège car ces 600 familles ont un point commun qui est qu’elles ont toutes un enfant au collège. Une fois au collège, les packages sont distribués aux différents cars qui desservent les villages. La SCIC a offert une tablette a chaque enfant, alors heureusement, il n’y a plus de manuel dans leur sac à dos et ces manuels restent au collège dans les casiers tandis que leurs versions électroniques sont dans la tablette. Chaque enfant peut même jouer dans le car avec ses copains car l’accès aux jeux se déverrouille dès qu’il entre dans le car.

A la sortie du car, chaque enfant repart avec des provisions d’un poids de moins de 1,2 kilogs soit moins que les 4 manuels scolaires qu’il emportait auparavant. Une fois rentré chez lui, il peut faire ses devoirs et peut même être aidé à distance grâce à sa tablette. Le transport scolaire est gratuit et subventionné aussi par la SCIC.

Un quotidien transformé

L’année prochaine, le car scolaire ira aussi dans les lotissements qui fonctionnent sur le principe d’habitat groupé qui a été rendu particulièrement incitatif par la loi Hollande de 2015 qui sera bientôt votée par l’Assemblée Nationale. Une fois sur place, l’employé de l’habitat groupé s’occupe d’acheminer les provisions jusqu’aux maisons dont il a les clefs. Dans ses habitats groupés, il y a aussi une salle commune pour se retrouver, organiser des soirées. Il y a la laverie et un atelier où l’on partage le matériel de bricolage. Le chauffage est collectif au moyen d’un chaudière à bois particulièrement performante. Des logements sont réservés aux personnes dépendantes: des personnes âgées ou handicapées. Il n’y a pas beaucoup de parkings et garages car un bon nombre des voitures sont partagées par les habitants. Du coup, avec la place gagnée, une piscine naturelle a pu être construite …

Les outils partagés par les habitants ont un coût élevé mais sont particulièrement robustes et ont une garantie de 10 ans. Ils sont fabriqués en Europe et y compris la machine à laver qui est produite par une PME française. Cette dernière n’a pas besoin d’en vendre des milliers pour rentabiliser ses investissements comme ce serait le cas pour une grande entreprise. Dans les pays où la main d’oeuvre est meilleur marché, les produits sont fabriqués à bas coût. Mais ils n’ont qu’une garantie réduite, sont conçus pour du bricolage occasionnel et ont une duré de vie artificiellement limitée. Ils ne rivalisent pas dans ce secteur haut de gamme des machines utilisées intensivement et avec efficacité.

Le cercle vertueux

De plus en plus d’agriculteurs s’installent dans la région et dans des exploitations plutôt petites qui de part leur rôle sur l’environnement ont un coût écologique ‘négatif’. Et avec de moins en moins de pesticides car ils y sont encouragés. Et les productions bios sont légions. Et plus d’emballages non plus pour les produits courants car les habitants utilisent des boîtes réutilisables avec un code barre comme pour les bouteilles de lait. Ce qui fait que les taxes sur les ordures ménagères ont été divisées par deux, soit 80 euros d’impôts locaux en moins par foyer sur une année.

Les maisons de retraite, les restaurants scolaires des écoles et aussi le collège sont livrés en produits locaux, avec un plus fort pourcentage de produits bios. Une étude à paraître a d’ailleurs montré que les enfants déjeunant dans une cantine avec un repas préparé sur place par un cuisinier mangeaient beaucoup mieux que les enfants à qui étaient distribués des repas industriels finissant à la poubelle. Et ces enfants nourris ont une meilleure attention et réussite scolaire. La loi est donc incitative en ce sens.

Enfin, les enfants du Conseil municipal ont imposé au législateur que la fabrication de leurs tablettes ne fasse pas appel au travail des enfants ailleurs dans le monde mais participe aux projets d’écoles promulgués par les ONG dans les pays en voie de développement.

Lorsque les chauffeurs de car arrivent dans les petits villages, désormais, il y a toujours une personne pour récupérer les courses pour les personnes âgées. Les services à la personne se sont développés et ces auxiliaires de vie peuvent alors apporter aux personnes leurs courses et rompre un peu leur isolement même si elles ne sont pas forcément dépendantes.

Des campagnes qui auraient le vent en poupe

Petit à petit de nouveaux habitants et de l’emploi reviennent dans les villages. Des services publics sont rétablis et des écoles rouvrent. Deux ans ont passé, et les enfants n’ont plus à ramener les courses. C’est toujours le bus scolaire qui apporte les provisions mais elles vont directement aux commerces qui ont rouvert.

Le système informatique utilisé possède une base de données Big Data se répliquant tout ou partie sur différents sites, et y compris sur les portables des clients où l’accès aux données fonctionne même en campagne quand le portable n’est pas enregistré sur le réseau. Des entreprises peuvent ainsi savoir si leur client sont des usagers de la SCIC et en tirer parti. Fedex a ainsi investi dans la SCIC et a déjà signé un contrat pour que Marc passe à leur dépôt récupérer les paquets venant du monde entier. Du coup, La Poste a réagi et est en passe de faire de même pour le courrier et ses colissimo.

Mondialisation et relocalisation s’équilibrent ainsi dans nos campagnes, et nos jeunes citoyens ont tellement à coeur de participer à ces enjeux de société et écologique qu’un certain optimisme est en train de revenir.

En tout et pour tout, il n’y aura eu qu’une seule manifestation, celle des agriculteurs venus au collège pour remercier les enfants d’avoir permis d’amorcer ce virage dans l’Economie.

Alors merci pour cette loi Hollande, notre président qui a été réélu en 2017, pour sa loi de la relocalisation, de la croissance verte et de la décroissance des biens matériels.

Ainsi, du cercle vicieux qui nous fait corriger les symptômes plutôt que de fournir des solutions nouvelles, nous sommes passés à un cercle vertueux. Il y a bien un inconvénient à ce cercle vertueux, c’est que l’on connaît pas toujours à l’avance les bonnes surprises qui vont nous arriver.

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Un article parle de ce sujet de la synthèse: https://une-vraie-politique-pour-notre-pays.net/2014/11/16/la-synthese-ou-la-clef-de-la-resolution-des-problemes-de-notre-pays/.

Post-scriptum

Le 27 novembre 2014, le Président de la République a fait démonstration de toute la détermination nécessaire au plus niveau de l’Etat pour s’engager sur la voie de la transition énergétique et écologique:
http://www.dailymotion.com/video/x2b73j7_confenvi-discours-lors-de-la-troisieme-conference-environnementale_news

Reste à favoriser les initiatives prises partout en France et à trouver le moyen de réformer en s’affranchissant des contraintes contradictoires qui jusqu’à présent nous soumettent au sempiternel modèle de développement économique par la croissance matérielle… François Hollande a expliqué que lors des précédentes conférences internationales sur le climat, tous les responsables de gouvernement se réunissaient pendant 15 jours en pensant pouvoir trouver à eux seuls la « synthèse », et qu’à chaque fois, ils y avaient échoué. Devant l’évidence désormais reconnue des enjeux y compris par les deux principaux pollueurs que sont les Etats-Unis et la Chine, et en s’y prenant à l’avance, il a ainsi l’espoir que la prochaine conférence à Paris puisse réussir. D’ici là, l’exemple des mesures prises par la France jouerait dans ce sens, et pourrait être à l’image de ce qu’a fait la France il y a 70 ans pour les droits de l’Homme. Reste que pour retrouver le cercle vertueux du mouvement de la synthèse, cela prend du temps. Il faut fournir de nouvelles solutions un peu comme lorsque l’on dénoue une pelote de laine emmêlée et qu’il faut éviter de tirer de partout afin de ne pas aggraver les difficultés. Et c’est malheureusement plutôt ce qu’a fait ce gouvernement jusqu’à présent. Les effets des mesures prenant le chemin d’une telle synthèse ne prendront véritablement de sens qu’à moyen terme lorsqu’ils se conjugueront en une spectaculaire simplification.

La première mesure à prendre par nos politiques qui soit à leur portée

Pour donner un signe fort d’inflexion des pouvoirs, il est donc naturel de commencer à intervenir au plus niveau, à savoir au sommet de l’Etat. Cet Etat est-il comme une entreprise privée pour ainsi justifier que les politiques doivent gagner autant d’argent, ou devrait-il plutôt être vu comme une association à but non lucratif dont le but est l’intérêt général ? En réduisant notablement les salaires des politiques ainsi que leurs avantages, un premier signe fort serait donné aux français.

La plupart d’entre nous n’ont pas besoin d’être riches pour être heureux : la famille, les loisirs, les lieux de vacances à la mer, à la campagne ou la montagne suffisent au plus grand nombre. Pourquoi en serait-il autrement des politiques qui voudraient en imposer de la sorte ? Sur le même principe que les présidents d’association, les responsables politiques devraient être moins payés que leurs collaborateurs si tant est que cela soit encore nécessaire pour décrocher des talents.

En effet, plus l’appât du gain est important, moins l’on a de chances de trouver des personnes intègres. Il est probable que les jeunes générations ont plus envie de donner du sens, d’être utiles et cela loin de la vision cauchemardesque de ces politiques bling-bling, affairistes, malhonnêtes, aux egos surdimensionnés, manipulateurs, menteurs, arrogants, méprisants, grossiers, corrompus, immatures, etc, et qui n’ont rien à dire en dehors de petites phrases, de la critique des autres, et de se justifier face aux affaires en Justice qui les impactent.

Et donc oui, il faut baisser drastiquement le salaire des politiques. Est-ce là un objectif inaccessible alors que les français doivent se serrer la ceinture et que le gouvernement pousse à la réforme des professions réglementées qui risque d’impacter des milliers de personnes et y compris des services de proximité qui risquent de disparaître ? Dans le cas de ces professions, des questions se posent, mais certainement pas en ce qui concerne les salaires des politiques.